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CAMEROUN :: Comment des fonctionnaires accumulent plus de richesses que les entrepreneurs :: CAMEROON

En 2025, le gouvernement camerounais a mobilisé 1 753,5 milliards de FCFA pour payer ses fonctionnaires soit 12 % de plus que prévu. Dans le même temps, le Cameroun se classait 167e sur 190 économies dans le rapport Doing Business de la Banque mondiale, signalant un environnement hostile aux entrepreneurs privés. Le paradoxe est brutal : l'État dépense massivement pour ses agents pendant que l'investissement privé s'asphyxie.

Quoi : une masse salariale hors de contrôle

La loi de finances rectificative 2025 estimait la masse salariale camerounaise à 1 566,6 milliards de FCFA. En réalité, elle a atteint 1 753,5 milliards, un dépassement massif signalé par le ministre de la Fonction publique en janvier 2026.

Ce n'est pas un incident. C'est une tendance structurelle. Entre 2011 et mi-2021, les effectifs de la fonction publique camerounaise sont passés de 206 212 à 346 557 agents, soit une hausse de 68 %. La masse salariale de l'État absorbe une part croissante du budget national, au détriment de l'investissement productif.

L'État comme refuge et source de rente

L'administration n'est plus seulement un service public. Elle est devenue, pour certains, un mécanisme d'accumulation. La question centrale est celle-ci : comment, en peu de temps, un fonctionnaire peut-il construire une fortune supérieure à celle d'un opérateur économique ou homme d'affaires ?

La réponse tient en un mot : l'impunité. L'article 66 de la Constitution camerounaise impose la déclaration des biens aux responsables publics. Il n'est pas appliqué. La CONAC insiste sur l'urgence de criminaliser l'enrichissement illicite, d'instaurer une protection des dénonciateurs et de créer un mécanisme de gestion des avoirs issus de la corruption.

Les mécanismes de l'enrichissement institutionnel

L'enrichissement illicite prend des formes diverses et variées. Des hauts fonctionnaires camerounais exploitent des forêts via des prête-noms, bien que la loi le leur interdise. Les marchés publics constituent un autre vecteur central. Cette sur-administration nourrit une économie de connivence, où les marchés publics sont truqués et les entrepreneurs honnêtes marginalisés.

Le rapport 2024 de la CONAC révèle que l'État a perdu plus de 4 milliards de FCFA du fait de la corruption, tandis que le service public continue de manifester un taux élevé de corruption. Les signalements, eux, ont bondi de 40 % en un an, atteignant 10 520 dénonciations preuve que la société civile voit et parle.

Quand l'État ruine ses propres entrepreneurs

La corruption administrative a un coût direct sur l'économie réelle. Les investisseurs dénoncent un manque de célérité dans le traitement administratif et un grand nombre d'administrations impliquées dans les procédures, constituant autant de goulots d'étranglement.

Un fonctionnaire enrichi grâce à la rente administrative ne crée pas d'emploi. Il ne finance pas d'usine. Il achète de l'immobilier, souvent à l'étranger. Le secteur privé camerounais se retrouve face à des concurrents paradoxaux : des agents publics qui accèdent aux marchés, aux informations et aux décisions avant tout opérateur privé.

À moyen terme, cette logique dévore le capital humain et décourage l'investissement étranger. Le déficit budgétaire global du Cameroun s'est creusé à 1,5 % du PIB en 2024, contre 0,7 % en 2023, en raison d'un dérapage des dépenses courantes. Les dépenses de personnel en sont un moteur structurel.

Réformer ou se résigner ?

Le Cameroun fait face à un choix de civilisation économique. Continuer à laisser l'administration fonctionner comme une rente capturée par quelques-uns, c'est condamner la compétitivité nationale pour une génération. Appliquer l'article 66 de la Constitution, criminaliser l'enrichissement illicite et rendre effectifs les contrôles, c'est ouvrir la voie à un secteur privé qui peut enfin jouer à armes égales.

La vraie question n'est pas de savoir si les fonctionnaires méritent d'être bien payés. Elle est de savoir pourquoi certains d'entre eux peuvent accumuler ce que jamais un entrepreneur ne pourrait construire honnêtement en une vie.

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