CAMEROUN :: Crime de Zoétélé : le Pr Shanda Tome écrit au président de la république :: CAMEROON
© Camer.be : La rédaction | 22 May 2026 11:15:40 | 714Dans cette sortie du Médiateur Universel, Président de la Commission indépendante contre la corruption et la discrimination (COMICODI), Président du Mouvement Populaire pour le Dialogue et la Réconciliation (MPDR), à l’endroit du Chef de l’Etat, il précise avec emphase le fait que le Cameroun reste nation à construire et non à détruire.
Retrouvez ci-dessous sa tribune
Yaoundé, le 21 mai 2026
Lettre citoyenne, patriotique et républicaine sur la lourde et impardonnable trahison de Zoétélé
A Son Excellence Monsieur Paul Biya, Président de la république et Chef de l’Etat, Garant de l’unité nationale, de l’intégration national, Garant de l’intégrité territoriale et de la souveraineté internationale
Excellence Monsieur le Président de la république,
Quel Cameroun voulons-nous pour nos enfants ?
Le Cameroun est à construire et non à détruire
Il faut débattre et non combattre
Le Cameroun se fera avec l’Ouest ou ne se fera pas.
Quelles que soient les termes, les mots, les épithètes et les langues avec lesquels les historiens traiteront votre gouvernance de notre pays plus tard, ces déclarations fortes de suprême sagesse, resteront gravées de façon pérenne dans la mémoire collective de toutes les générations. Que l’on soit vert ou rouge, blanc, noir ou jaune, reconnaître la profondeur de la sagesse de vos paroles, relève d’une évidence cardinale et systémique. Je suis profondément convaincu que vous n’avez jamais pensé à faire autrement que selon cette ligne d’appel, de conseil, de projection et de promesses pour le destin heureux du Cameroun et de tout son peuple sous votre commandement.
Monsieur le Président de la république,
Celui qui prends sa plume ce matin pour vous écrire, vient en réalité porter un message, le message de la désolation, de la déception et du désespoir de millions de vos filles et fils, qui ne comprennent pas, qui ne trouvent aucune explication plausible, qui cherchent en vain les ressources nécessaires pour apaiser leur cœur.
Je ne viens pas en innocent, je ne viens pas en passant ni en observateur anonyme et furtif qui refuse ses titres et responsabilités, et qui joue des opportunismes. Je viens en responsable, en Médiateur universel consacré, en fils et dirigeant de LAAKAM, en faiseur de paix, en homme de dialogue et quémandeur de réconciliation, en citoyen qui s’est levé au milieu des tumultes radicalisant et haineux pour vous soutenir, pour servir de barricade contre les torrents d’outrages à l’endroit de votre personne en tant que père, et de votre autorité sublime en tant que premier de tous les Camerounais.
Monsieur le Président de la République,
Alors que la nation entière se rassemblait pour une veillée au flambeau marquant la célébration de la fête de l’unité du lendemain le 20 mai 2026, un drame, une déchirure, une cassure, une blessure, une fracture inimaginable se produisait dans l’arrondissement de Zoétété, au sud. En effet, des hommes, des femmes, des enfants, tous devenus des loups, des lions, des manipulés irréfléchis d’un instant, s’attaquaient à leurs compatriotes Bamilékés, emportant tout, pillant, détruisant et incendiant. Le prétexte, une compatriote retrouvée morte, paix à son âme, et des soupçons inutiles, mus par une jalousie et des rancunes féroces, ont fait le reste, malgré l’avis de la justice.
Un enfant du pays, un enfant du terroir, monsieur ZIKO, né à Zoétélé, grandi à Zoétélé, qui a construit tout sur place, développé des affaires, créé des emplois et contribué massivement à la transformation, la modernisation et la promotion de la ville, sa ville natale, a vécu l’enfer sur terre. Tous ses biens, entreprises, maisons, résidences, boutiques et magasins ont été réduits en cendre et le contenu emporté, au vu et au su des autorités civiles et sécuritaires locales. Les images sont troublantes.
Monsieur le Président de la République,
Les crimes du 19 mai, interviennent comme l’aboutissement des semaines de tortures, d’humiliations, de brutalités et de destructions physiques, morales et psychologiques de ce brave citoyen avec son épouse. Leur seule faute, c’est d’être nés de parents Bamilékés et de prospérer dans la vie, d’aimer leur ville de naissance, de croire en leur pays, de se convaincre qu’ils sont chez eux au Cameroun et partout au Cameroun.
Monsieur le Président de la république,
Au moment où je formule ces lignes, j’ai arrêté tous mes téléphones pour fuir les interpellations, les protestations, les commérages et les rumeurs, les appels à la vengeance et au soulèvement, parce qu’il y a longtemps, très longtemps, que j’ai adhéré à la conviction selon laquelle, notre pays est un véritable don pluriel du ciel à entretenir et à préserver contre les vagues destructrices, contre des haines et des méchancetés. Je suis donc votre disciple, le disciple de l’Homme d’Etat accompli qui déclarait peu après son accession à la magistrature suprême, que « c’est par hasard qu’il est né au sud ». Quelle beauté !
Mais qui a commandité tout ce désordre ? Qui a voulu vous trahir ? Qui a laissé faire et pourquoi ? La petite ville de Zoétélé nous a produit quelques-uns des plus valeureux, des plus intelligents et des plus compétents des hauts cadres du sud, dont certains ont été et demeurent encore vos collaborateurs les plus proches et les plus audibles. Mais que s’est-il passé vraiment ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? On nous parle d’un ministre et d’autres hauts cadres qui auraient accumulé des dettes chez la victime ? On nous parle des élites qui auraient érigé des projets et qui ne souhaitaient pas entrer en concurrence avec la victime. Les enquêtes devront établir ce qui s’est vraiment passé et pourquoi les autorités de la ville, ne se sont pas signalées, jamais signalées, jamais manifestées.
Monsieur le Président de la république,
Je ne dirai jamais assez, combien je me range à votre sagesse, à vos sages conseils dont quelques-unes ont été rappelées à l’entame de ce message. De l’Ouest, je ne dirai pas assez non plus ou encore, sur la profondeur et la solidité de votre conviction sur sa contribution ainsi que son apport décisif au développement de notre pays. En faisant confiance récemment à l’honorable Théodore DATOUO pour présider aux destinées de l’assemblée nationale, vous avez marqué les esprits sur cette conviction, et rappelé implicitement que le travail et la loyauté payent, que vous ne trahissez pas et ne trahirez pas, ceux qui se lèvent pour travailler.
Ceux qui ont fait ça, ceux qui ont commis ce crime, cet attentat grave contre l’unité nationale en pleine émulation à la veille du 20 mai, ne sont ni des ambazoniens, ni des Boko Haram, ce sont des gens encore pires, plus mauvais que les porteurs des armes terroristes. Rien, rien, rien ne saurait justifier cela, et rien ne saurait arrêter la main lourde de la justice. Le Cameroun est à construire, et les Bamilékés dont il est question, sont depuis longtemps, vos meilleurs et sans doute plus engagés capitaines de développement, vos sauveurs économiques et industriels, ceux sans qui, nous ne serions qu’une colonie économique et un comptoir colonial perpétuel. Ce n’est pas une question de pouvoir suprême, puisqu’ils se sont déjà ligués en rang serré derrière vous, c’est une question de loyauté et de nationalisme. Pourquoi des élites du sud attisent-ils les populations pour ces attaques, destructions, crimes tribaux et haines à répétition ?
Pour ce qui nous concerne, aussi bien au Cameroun qu’à l’étranger, nous saurons, et nous avons toujours su, rappelé la vérité selon laquelle il faut préserver notre pays de la guerre civile, à nos enfants. Nous continuerons à le faire, et je m’y investirai personnellement, dans tous mes titres et avec toute mon énergie, comme Médiateur, comme coordonnateur et vibrant animateur de LAAKAM. Nous venons en paix et viendrons toujours en paix devant le père, pour sa bénédiction et son jugement sur des événements criminels de Zoétélé, comme hier à Ebolowa et Sangmélima, comme face au discours de certains autres ELIMBI et consorts.
Monsieur le Président de la république,
Ce n’est pas seulement une affaire de l’ouest, ce n’est pas seulement Bafang, Bafoussam, Dshang ou Mbounda qui crient justice et lèvent les mains vers le ciel, attendant votre réaction, votre message et votre geste de justice, c’est tout le pays, parce que Zoétété constitue un long couteau dans le dos de l’unité nationale, dans le sac de vos promesses et sagesses pour notre pays, pour son peuple, tout son peuple, ce que témoignent les réactions très dures qui proviennent de nos compatriotes d’autres régions, lesquels ressentent la blessure dans leur chair avec une même et égale intensité voire plus.
Si la longévité du Vice-premier ministre Jean Nkuété à la tête du RDPC de même que le choix de feu le Vice-premier ministre Marcel Niat Njifenji pour régner sur le Sénat durant deux mandatures, constituent des gages de soudure et de confiance dans l’ouest et avec l’Ouest, les Bamilékés attendent que le climat d’ensemble du pays s’apaise, et que cesse véritablement et définitivement une stigmatisation qui ne trouve son fondement dans aucune cohérence politique. Hôtels, industries, projets de toute nature et dans tous les secteurs développés par les Bamilékés, constituent globalement le patrimoine de notre pays et non d’une région. L’impunité avec laquelle certains de ces crimes de destructions accompagnées d’agressions physiques surviennent, choquent et découragent y compris vos fervents soutiens, nos patriotes les plus engagés derrière vous.
A Assok non loin de Yaoundé, des bandits ont détruit des investissements industriels de plusieurs milliards, compromis des milliers d’emplois et laissé les promoteurs en ruine. Ils y sont toujours, impunément. Les investisseurs avaient pourtant apporté des routes, la lumière, l’eau et plein de choses positives. La justice n’a jamais inquiété véritablement ces bandits soutenus et dirigés par un haut magistrat, pendant que les gendarmes refusent d’exécuter les mandats d’amener, au motif que les bandits sont violents, donc au-dessus de la république et plus forts que l’Etat. J’ai saisi en vain tout le gouvernement, et j’en ai récemment encore saisi le SED.
Monsieur le Président de la République,
Ne laissez plus de tels agissements se produire, parce qu’ils sont en réalité les fossoyeurs de votre autorité et de votre pouvoir, parce qu’ils sont des traitres à la patrie, des mercenaires à la solde de ceux qui de l’étranger nous attaquent, nous dénoncent et nous salissent. Le Cameroun doit rester debout avec vous et grâce à vous.
Je vous fais confiance, Monsieur le Président de la république, et nous ne prendrons jamais le chemin de la guerre civile, nous ne soutiendrons jamais les aventuriers, parce que nous sommes d’authentiques Camerounais, des patriotes solidement arrimés aux institutions républicaines et confiants dans la bénédiction divine de notre pays.
Les auteurs des crimes de Zoétélé doivent être retrouvés, traînés devant la justice et punis. Les autorités locales civiles et sécuritaires doivent être sanctionnés voire relevés de leurs fonctions. Monsieur ZIKO devrait logiquement être indemnisé par l’Etat.
Le Cameroun est à construire et non à détruire, et personne ne dira mieux, ou ne fera mieux au-delà de cette sagesse qui est vôtre et que je loue avec la plus grande et sincère ferveur patriotique. Les larmes de Zoétélé ne sècheront pas avant que justice soit rendue. Ce 20 mai 2026, aura été d’une tristesse insoutenable pour certaines de nos familles. En effet au lieu de regarder le défilé, ils regardaient, regardaient et regardaient des dizaines de fois, les images des destructions, des flammes, des hommes et des femmes pillant et s’enfuyant des bouteilles de gaz et des matelas à Zoétélé.
Monsieur le Président de la république,
Je garde la foi et la conviction, que du haut de votre grande sagesse de patriarche et de chef d’Etat à la longévité exceptionnelle, vous saurez, la grâce divine aidant, reprendre en mains toutes les brebis égarées, pour les remettre sur le droit chemin, car il y a derrière leurs agissements, un autre message d’un cynisme insoupçonné, celui de dire à nos milliers de hauts cadres de la diaspora, de ne pas revenir, et à ceux qui partent maintenant ou qui murissent le projet, de se presser de partir.
Quoi qu’il advienne, je porte le témoignage, que nous sommes et restons un grand pays, une grande nation, celle des Roger Milla, de la défunte CAMAIR et de l’université des montagnes, qui ont assuré et assurent notre rayonnement international. Je me range à l’apaisement et à la confiance en votre pouvoir et en l’Etat de droit. La justice sévira.
Je vous prie, vous remercie, avec toutes les révérences associées, d’accepter, Excellence Monsieur le Président de la république, l’assurance de ma plus haute et patriotique considération.
Que le seigneur tout puissant vous bénisse./.
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