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© Camer.be : Paul Moutila
- 26 Jul 2026 12:50:00
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États-Unis - « La CPI menacée de mort »
Washington qualifie la CPI de « corrompue » et « partiale », salue le retrait du Venezuela et promet de poursuivre Nicolás Maduro devant les tribunaux américains. Une déclaration de guerre à l'ordre juridique mondial.
L'ULTIMATUM DE WASHINGTON
Le 13 juillet 2026, le secrétaire d'État Marco Rubio a signé l'acte de décès politique de la Cour pénale internationale. Pas dans l'ombre d'un bureau diplomatique. Dans les colonnes du Wall Street Journal.
Son message est aussi clair que brutal : « Nous allons démanteler la CPI brique par brique, si nécessaire ».
L'administration Trump ne se contente plus de sanctions ciblées. Elle lance une campagne « whole-of-government » une offensive totale impliquant tous les rouages de l'État américain. Objectif : paralyser systématiquement la capacité d'action de la Cour, l'empêcher de poursuivre des militaires ou responsables américains, et la réduire à l'impuissance.
« L'Amérique n'a jamais accepté un tribunal mondial qui pourrait passer outre nos propres tribunaux et la Constitution », écrit Rubio. « L'indépendance est notre droit de naissance. Nous n'avons pas l'intention de l'échanger contre la domination d'une prêtrise autoproclamée du "droit international" ».
« CORROMPUE, SANS VALEUR, DÉNUÉE DE CRÉDIBILITÉ »
Dans un communiqué officiel publié sur le site du Département d'État, Washington ne mâche pas ses mots.
La CPI est qualifiée de « corrompue et sans valeur ». L'institution serait « partiale politiquement », pratiquerait un « ciblage sélectif » et souffrirait d'un « dépassement de pouvoir flagrant ». Conclusion de la Maison-Blanche : la Cour n'est « ni crédible, ni indépendante, ni légitime ».
Le procureur Karim Khan, récemment suspendu par ses pairs lors d'un vote secret à l'ONU, est qualifié de « rouage mineur d'une institution irrémédiablement corrompue ».
Mais derrière l'invective, une frustration stratégique affleure. La CPI enquête sur les crimes présumés de l'armée américaine en Afghanistan depuis 2020. Elle a émis des mandats d'arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Elle ose défier les alliés de Washington. Et cela, les néoconservateurs de la nouvelle administration ne peuvent le tolérer.
LE CAS VENEZUELA : UN PRÉCÉDENT STRATÉGIQUE
Le 24 juillet 2026, le Venezuela a notifié officiellement aux Nations unies son retrait « ferme et irrévocable » du Statut de Rome. Une décision saluée par Washington comme une « victoire ».
« Les États-Unis accueillent favorablement la décision de la présidente par intérim Delcy Rodríguez et du Venezuela de se retirer de la CPI, et le partenariat du nouveau gouvernement vénézuélien avec les efforts menés par les Américains pour démanteler la CPI », déclare le Département d'État.
Le timing est tout sauf anodin. L'ancien président Nicolás Maduro, capturé par les forces américaines le 3 janvier 2026, est détenu sur le sol américain en attendant un procès prévu pour juin 2027. La CPI enquêtait sur lui depuis 2018 sans résultat, selon Washington.
Pour les États-Unis, la démonstration est simple : la justice internationale est incapable d'agir. La justice américaine, elle, a capturé le dictateur.
UNE OFFENSIVE DIPLOMATIQUE MONDIALE
L'administration Trump ne s'arrête pas aux mots. Elle active tous les leviers de pression diplomatique.
Les ambassadeurs américains sont mobilisés pour appeler personnellement les États parties au Statut de Rome. L'objectif : les convaincre de quitter la Cour et de couper tout financement. Les pays qui refusent de « rejeter l'autorité fallacieuse de la CPI » tout en bénéficiant de l'aide américaine seront soumis à un examen accru.
Menaces de sanctions renforcées, d'annulation de visas, d'interdictions de voyage pour le personnel de la CPI. Les Nations unies, par la voix de leur porte-parole Stéphane Dujarric, ont réagi en défendant un « rouage essentiel du système judiciaire international ». L'Union européenne a jugé ces menaces « inacceptables ». Amnesty International dénonce une « campagne répréhensible pour un monde sans règles ni justice ».
CE QUE LA CPI REPRÉSENTE VRAIMENT
Fondée par le Statut de Rome de 1998, la CPI est la première cour pénale internationale permanente habilitée à juger des individus pour génocide, crimes de guerre, crimes contre l'humanité et crime d'agression.
125 États en sont membres. Pas les États-Unis. Pas Israël.
La Cour peut enquêter sur des crimes commis sur le territoire d'un État partie, quelle que soit la nationalité de l'auteur présumé. C'est précisément ce principe que Washington conteste : l'idée qu'un tribunal international puisse juger des citoyens d'un pays qui n'a jamais ratifié le traité.
LES CONSÉQUENCES D'UN MONDE SANS CPI
Que se passerait-il si Washington parvenait à ses fins ?
- Plus aucun frein international aux crimes de masse commis par des États ou leurs alliés.
- Un précédent dangereux : toute grande puissance pourrait à l'avenir faire pression pour démanteler une institution qui la dérange.
- L'impunité renforcée pour les responsables politiques et militaires.
- Une fragmentation du droit international, chaque grande puissance imposant sa propre conception de la justice.
Comme le souligne la FIDH, l'intensification des menaces américaines « montre pourquoi il faut défendre la justice ».
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