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CAMEROUN :: Après la présidentielle, le tribalisme médiatique reste impuni et sans frein :: CAMEROON

Le 12 octobre 2025, les Camerounais ont voté. Puis les discours de haine ont repris. L'élection présidentielle a ravivé les divisions politiques dans le pays, et des troubles ont été observés dans plusieurs localités, alimentés par les contestations de l'opposition et les tensions ethniques sous-jacentes. Une loi punit pourtant ces dérives depuis 2019. Elle reste inappliquée.

Une loi fantôme, une impunité réelle

Le tribalisme médiatique au Cameroun dispose d'un cadre légal clair pour être sanctionné. Le Code pénal prévoit des peines d'emprisonnement de un à deux ans et une amende de 300 000 à 3 millions de francs CFA pour quiconque tient des discours de haine ou procède à des incitations à la violence en raison de l'appartenance tribale ou ethnique d'une personne.

Ces peines sont doublées lorsque l'auteur est un journaliste ou un responsable politique. Dans les faits, ni le Code pénal ni les lois contre la cybercriminalité ne sont appliqués. Les poursuites sont rares, renforçant un sentiment d'impunité.

En mars 2025, seize directeurs de publication ont dénoncé dans une tribune commune une banalisation inquiétante des propos stigmatisants sur les réseaux sociaux et les plateaux de télévision.

L'ethnicité comme carburant électoral

La cohésion sociale camerounaise ne s'érode pas par hasard. Selon le chercheur Parfait Akana, l'élection présidentielle de 2025 constitue l'accélérateur de ce qui, depuis quarante ans, est devenu un fait de structure de la société politique camerounaise, dont le tribalisme est la forme la plus emblématique.

Certaines élites exploitent les tensions sociales à des fins électorales, en leur donnant une coloration ethnique. Des pages communautaires sur les réseaux sociaux sont devenues des vecteurs de messages haineux et de repli communautaire, difficiles à contrôler et à sanctionner.

La désunion persistante entre opposants s'explique également par le tribalisme, facteur profondément enraciné dans le paysage politique camerounais, dont l'impact sur la sphère politique reste majeur.

Des plateformes organisées, un État passif

L'instrumentalisation politique de l'identité ethnique repose sur une infrastructure numérique organisée. Des chercheurs de l'université de Douala soulignent que ces espaces en ligne cristallisent le débat politique autour de la question du tribalisme, avec un repli communautaire structuré qui s'organise autour des échéances électorales.

En soufflant sur les braises du tribalisme, certains médias ne mesurent pas les risques qu'ils font courir à l'ensemble de la société. Les entrepreneurs de la haine ne devraient pas se pavaner librement sur les plateaux de télévision.

L'État, lui, dispose des outils. Outre les dispositions du Code pénal, le Cameroun dispose de lois contre la cybercriminalité, d'une Agence nationale des technologies de l'information, d'une Commission nationale pour le bilinguisme et le multiculturalisme, ainsi que du Conseil national de la Communication. Chacune de ces institutions reste en retrait.

Une nation contestée, une paix fragile

Le Cameroun connaît des fissures profondes : crise anglophone depuis 2016, corruption endémique, pauvreté touchant plus de 55 % de la population. Dans ce contexte, le discours de haine n'est pas un phénomène annexe. C'est un accélérateur de fractures déjà existantes.

À long terme, tolérer l'impunité face aux discours haineux revient à déléguer la définition de l'identité nationale aux entrepreneurs de la haine. Pays de plus de 200 ethnies, le Cameroun ne peut pas se permettre ce luxe.

Qui décide de ce que le Cameroun sera ?

Quand la loi existe mais ne s'applique pas, le silence de l'État devient lui-même un choix politique. Les patrons de presse camerounais l'ont dit sans ambiguïté : face aux discours haineux, la presse doit se ressaisir et l'État doit prendre ses responsabilités.

Le vrai débat politique au Cameroun ne devrait pas porter sur les origines des candidats. Il devrait porter sur les programmes, les lois, la gouvernance. La question qui reste ouverte est simple : qui, dans ce pays, a réellement intérêt à ce que le tribalisme reste impuni ?

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