-
© Camer.be : Toto Jacques
- 25 Aug 2026 02:04:35
- |
- 491
- |
Cameroun - « Grande grimace » : Bessala étrille la gestion de Paul Biya
Valère Bertrand Bessala dénonce la gestion de Paul Biya, qualifiant le Cameroun de « grande grimace ». Retour sur une déclaration-choc qui interroge la gouvernance du pays.
Le leader du parti Jouvence-JCP a livré une analyse cinglante de la situation camerounaise, dénonçant l'absence prolongée du président Paul Biya et une gouvernance qui, selon lui, a transformé le Cameroun en une « grande grimace ».
« Nous sommes devenus une grande grimace. » La déclaration est tombée comme un couperet. Valère Bertrand Bessala, figure de l'opposition camerounaise et leader du parti Jouvence-JCP, n'a pas mâché ses mots en livrant son analyse de la situation du pays sous la gestion du président Paul Biya.
Le constat est sans appel : pour Bessala, le Cameroun est devenu le symbole d'une gouvernance qui suscite de nombreuses interrogations. Il pointe notamment du doigt le long séjour du chef de l'État hors du Cameroun, s'interrogeant sur les conséquences de cette absence sur le fonctionnement du pays.
Alors que Paul Biya, 93 ans, est rentré le 20 août 2026 après 74 jours d'absence , Bessala a profité de cette actualité pour dénoncer des décennies de gestion qu'il juge désastreuses. Retour sur une déclaration qui a déjà commencé à faire réagir la classe politique et la société civile.
« Grande grimace » : le sens d'une métaphore choc
Pour Valère Bertrand Bessala, le Cameroun de Paul Biya n'est plus qu'une « grande grimace ». L'expression, empruntée à l'imagerie populaire, renvoie à une situation où tout semble figé dans une expression douloureuse, une nation qui aurait perdu sa véritable identité pour n'offrir qu'un masque déformé de ce qu'elle aurait dû être.
« Nous sommes devenus une grande grimace », aurait-il déclaré, selon nos sources, évoquant une gouvernance qui suscite de nombreuses interrogations. Cette métaphore puissante résume, pour lui, des décennies de gestion marquées par l'immobilisme, l'absence de vision et le détachement d'un pouvoir qui semble éloigné des réalités du peuple.
L'expression n'est pas anodine. Elle intervient dans un contexte où le président Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, vient d'effectuer son plus long séjour à l'étranger : 74 jours d'absence, un record qui a alimenté toutes les spéculations .
L'absence prolongée de Paul Biya : un symbole pour Bessala
Parti de Yaoundé le 7 juin 2026 pour un « court séjour privé en Europe », Paul Biya n'est rentré que le 20 août 2026, après plus de dix semaines d'absence . Pour Bessala, cette absence n'est pas anodine. Elle serait le reflet d'un chef d'État déconnecté des réalités de son pays.
Le leader de Jouvence-JCP s'interroge : quelles sont les conséquences de cette absence sur le fonctionnement du Cameroun ? Pendant que le président séjournait en Europe, le pays continuait de faire face à des défis majeurs : insécurité dans les régions anglophones et à l'Extrême-Nord, crise économique, tensions sociales.
« Il sait qu'il n'avait aucun compte à rendre au peuple », avait déjà déclaré Bessala dans une précédente intervention . Une critique récurrente chez l'opposant, qui dénonce un pouvoir se considérant au-dessus des contingences populaires.
Bessala, un opposant de longue date
Valère Bertrand Bessala n'est pas un inconnu sur la scène politique camerounaise. Titulaire d'un Master en droit, il a enrichi son parcours par une formation rigoureuse à l'ENAM, ainsi qu'à l'IRIC et à l'ESSTIC . Ancien administrateur civil, il a occupé des postes de responsabilité au sein de l'administration territoriale avant de démissionner, un acte qu'il a présenté comme un désaccord profond avec certaines pratiques .
Candidat déclaré à l'élection présidentielle d'octobre 2025, il a finalement renoncé à sa candidature en juillet 2025 . À la tête du parti politique Jouvence-JCP, il continue de peser sur le débat politique camerounais, s'imposant comme l'une des voix critiques les plus tranchées du régime.
Une critique de la réforme constitutionnelle
Au-delà de l'absence du président, Bessala s'est également illustré dans sa critique de la réforme constitutionnelle créant le poste de vice-président. Adoptée par le Parlement camerounais le 2 avril 2026 avec 200 voix pour, 18 contre et 4 abstentions , cette réforme a été vivement critiquée par l'opposition.
Pour Bessala, cette réforme est une « trahison de la volonté populaire » . Il dénonce le fait que, contrairement à la période antérieure à 1972 où le vice-président était élu en même temps que le président, la proposition actuelle prévoit une nomination par le chef de l'État .
« Pour Bessala, cela marque une rupture significative avec les pratiques passées et concentre le pouvoir au sein de l'exécutif, excluant les citoyens du processus de décision », résume une analyse de Lebledparle .
L'opposant n'a pas hésité à établir une comparaison entre Paul Biya et l'ancien président Ahmadou Ahidjo, saluant ce dernier pour avoir structuré l'État et anticipé sa succession. Il estime que la trajectoire actuelle s'éloigne de cet héritage .
Une déclaration qui divise
Sur les réseaux sociaux, la déclaration de Bessala a déjà suscité de vives réactions. Certains y voient une analyse pertinente de la situation du pays, d'autres une critique partisane sans propositions alternatives. En témoigne un extrait vidéo de son message, largement partagé, qui a cumulé plus de 200 000 vues et des milliers de réactions .
Pour ses partisans, Bessala incarne une opposition courageuse qui ose dire ce que beaucoup pensent tout bas. Pour ses détracteurs, ses critiques, bien que cinglantes, manquent de propositions concrètes pour sortir le pays de l'ornière.
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi dans la rubrique POLITIQUE
Les + récents
« Grande grimace » : Bessala étrille la gestion de Paul Biya
Cameroun-FMI : des négociations qui s'enlisent et un budget en danger
Biyem-Assi, Tsinga, Victor Hugo : la ville sous les déchets
Ahmadou Ahidjo aurait eu 102 ans ce 24 août : Dépouille toujours en exil
Décès d'Ananie Rabier Bindzi : le Cameroun perd un témoin de son histoire
N/A :: les + lus
Le président Paul Biya au plus mal
- 09 February 2018
- /
- 115380
Cameroun, Présidentielle 2018:Cet homme veut chasser Paul Biya
- 14 April 2016
- /
- 106634
Cameroun:Paul Biya brise les réseaux de Séraphin Fouda et Motaze
- 16 November 2015
- /
- 84434
LE DéBAT
Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
- 17 December 2017
- /
- 249577
canal de vie
Vidéo de la semaine
évènement
