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© Camer.be : Alain Ndanga, à Paris
- 05 Sep 2026 12:02:02
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Cameroun - Douala : un ancien maire devant le tribunal militaire pour menaces à main armée
Djimgou Barthélémy est poursuivi à la suite d’une plainte de deux membres d’une famille qui l’accusent d’avoir brandi une arme et proféré des menaces lors de deux épisodes liés à la succession de leur père. L’ancien maire de Bandja conteste les faits, tout en reconnaissant avoir été armé lors du conseil de famille.
L’affaire oppose désormais devant le tribunal militaire de Douala Ndokomouip Ngomsi Amou et Jean Serge Ossalobo à Djimgou Barthélémy, ancien maire de la commune de Bandja, dans le Haut-Nkam, région de l’Ouest. Les deux plaignants accusent l’ex-édile de menaces et de port dangereux d’une arme à feu dans le cadre d’un conflit familial consécutif au décès de leur père.
Transmis au tribunal militaire le 25 juin 2026, le dossier est enregistré sous le libellé : « Aff. Ndokomouip Ngomsi Amou et Ossalobo Jean Serge contre Djimgou Barthélémy, pour menaces et port dangereux d’une arme à feu. PV n°182 du 11/06/2026 ». La prochaine audience est annoncée pour le lundi 7 septembre 2026.
Le second épisode
Dans le récit des faits, il s’agit de deux épisodes pour une même accusation. Selon les plaignants, le premier incident remonte au 14 février 2026, à la morgue de l’hôpital Laquintinie de Douala, après le décès de leur père. Une altercation aurait éclaté autour des conditions de transfert et de conservation de la dépouille. C’est à cette occasion, affirment-ils, que Djimgou Barthélémy a menacé l’un d’eux de lui tirer dessus. Les enfants du défunt, tous majeurs, estiment que les décisions concernant la dépouille de leur père ne pouvaient être prises unilatéralement par une personne extérieure à leur fratrie.
Le second épisode, qu’ils considèrent comme plus grave, s’est produit le 31 mai 2026 au cours d’un conseil de famille organisé à Ange-Raphaël, à Douala. Les plaignants affirment que Djimgou Barthélémy y a de nouveau créé des tensions avant de sortir une arme et de déclarer qu’il était « venu préparé ».
Des accusations que l’intéressé rejette catégoriquement. Djimgou Barthélémy reconnaît toutefois avoir participé à cette réunion et avoir détenu une arme, précisant disposer d’un certificat de port. Il nie en revanche avoir menacé qui que ce soit et soutient que les accusations portées contre lui relèvent d’une mise en scène destinée à le discréditer.
Une intervention de la gendarmerie
L’incident du 31 mai a entraîné l’intervention de la gendarmerie après une alerte de membres de la famille. Djimgou Barthélémy confirme avoir été conduit à la brigade et y avoir été auditionné pendant quelques heures.
La famille affirme, de son côté, qu’il a été libéré à l’aube après l’intervention d’un prêtre, l’abbé Zaneua Kouekam Cyrille, qui aurait déclaré ne pas avoir vu d’arme. Plusieurs personnes auraient par ailleurs été entendues dans le cadre de l’enquête. Parmi les témoins cités par les plaignants figurent Djifo Kamga Calvin, représentant du chef supérieur Fondjomekwet lors de la réunion, et Yelemen Ngomsi Bienvenida Elda Robine.
Djimgou Barthélémy soutient au contraire que son arme était destinée à assurer sa sécurité, la maison familiale étant, selon lui, éloignée de la route. Il estime surtout que la justice devra établir la réalité des faits et apporter la preuve des menaces qui lui sont reprochées. Cette version des faits est toutefois contestée par la famille, qui affirme que la réunion s’est tenue entre 14 heures et 15 heures.
Le testament au cœur du conflit
Au-delà des accusations de menaces, le dossier révèle un conflit plus profond autour de la succession du défunt. Djimgou Barthélémy affirme n’avoir aucun lien avec la fratrie des dix enfants et explique son intervention par sa qualité de dépositaire du testament du défunt. Il dit être venu porter à la connaissance de la famille les dernières volontés de celui-ci. Non sans reconnaître tout de même que les plaignants sont les héritiers légitimes.
Les enfants du défunt contestent cependant la manière dont il intervient dans les affaires successorales. Ils lui reprochent notamment de les avoir qualifiés de « bâtards et de misérables », en raison du fait que leur mère, originaire du département du Mbam-et-Inoubou, alors qu’après son décès, elle a été inhumée à Fondjomekwet, village de son époux dans le département du Haut-Nkam.
Les plaignants dénoncent des irrégularités
À l’approche de l’audience du 7 septembre, les plaignants dénoncent également plusieurs dysfonctionnements dans le déroulement de la procédure. Ils s’étonnent notamment que les audiences se tiennent à huis clos et affirment ne pas avoir été informés de la date de la première audience.
Ils contestent également les conditions d’inscription de l’affaire au rôle du tribunal, estimant que cette procédure aurait dû leur permettre d’être officiellement informés de l’examen de leur plainte. Djimgou Barthélémy rejette ces critiques, qu’il qualifie d’« infondées ». Pour lui, le huis clos constitue une possibilité prévue par la loi et le dossier est bien connu du greffe.
Derrière cette bataille judiciaire se profile ainsi un conflit familial où se mêlent succession, testament et accusations de menaces avec arme à feu. La prochaine audience devra permettre à la justice militaire d’examiner les éléments du dossier et de déterminer la responsabilité de chacun dans les faits dénoncés.
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