Manifestation d’indignation à  propos de l’incident survenu au contrôle mixte de Batchenga ce samedi 17 octobre 2026 et mettant aux prises le Maire de Ntui et un gendarme

Un outrage inacceptable aux forces de défense et de sécurité, une démonstration d’irresponsabilité  et un manque grave au devoir républicain et politique d’une personnalité du rang  de maire,  doublé d’un appel extravaguant à la subversion et à l’incitation au désordre

La tentation d’une institutionnalisation de l’anarchie est dorénavant endémique, conduisant nos compatriotes y compris hélas certains supposés commis de l’Etat et élus de divers rangs, à baliser expressément le chemin pour lé désordre ai si que des crimes tantôt directs et tantôt par procuration. C’est sans doute le danger qui nous guette le plus, parce qu’au fond, c’est le sens premier et la signification sublime d’une société organisée et hiérarchisée avec des corps dé métier et des organes protecteurs qui est remise en cause. Malheur à tous ceux qui volontairement ou involontairement se complaisent dans cette situation en tenant des rôles de commanditaires. Le pouvoir d’Etat vous rattrapera./.

La bêtise des réseaux sociaux vient de nous livrer une de ces autres scènes qui arrache le cœur, fait réfléchir et torture nos cerveaux, en travestissant l’éducation publique. Mais bien plus grave, le message ou les messages qui résultent d’une confrontation, d’une altercation, ou plutôt d’une attaque violente et virulente menée par un maire, monsieur le Maire de la ville de Ntui, contre un gendarme ce samedi 17 octobre 2026, au contrôle mixte de Batchenga. La question n’est pas de savoir ce qu’à fait ou dit le gendarme à son poste de travail, donc fonctionnaire en mission de sécurité et de sécurisation. Ce que renvoie la scène tournée en vidéo, c’est le Maire menaçant, invectivant, pourchassant, bousculant même le gendarme. Le magistrat municipal use, utilise et délivre des mots, des épithètes, des termes, tous vicieux, hors de tout contrôle et de toute respectabilité, de toute élégance, de toute convivialité ainsi que de toute réserve.

En somme, un Maire, un élu local, un homme public, nanti des emblèmes de la représentation des populations locales, comptant et reconnus parmi ceux et celles qui expriment une certaine idée de la représentation démocratique, de l’ordre, de l’hygiène et de la sécurité publique, s’en prend à un homme, un père de famille comme lui paré de ses galons et distinctions des forces de défense et de sécurité dans un langage digne d’une démonstration de folie subite. Regardez bien la scène et appréciez le calme, la discipline, la froideur et la maîtrise du gendarme, un vrai symbole qui mérite toutes nos félicitations et admirations. D’autres n’auraient pas supporté et seraient sortis de leur calme. On dirait un grand maître des arts martiaux en face d’un petit moustique fanfaron qui recherche une correction, une fessée. Il faut souhaiter que la majorité de nos gendarmes soit capable de la même maîtrise. Avec calme, respect, professionnalisme et sens de la dignité, le Maréchal de logis chef Mballa s’est non seulement présenté comme l’exige en vociférant son agresseur, mais mieux il lui parle avec les égards de son rang : Monsieur le Maire. Voilà un vrai soldat, droit dans ses bottes et debout pour la république comme une barricade impénétrable, imprénable.

Peu importe les causes, les origines, les motivations ouvertes ou cachées. Ce qui est en vedette, en suspend et en débat, c’est la conscience de l’autorité république et du sens civique que doit incarner jusqu’au bout, un élu de ce rang, et sa perception ou sa conscience du rôle, du statut et des missions des forces de défense et de sécurité dans une nation organisée, un Etat républicain et une société construite. Quel message le maire envoie -t-il aux enfants, à ses administrés, à l’opinion publique ? On n’a pas besoin de se trouver dans un régime militaire pour instituer la force publique garantie et articulée sur la présence et les missions des forces de défense et de sécurité partout sur l’ensemble du territoire. Au contraire, le Cameroun est tout sauf un Etat bien soutenu dans le vécu quotidien par une présence assurée, généralisée et omniprésente des femmes et des hommes en armes. Leur nombre est très largement insuffisant. Je ne dis pas qu’ils sont tous irréprochables, mais, ils incarnent la garantie de notre tranquillité, de notre vie en paix, de notre sécurité collective. Les outrager c’est œuvrer contre nous-mêmes, contre la nation au sens de son expression collective de société organisée. Qu’un seul militaire, policier ou gendarme tombe, ou soit absent, et c’est un fragment de cette tranquillité et de cette sécurité qui est compromise et menacé.

Le comportement du maire de Ntui est indigne, inapproprié, inacceptable et mérite la plus grande attention de la plus haute hiérarchie politique, civile et militaire, avec les implications et conséquences à la fois personnelles et professionnelles qu’il impose. IL faut cesser de réduire le jugement sur nos FDS, au prisme réducteur et subjectif, de quelques dérapages voire quelques errements circonstanciés. Un rappel à l’ordre est urgent, un blâme du maire inévitable./.

Yaoundé, le 17 octobre 2026