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© Camer.be : Avec CT
- 31 Jul 2026 18:08:26
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Cameroun - Douala : il réclame son fils, il repart en ambulance
À Douala, un quadragénaire a débarqué chez un chef d'entreprise, a revendiqué la paternité de son deuxième enfant, a giflé son épouse… et a été molesté par la famille. Récit d'un fait divers qui fait le buzz au Cameroun.
Il revendiquait un fils, il a hérité de bosses. À Non glacé, quartier de Douala II, un homme de 40 ans a débarqué dans un foyer pour réclamer un enfant, a giflé la mère, et a été roué de coups par les proches du mari. La gendarmerie a dû l'évacuer à l'hôpital.
La scène digne d'un scénario de film. Un homme frappe à la porte. Il demande à voir la maîtresse de maison. Le mari, courtois, l'invite à s'asseoir en attendant son épouse. Elle arrive, chargée de courses. Puis le visiteur lance la phrase fatale : « Est-ce que je peux prendre mon fils ? ». Le silence devient assourdissant. Le mari interroge sa femme. L'inconnu insiste, gifle la dame. Et là, c'est la déflagration : parents et employés se ruent sur lui. Il voulait un enfant, il a hérité de bosses.
Le quartier Non glacé, théâtre d'une scène surréaliste
Non glacé. Un nom qui évoque une époque révolue, où ce quartier de Douala II, privé d'électricité, voyait ses habitants boire leur bière tiède « non glacée ». Aujourd'hui, le quartier est électrifié, mais il reste un lieu de vie populaire où les commérages vont bon train. Et mercredi dernier, une histoire a fait le tour du pâté de maisons : un inconnu, Raymond T., a débarqué dans un domicile pour y revendiquer un enfant.
Selon les informations recueillies par CT (Cameroon Tribune), l'affaire débute en journée. Raymond T., la quarantaine, s'introduit dans une maison. Il trouve des enfants dans le salon et leur demande où se trouve la maîtresse de maison. « Maman est sortie », lui répondent-ils. Mais le mari, Bonivan S., est dans sa chambre. Il entend du bruit, sort, et découvre un homme dans son salon.
Une paternité revendiquée, une gifle et une raclée
Bonivan, chef d'entreprise, s'enquiert poliment de l'objet de cette visite. Raymond dit vouloir « voir Madame ». Le mari, visiblement maître de lui, propose un siège : « Asseyez-vous, elle arrive ». Effectivement, la dame ne tarde pas à garer son véhicule devant la maison.
Entre les membres de la famille et les employés de son mari, la femme n'a que l'embarras du choix pour ses courses. Bonivan fait les présentations : « C'est toi que ce monsieur attend ». Le regard de la dame se fait interrogateur. Elle ne semble pas reconnaître le visiteur. Raymond pose alors la question fatidique : « Est-ce que je peux prendre mon fils ? ».
L'épouse de Bonivan, stupéfaite, lui demande de quel fils il parle. « Le deuxième enfant de ce foyer est le mien ! », clame alors Raymond. La femme l'accuse de délirer. Bonivan, troublé, se tourne vers son épouse : « De quoi s'agit-il ? ». Pour toute réponse, elle traite le visiteur de fou.
Mais Raymond ne s'arrête pas là. Il répond par une gifle. Un geste qui va lui coûter cher. Le mari n'a pas le temps de réagir. Ses parents et employés, présents dans la maison, « achètent » le problème expression locale signifiant qu'ils s'en emparent vigoureusement. Ils se ruent sur Raymond et le « molestent proprement », selon l'expression de CT. Autrement dit, ils lui administrent une raclée mémorable.
L'intervention du chef de bloc et des gendarmes
La situation est devenue incontrôlable. Le bruit a attiré l'attention du chef de bloc une figure d'autorité locale dans les quartiers de Douala, qui joue souvent le rôle de médiateur. Il a saisi la gendarmerie. Lorsque les gendarmes sont arrivés sur les lieux, Raymond T. était dans un état nécessitant des soins. Ils ont estimé qu'il devait d'abord passer par l'hôpital. La suite de l'affaire dépendra de son état et des constatations médicales.
Une histoire qui en dit long sur les tensions familiales
Ce fait divers, aussi rocambolesque soit-il, n'est pas anodin. Il met en lumière un phénomène social complexe : les revendications de paternité intempestives et leurs conséquences dramatiques. Au Cameroun, la paternité est un enjeu familial et social majeur. Dans un pays où les liens de filiation sont souvent source de conflits, l'apparition d'un prétendu géniteur peut bouleverser l'équilibre d'un foyer.
Mais au-delà de l'aspect juridique une reconnaissance de paternité doit passer par la justice, pas par une visite à domicile , l'affaire illustre la manière dont les tensions conjugales peuvent dégénérer en violence collective. La gifle de Raymond a été le déclencheur. La réaction de la famille, bien que disproportionnée, est compréhensible dans un contexte où l'honneur et la réputation sont en jeu.
Que dit la loi camerounaise ?
Au Cameroun, la filiation est régie par le code civil. Une reconnaissance de paternité peut être effectuée par déclaration devant un officier d'état civil ou par jugement. Mais elle doit être fondée sur des preuves et certainement pas sur une intrusion à domicile et une gifle.
L'article 53 du code de la famille camerounais dispose que la recherche de la paternité est autorisée. Mais elle doit respecter des formes légales. S'introduire dans un domicile privé, troubler l'ordre public, et commettre des violences est passible de poursuites pénales. Le parquet de Douala pourrait être saisi, d'autant que la gendarmerie est déjà intervenue.
Un fait divers qui fait le buzz
L'histoire a rapidement circulé sur les réseaux sociaux. Les internautes camerounais se sont emparés du récit, entre humour et indignation. « Il voulait un fils, il a eu des bosses », a-t-on pu lire sur X (ex-Twitter). « La leçon du jour : ne jamais revendiquer un enfant sans DNA », commentait un autre.
Mais derrière les rires, une question demeure : qui est vraiment Raymond T. ? Est-il le géniteur du deuxième enfant de la dame ? A-t-il un quelconque lien avec la famille ? Des zones d'ombre subsistent. L'enquête de la gendarmerie permettra peut-être d'y voir plus clair.
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