Les banquiers camerounais plaident pour un débat national sur le franc CFA
© investiraucameroun.com : S.A | 03 oct. 2019 16:03:00 | 8020L’Association professionnelle des établissements de crédit du Cameroun (Apeccam), présidée par Alphonse Nafack, l’administrateur directeur général d’Afriland First Bank, vient de soumettre sa contribution au gouvernement camerounais, dans le cadre du « Grand dialogue national ». Ce dialogue organisé à Yaoundé du 31 septembre au 4 octobre, vise principalement à trouver des solutions à la crise dans les régions anglophones du Nord-Ouest et le Sud-Ouest.
Parmi les propositions de l’Apeccam, il y a un point spécifique sur le franc CFA, une monnaie qui lie la France et à 15 anciennes colonies d’Afrique au sud du Sahara depuis plus de 70 ans. L’Apecam note que cette monnaie est, de manière récurrente, depuis quelques années, l’objet d’un débat qui dépasse désormais les cercles restreints des universités et des milieux financiers.
« Le débat y relatif intéresse de nos jours la société civile et les politiques. Et, symbole colonial pour les uns, facteur de stabilité économique pour les autres, le franc CFA n’en finit pas de susciter d’ardents commentaires », fait observer l’association présidée par Alphonse Nafack. Aussi, estime-t-elle opportun d’ouvrir un débat national, voire sous-régional, sur le franc CFA, ses perspectives d’avenir, son évolution à court et à moyen termes, la révision du régime de change et l’amélioration de la gouvernance de la banque centrale.
Pour l’Apeccam, le contexte de pessimisme entrepreneurial dans les trois régions sinistrées du Cameroun (Nord-Ouest, Sud-Ouest et Extrême-Nord), de chômage de masse et de défis d’investissements, sociétaux et structurels impose de créer un électrochoc pour emporter politiquement l’adhésion à une réforme en profondeur du modèle économique, de financement et d’investissement dans le pays.
« Le Cameroun doit s’engager dans la voie de la modernisation rendue nécessaire par le contexte de mondialisation ambiant. L’une des voies qu’emprunte ce processus de modernisation est le marché bancaire qui, outre le fait qu’il est un instrument de création des richesses et de développement des entreprises, impose également à notre pays et aux entreprises tant des obligations morales et déontologiques que des contraintes financières et technologiques », concluent les banquiers.
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