L'objectif : que les coupures de courant cessent de freiner les jeunes qui se forment, innovent et entreprennent dans les centres. Afin d'atteindre cet objectif, un partenariat a été conclu entre Orange Cameroun et Instrumelec ce Jeudi le 8 Octobre, 2026 à l’ODC Douala
Dans les Orange Digital Centers, on apprend à coder, on fabrique, on monte sa start-up. Mais quand le réseau électrique flanche, tout s'arrête. C'est ce problème que veulent régler Orange Cameroun et InstrumElec Cameroun Sarl, entreprise spécialisée dans les énergies renouvelables, qui ont signé ce jeudi à Douala un MOU pour la solarisation des ODC sur l'ensemble du territoire national.
Un partenariat de longue durée
Les deux partenaires parlent d'un accord gagnant-gagnant, pensé sur le long terme. Pour Cathérine Mbengon, Directrice Communication & RSE d'Orange Cameroun, le projet va bien au-delà de la pose de panneaux. Elle a rappelé la conviction de l'opérateur : pour être durable, le numérique doit aussi être plus sobre, plus résilient et plus accessible. Et d'ajouter que l'énergie ne doit « jamais, mais alors jamais » être un frein à l'émergence des talents.
Le contexte parle de lui-même. Les coupures perturbent les activités, et les groupes électrogènes coûtent cher en carburant et en maintenance, sans parler des émissions de gaz qu'ils produisent. Orange Cameroun vise la neutralité carbone (Net Zero) à l'horizon 2040, soit dix ans avant l'échéance fixée par les accords de Paris. Concrètement, cela passe par une réduction d'au moins 90 % des émissions de gaz à effet de serre selon le standard SBTi, puis par le traitement des émissions résiduelles impossibles à supprimer.
Du côté d'InstrumElec, son CEO, Alphonse Bedel Milol, voit dans cet accord une nouvelle étape de la collaboration avec Orange Cameroun. Il s'est dit heureux de mettre l'expertise de son entreprise au service d'une initiative qui « dépasse largement le cadre strictement commercial », celle des centres dédiés à la formation, à l'innovation et à l'incubation dans le numérique et la tech.
Dschang, le test grandeur nature
Le projet s'appuie sur une expérience déjà concluante. L'ODC Club de Dschang, lancé le 16 décembre 2024 et inauguré le 27 mai 2025, était très fréquenté mais pénalisé par le manque d'électricité. Il a reçu sa centrale solaire en mai 2025. D'après le bilan d'Orange, le taux de fréquentation est passé de 200 % à 450 %.
Le site produit désormais 22 469 kWh par an et tient 5 heures sans le réseau Eneo de secours.
Bema Koutta responsable des relations institutionnelles d'Orange Cameroun, y voit une meilleure continuité des activités et une solution mieux adaptée aux besoins du centre. Tiofack Apolo, étudiant en 3e année d'Informatique à l'Université de Dschang, le confirme à sa façon : grâce aux plaques solaires, il peut suivre sa formation sans interruption.
Ce que l'on trouve dans un ODC
Un Orange Digital Center réunit sous un même toit plusieurs programmes : l'École du Code, pour acquérir des compétences numériques à tous les niveaux ; le FabLab Solidaire, atelier de fabrication numérique ouvert à tous ; Orange Fab, l'accélérateur de start-up ; et une passerelle vers le fonds d'investissement Orange Ventures pour les jeunes pousses accompagnées. Des extensions existent aussi dans les universités. Les ODC sont aujourd'hui présents à Yaoundé, Buea, Ngaoundéré, Dschang, Maroua et Douala, et un centre est annoncé à Garoua.
Avec cet accord, ce que Dschang a démontré à l'échelle d'un site devrait bientôt valoir pour tous les autres.