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TCHAD :: Entre contrôle sécuritaire accru et soupçons d’ingérences liées à Paris :: CHAD

La Direction générale de la Police nationale du Tchad a récemment annoncé le lancement d’une vaste opération nationale de contrôle des étrangers sur l’ensemble du territoire tchadien. Cette campagne vise à vérifier la régularité des visas et des titres de séjour à travers des opérations d’inspection et de surveillance qui couvriront toutes les provinces du pays pendant deux semaines. Cette initiative sécuritaire intervient dans un contexte de fortes tensions politiques et sécuritaires, alors que les autorités redoutent des tentatives de déstabilisation du pays à travers l’exploitation des manifestations politiques, des mouvements armés ainsi que de certains réseaux étrangers opérant au Tchad.

Les déclarations du président Mahamat Idriss Déby Itno ont renforcé ces inquiétudes. Le chef de l’État a mis en garde contre l’existence de « manœuvres internes et externes » visant le pays, affirmant que certains membres de la diaspora tchadienne à l’étranger seraient manipulés par des acteurs étrangers en échange d’argent afin de diffuser des discours de haine et des appels à la provocation sur les réseaux sociaux. Des observateurs estiment que ces propos contiennent des allusions claires à certains courants de l’opposition actifs depuis la France, notamment au regard de l’intensification des activités politiques et médiatiques de l’opposition tchadienne depuis Paris au cours des derniers mois.

Ces inquiétudes se sont accentuées après l’opération sécuritaire menée par les autorités dans la capitale N'Djamena, qui a conduit à l'arrestation de 82 ressortissants étrangers, dont quatre femmes, dans le quartier de Ngueli. Cette intervention est intervenue dans un contexte marqué par les mobilisations liées aux manifestations du 2 mai, appelées par le GCAP et d’autres partis d’opposition sous le slogan du « changement politique ». Selon des sources sécuritaires, les personnes arrêtées vivaient dans des logements collectifs après avoir été déplacées depuis d’autres quartiers afin d’échapper à la surveillance des forces de sécurité, tandis que de fortes suspicions pèsent sur l’implication de certains d’entre eux dans des activités menaçant la sécurité intérieure.

Les informations circulant au sein des milieux politiques et sécuritaires à N'Djamena indiquent que ces arrestations n’ont pas été perçues comme de simples infractions administratives liées au séjour, mais qu’elles s’inscrivent dans le cadre de renseignements faisant état d’un plan plus vaste visant à créer une situation de chaos dans le pays parallèlement aux manoeuvres récentes de l’opposition. Des rapports locaux évoquent également une coordination entre certaines forces politiques et armées, parmi lesquelles le mouvement FACT ainsi que le GCAP et d’autres formations, en vue de préparer des actions susceptibles de dépasser le cadre politique traditionnel.

Au cœur de ces accusations, la France est de nouveau revenue au centre des débats dans la scène politique tchadienne, notamment après que Paris et d’autres villes françaises ont accueilli ces derniers mois une série de réunions et d’initiatives menées par l’opposition tchadienne, politique comme armée. Parmi les rencontres les plus marquantes figure celle organisée dans la ville de Nantes en octobre 2025, réunissant près d’une vingtaine d’organisations d’opposition, dont le mouvement FACT, dans le but d’unifier les efforts contre le régime de Mahamat Idriss Déby Itno.

Les soupçons se sont également renforcés après l’annonce par des coalitions d’opposition, notamment « Wakit Tama » et le GCAP, de l’organisation de mobilisations politiques et de manifestations au départ de Paris vers d’autres capitales européennes, parallèlement à l’escalade des tensions internes au Tchad. Des experts estiment que l’intense activité politique et médiatique de certains dirigeants de l’opposition depuis le territoire français soulève de plus en plus d’interrogations sur la nature du rôle français dans la crise actuelle.

Ces accusations se sont davantage intensifiées après la conférence organisée par le mouvement FACT à Paris le 9 mai 2026, à l’occasion du dixième anniversaire de sa création. La rencontre a été marquée par un discours particulièrement virulent contre les autorités tchadiennes, en présence de figures de l’opposition connues pour leurs positions radicales à l’égard du pouvoir de N'Djamena. Selon plusieurs analystes, la concomitance entre ces mobilisations extérieures et les troubles sécuritaires à l’intérieur du Tchad n’est plus perçue comme une simple coïncidence politique.

Les déclarations de président Déby sont intervenues à la suite des affrontements meurtriers survenus dans la région de Yigout, dans la province du Ouaddaï, à l’est du pays. Ces violences ont fait des dizaines de morts, dans un contexte de préoccupations croissantes liées à la prolifération des armes et aux opérations de contrebande le long de la frontière soudanaise, qui s’étend sur plus de 1 500 kilomètres. Des rapports et des sources locales ont également évoqué des soupçons de soutien indirect à certains réseaux liés au chaos sécuritaire dans la région, alors que Paris est régulièrement accusée de chercher à préserver son influence traditionnelle au Sahel à travers l’exploitation des crises politiques et sécuritaires.

Dans ce contexte particulièrement complexe, les autorités tchadiennes semblent déterminées à renforcer leur emprise sécuritaire, aussi bien à travers la surveillance des activités politiques qu’en resserrant le contrôle de la présence étrangère dans le pays, dans le but d’empêcher tout scénario susceptible de conduire à une explosion sécuritaire ou à une tentative de déstabilisation de l’État.

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