AFFAIRE DU MINISTRE ET DES QUATRE JOURNALISTES:L’APAISEMENT,L’HUMILITE ET LE PARDON S’IMPOSENT
CAMEROUN :: SOCIETE

Cameroun - AFFAIRE DU MINISTRE ET DES QUATRE JOURNALISTES:L’APAISEMENT,L’HUMILITE ET LE PARDON S’IMPOSENT

Quand dans une société, le moindre soupçon, la plus banale des dénonciations, la moindre faute réelle, établie, supposée ou tout simplement rêvée, peut conduire automatiquement à la privation de liberté et à des indexations meurtrières, il faut convenir que les repères essentiels, les valeurs cardinales consacrées sont en berne et le danger rode partout, rompant les équilibres sociaux, détruisant les stabilités morales et hypothéquant le destin collectif. C’est la banalisation, finalement, de toutes les institutions ainsi que des autorités qui les incarnent à tous les niveaux. Il n’y a plus ni droits ni libertés réelles, il n’y a plus ni grandeur ni honorabilité, il n’y a plus ni puritanisme ni traditionalisme, il n’y a que l’anarchie, la force, le droit de la force et la liberté de nuire. En effet, il n’y a plus que des abus. Tout cela est très grave. Et pourtant, les sociétés humaines sont, en dépit de tout, condamnées à l’apaisement, à l’humilité et au pardon pour survivre. C’est aussi cela le Cameroun qui se présente à nous, et que renvoie dans notre conscience, l’affaire du ministre et des quatre journalistes.

Qui a finalement, raisonnablement et fondamentalement intérêt à nous précipiter dans des haines, des incompréhensions et des guéguerres nuisibles pour la tranquillité de notre société, la sérénité des rapports humains de toute nature et le destin immédiat de la cité ? La véritable crise qui nous interpelle au Cameroun plus qu’autre chose, c’est celle de la vision d’ensemble et honnêtement partagée, d’une société apaisée, d’un monde où la tolérance, le pardon, le sens de l’intérêt de tous et du destin collectif sont prioritaires dans toutes les démarches, décisions et projections.

Voici qu’en une petite occasion de rencontres publiques, un véritable drame s’est noué entre un des ministres les plus emblématiques du gouvernement pour son calme, sa discrétion et sa sérénité, avec quatre professionnels des médias. Nous en serions restés à des conjectures fraternelles et des regrets bien maîtrisées, si l’affaire ne s’était pas déportée dans l’arène médiatique internationale pour accabler notre pays, notre style de gouvernance, notre crédibilité et notre image. C’est triste dans tous les sens du terme, mais c’est encore plus triste à cause des constructions haineuses et radicalisant qu’ont vite fabriqué sur l’événement, des sirènes nourries de mille menaces et chantages.

Se cacher ne sert à rien, et nier l’évidence n’avance pas une société, surtout quand les passe-droits et les abus des moindres détenteurs de pouvoirs, s’arrogent tous les droits. J’ai déjà entendu des gens des grands réseaux supposés ou réels, menacer en ces termes : « ici c’est moi qui commande. Allez même appeler Paul Biya, et rien ne me fera. Je vais vous montrer ». Le vrai drame se noue à ce niveau et dans cet exercice, quand chacun peut prendre sur lui de détruire la vie d’un citoyen, de casser les droits et les libertés et de se pavaner au nom ou sur la base d’un décret lui attribuant un strapontin du pouvoir. C’est regrettable, mais c’est encore voire autant regrettable sinon plus, quand les positions se figent et la destruction, les haines, les revanches et les promesses négatives prennent le relai pour fermer les portes du dialogue, de la tolérance, de la réconciliation et de la fraternité. Quand on a demandé pardon, le débat se referme. L’inverse appartient aux intrigues.

Si je regrette vivement l’acte du ministre et des courtisans qui ont extrapolé, exploité et radicalisé l’absence des lunettes, je ne tolère pas non plus ceux qui veulent régler des comptes bizarres avec le gouvernement de la république ou avec le ministre personnellement. A la demande des syndicats et à leur colère, a répondu la démarche du MINCOM et cela nous honore.

Je veux ici saluer et louer l’humilité et les excuses du ministre, chez qui d’ailleurs on ne trouve pas des antécédents d’arrogance, de condescendance et de volonté d’humilier ses compatriotes. Des jours en cellule, dans nos espèces de foyers infectes et cruels où l’on contracte toutes sortes de maladies, interrogent et interpellent. Mais les voix qui s’élèvent en pardon et en humilité, comptent et interpellent tout autant. Sachons garder la flamme du dialogue quoi qu’il advienne et quoi que nous fassions en mal ou en bien. C’est le destin du Cameroun qui est en jeu et dans les enjeux à chaque instant et dans chaque cas. Nous devons en avoir pleinement et constamment conscience./.

Yaoundé, le 25 septembre 2026

Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp 

Lire aussi dans la rubrique SOCIETE

Les + récents

partenaire

canal de vie

Vidéo de la semaine

évènement

Vidéo


L'actualité en vidéo