Dimanche soir à Bonapriso, un serpent a semé la panique dans un restaurant chic. Bousculade, objets abandonnés, blessés légers : le récit.

L'ambiance était feutrée, le eru généreux, et la télévision retransmettait le match de Ligue des Champions africaine. Puis un mouvement ondulant a attiré l'attention. En quelques secondes, le dîner d'anniversaire s'est transformé en scène de chaos.

Une soirée sans histoire

Il est environ 20 heures ce dimanche. Dans ce restaurant réputé de Bonapriso, le quartier chic de Douala, une association célèbre le 40e anniversaire de l'un de ses membres. Ils sont une trentaine autour de la table. La commande spéciale est arrivée : du eru, plat traditionnel s'il en est. Sur l'écran, Colombe du Dja-et-Lobo affronte Teungueth FC (Sénégal) en Ligue des Champions africaine. Le cliquetis des couverts et les commentaires du match meublent la salle.

Puis, vers la fin du premier repas, un client lève les yeux. Quelque chose bouge près du mur, à l'arrière. Une forme longue, souple, qui ondule.

La panique et la fuite

Les plus vigilants attirent l'attention de leurs voisins. L'objet animé attire plus de regards que l'écran de télévision. Le doute n'est plus permis quand une femme lâche, affolée : « C'est vraiment le serpent ! »

Le constat sonne comme une alerte générale. Tout le monde se lève en même temps. La ruée vers la sortie est immédiate. Dans la cohue, des chaises se renversent, des verres de vin se brisent, des clients se blessent légèrement. Une fois dehors, l'élite de Douala s'arrête, haletante, pour constater les dégâts. Des sacs et des téléphones ont été abandonnés sur les tables. « Que vaut le smartphone face à la menace d'un venin hémotoxique ? », ironise un témoin, encore secoué.

L'intervention des forces de l'ordre

L'attroupement inhabituel est remarqué par une patrouille de police en plein constat d'accident de la voie publique, non loin de là. Un officier s'approche pour s'enquérir de la situation. Les clients expliquent le drame. D'après certains, le serpent avait une tête triangulaire. Une vipère, donc ? On ne le saura jamais.

Accompagné de deux agents, l'officier entre dans le restaurant pour une inspection. Le constat est là : des plats abandonnés, des chaises renversées, des bouteilles de vin cassées. Mais pas de trace du reptile. Il a disparu.

Au-delà de l'anecdote

Cette histoire fait sourire. Elle aurait pu virer au drame. Le quartier de Bonapriso, avec ses restaurants huppés, ses immeubles résidentiels et ses jardins arborés, n'est pas le premier endroit où l'on s'attend à croiser une vipère. Pourtant, la ville de Douala, construite sur un estuaire et entourée de zones humides, abrite une faune qui n'est pas toujours visible.

Pour les clients, la soirée est gâchée. Pour la propriétaire du restaurant, restée dehors, c'est une perte sèche. Elle a appelé son époux pour l'informer de la situation. Jusqu'au départ de la police, elle attendait toujours.

Nous avons tenté de joindre le restaurant ce lundi pour obtenir des précisions sur l'incident et sur l'éventuelle présence du serpent. Sans succès.


Où s'est produit l'incident du serpent ?
Dans un restaurant chic du quartier Bonapriso, à Douala (Cameroun).

Quand a-t-il eu lieu ?
Dimanche dernier, en début de soirée, pendant un dîner et la retransmission d'un match de Ligue des Champions africaine.

Y a-t-il eu des blessés ?
Oui, quelques personnes ont été légèrement blessées dans la bousculade vers la sortie. Aucun blessé grave n'a été signalé.

Le serpent a-t-il été retrouvé ?
Non. Malgré l'inspection de la police, le reptile n'a pas été retrouvé. On ignore s'il s'agissait d'une vipère.