-
© Camer.be : Onana Nestor
- 06 Sep 2026 14:07:14
- |
- 529
- |
Cameroun - Tribunal Criminel Spécial : le casse qui n'en est pas un
Cambriolage au Tribunal Criminel Spécial de Yaoundé : un ordinateur volé, des rumeurs de milliards et de documents disparus. Une source interne livre sa version des faits.
Dans la nuit du samedi 29 au dimanche 30 août 2026, le greffe du Tribunal Criminel Spécial de Yaoundé a été visité par des malfaiteurs mais contrairement aux rumeurs qui enflent sur les réseaux sociaux, aucun document sensible ni argent n'aurait été emporté, seul un ordinateur ayant disparu.
Un tribunal ultra-sécurisé. Des gardes du GSO et du GPIGN en faction. Et pourtant, dans la nuit du 29 au 30 août 2026, des intrus se sont introduits dans le greffe du Tribunal Criminel Spécial de Yaoundé. Bilan officieux ? Un ordinateur portable et quelques effets personnels. Bilan des rumeurs ? Des milliards de francs CFA, des scellés judiciaires et des dossiers sensibles emportés.
Deux versions s'affrontent. Celle des réseaux sociaux, qui évoque un casse spectaculaire. Et celle d'une source interne, qui dément catégoriquement et interroge : comment un lieu aussi protégé a-t-il pu être attaqué ?
Le sanctuaire de la justice camerounaise violé
Le Tribunal Criminel Spécial (TCS) de Yaoundé n'est pas un tribunal ordinaire. Créé par une loi organique du 14 décembre 2011, il est la juridiction camerounaise chargée de juger les détournements de deniers publics et les infractions connexes dès lors que le préjudice dépasse 50 millions de francs CFA.
C'est devant cette juridiction qu'ont défilé, depuis plus d'une décennie, d'anciens ministres, des directeurs d'entreprises publiques et des hauts fonctionnaires dans le cadre de l'opération Épervier, la campagne de lutte contre la corruption lancée par le président Paul Biya en 2006. Le TCS conserve donc, dans ses murs, une part importante de la mémoire judiciaire de cette campagne.
Pourtant, dans la nuit du samedi 29 au dimanche 30 août 2026, ce sanctuaire a été violé.
Une intrusion ciblée
Selon les informations recueillies par la source interne de l'utilisateur, les malfaiteurs se sont introduits à l'intérieur du greffe, dans les bureaux de la chef de la section criminelle 2. Ni le bureau du greffier en chef ni aucun autre bureau n'ont été touchés.
Les auteurs savaient visiblement où aller. Une question centrale se pose : comment connaissaient-ils leur localisation exacte ?
Le TCS est pourtant placé sous haute surveillance : des gardiens de prison aux deux entrées, et les unités d'élite du GSO (Groupe de Sécurité et d'Intervention) et du GPIGN (Groupement Polyvalent d'Intervention de la Gendarmerie Nationale) à l'intérieur. Comment des intrus ont-ils pu pénétrer dans ses locaux, atteindre des espaces sensibles et en ressortir avec des éléments ?
Rumeurs vs réalité : que disent les sources ?
La version des réseaux sociaux évoque un casse spectaculaire. Selon AllAfrica, « plusieurs milliards de francs CFA, des scellés et des dossiers sensibles ont disparu ». Le greffe aurait été « littéralement vidé ». Des scellés de grande valeur, des corps du délit issus de l'opération Épervier et des dossiers visant de hauts responsables auraient été emportés.
La version de la source interne est radicalement différente : « Aucun document emporté. Tous les dossiers sensibles de la République sont sains et saufs ». Les rumeurs de milliards de francs CFA importés dans le tribunal seraient « faux et archi-faux ». Seul l'ordinateur et quelques petits effets de la chef de section criminelle 2 ont été emportés et rien d'important n'était dans cet ordinateur.
L'énigme du bureau ciblé
La source interne précise un détail troublant : le responsable du bureau cambriolé « ne saisit pas les décisions de justice ». Les bandits cherchaient peut-être l'argent des cotisations privées que fait la concernée.
Cette information, si elle se confirme, écarte la thèse d'un vol de documents judiciaires et oriente vers une tout autre hypothèse : un cambriolage crapuleux visant des fonds personnels, dont l'auteur ignorait que le bureau ciblé ne détenait ni décisions de justice ni dossiers sensibles.
Le timing qui interroge
Le cambriolage survient à un moment particulièrement sensible pour la juridiction. Le TCS instruit actuellement un dossier explosif portant sur un présumé trafic d'or vers Dubaï. Le tribunal a également auditionné à plusieurs reprises Oswald Baboke, directeur adjoint du Cabinet civil de la présidence. Le dossier toucherait un réseau présumé de sociétés-écrans et d'investissements à l'étranger.
Cette coïncidence de calendrier un cambriolage ciblé au moment même où l'institution s'approche de sphères très proches du sommet de l'État nourrit les interrogations les plus vives.
Où était la sécurité ?
L'hypothèse d'une complicité interne est sur toutes les lèvres. Comment une telle intrusion a-t-elle pu se produire au sein d'une institution ultra-sécurisée ? Les lieux étaient placés sous la garde d'éléments du Service central des recherches judiciaires du Secrétariat d'État à la défense (SED). Pourtant, l'organe d'élite de la gendarmerie nationale oppose un mutisme déconcertant, affirmant n'avoir « rien vu, ni rien entendu ».
Il faudra reconstituer minute par minute la nuit du crime : qui était en poste ? À quelle heure les rondes ont-elles été effectuées ? Les caméras fonctionnaient-elles ?
Un coup monté ?
Certaines voix s'interrogent : le cambriolage du TCS serait-il un coup monté ? Le 31 août 2026, le président Paul Biya signe un décret. Dans la foulée, un cambriolage est signalé au TCS. Coïncidence ? L'enquête devra trancher.
L'affaire ne relève pas d'un simple vol. Elle interpelle sur la fragilité de l'institution judiciaire camerounaise. Elle soulève des questions troublantes : comment les auteurs ont-ils su où chercher ? Pourquoi ce bureau en particulier ?
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi dans la rubrique SOCIETE
Les + récents
N/A :: les + lus
26 élèves surpris en train de tourner un film osé à Bafoussam
- 30 April 2015
- /
- 1053343
Brenda biya sème la terreur en boîte de nuit à Yaoundé
- 15 July 2015
- /
- 589958
Menacée de mort par sa famille car elle est lesbienne
- 03 March 2016
- /
- 476720
Oyom-Abang : une femme marche nue à Yaoundé VII
- 09 July 2015
- /
- 389227
LE DéBAT
Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
- 17 December 2017
- /
- 252035
canal de vie
Vidéo de la semaine
évènement
