Diamond Capital Convention:le marché financier camerounais face au défi du financement de l’économie
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Diamond Capital Convention:le marché financier camerounais face au défi du financement de l’économie

À Douala, la première édition de la Diamond Capital Convention entend rapprocher investisseurs, entreprises et institutions autour d’un même enjeu : mieux orienter les ressources financières disponibles vers le financement de l’économie réelle.

Trois jours de réflexions pour tenter de réduire un déséquilibre qui persiste dans le paysage financier camerounais : d’un côté, des ressources financières disponibles ; de l’autre, des entreprises à la recherche de capitaux pour financer leur croissance. C’est autour de cette problématique que s’est ouverte, mardi 23 septembre 2026 à Douala, la première édition de la Diamond Capital Convention, organisée par la société de bourse Almasi Capital & Advisory.

La cérémonie d’ouverture a été présidée par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, représentant le Premier ministre. Plusieurs acteurs majeurs du marché financier sous-régional ont également pris part à cette rencontre, parmi lesquels Jacqueline Adiaba-Nkembe, présidente de la Commission de surveillance du marché financier (Cosumaf), et Louis Banga Tollo, directeur général de la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (Bvmac).

Faire du capital un moteur de croissance

À travers cette convention, les organisateurs ambitionnent de créer un espace permanent de dialogue entre détenteurs de capitaux et porteurs de projets. L’objectif affiché est également de faire de cette rencontre une plateforme de référence pour l’investissement et le développement des marchés de capitaux en Afrique centrale.

Dans son intervention, Louis Paul Motaze a mis l’accent sur la nécessité de renforcer les mécanismes permettant de rapprocher les ressources disponibles des besoins de financement des économies de la sous-région. Pour le ministre, l’enjeu est notamment de construire un environnement fondé sur la confiance, capable de favoriser la rencontre entre le capital, les projets et les ambitions de développement.

Une problématique qui demeure centrale alors que le marché financier régional, près de quinze ans après la création de la Bvmac, cherche encore à accroître son rôle dans le financement des économies de la Cemac.

Les échanges de la première journée ont ainsi porté sur les ressources disponibles, notamment l’épargne des ménages et les fonds détenus par les caisses de prévoyance sociale, mais aussi sur les mécanismes permettant de mieux orienter cette épargne vers les entreprises et les projets structurants.

L’éducation financière au cœur du débat

Pour Ingrid Obouh Fegue, directrice générale d’Almasi Capital & Advisory et initiatrice de la Diamond Capital Convention, le défi ne se limite pas à la création de nouveaux produits financiers. Il s’agit également de construire un véritable écosystème réunissant investisseurs, entreprises et pouvoirs publics.

La dirigeante plaide ainsi pour une meilleure connaissance des marchés financiers et pour un accompagnement accru des entreprises susceptibles d'y accéder.

Même constat du côté de Marthe Epanya Oho, qui relève la forte concentration des ressources dans les produits d’épargne traditionnels et les dépôts à terme. Selon elle, une partie de ces ressources pourrait davantage contribuer au financement des entreprises et de l’investissement productif.

À cette question du financement s’ajoute celle de la culture financière. Keving Mbateng, directeur général de KTL Groups, a notamment insisté sur la nécessité de renforcer l’éducation financière du grand public, condition importante pour élargir la base des investisseurs et favoriser une participation plus importante au marché boursier.

De l’épargne au financement de l’économie réelle

Au-delà des échanges entre professionnels, la Diamond Capital Convention entend donc poser la question de l’utilisation des ressources financières disponibles pour accompagner les grandes priorités de développement.

Louis Paul Motaze a notamment évoqué la nécessité de poursuivre les réformes susceptibles de favoriser une meilleure mobilisation des capitaux en faveur des infrastructures, de l’industrialisation, de l’énergie, des transports ou encore de l’agroalimentaire.

Pour cette première édition, le message porté par les différents intervenants converge ainsi vers un même enjeu : faire davantage du marché financier un instrument de transformation de l’épargne en investissement et du capital en croissance économique.

Reste désormais à traduire les réflexions et recommandations issues de ces trois jours en mécanismes concrets, capables de rapprocher durablement les entreprises à la recherche de financement des investisseurs à la recherche d’opportunités.

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