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CAMEROUN :: Serpent, totem et gendarmerie : l'affaire explosive du marché de Douala qui divise :: CAMEROON

Un reptile, deux commerçants et une accusation de sorcellerie

Un serpent sorti d'un ballot de marchandises. Une arrestation. Une accusation de possession de totem rejetée faute de preuves. À Nkololoun, quartier commerçant de Douala II, un incident survenu le lundi 13 avril a mis en lumière la tension persistante entre croyances traditionnelles et droit pénal au Cameroun.

Les faits : un entrepôt, un couple, un reptile

Jonas T., 39 ans, commerçant au Marché central de Douala, et son épouse Marlyse gèrent une boutique de chemises et caleçons. Ils louent un espace de stockage à Nkololoun, site partagé par plusieurs marchands.

Ce lundi 13 avril, vers 15h30, le couple revient trier ses commandes. Le gérant de l'entrepôt, présent à l'entrée, allume l'intérieur avant de ressortir. Un autre usager, Dieudonné, entre sans frapper. Il aperçoit quelque chose au sol. « Qu'est-ce que je vois là ? C'est la corde ?! », lance-t-il. Silence du couple. « Je vois quoi noir, là ?! », insiste-t-il. Le serpent lève alors la tête.

Un second client pénètre dans l'entrepôt, crie à la vue du reptile et ressort armé d'une latte. Jonas et Marlyse l'interceptent verbalement : « Tu as vu le serpent où ? Menteur ! » L'animal s'échappe du magasin, passant devant des femmes trop apeurées pour intervenir. Il disparaît.

Pourquoi le couple a été suspecté

Le comportement de Jonas et Marlyse a cristallisé les soupçons. Plusieurs signaux ont alimenté la méfiance des témoins et du gérant.

Le couple déballait systématiquement ses marchandises en dehors des heures d'affluence, toujours seul. Ce lundi, ils ont demandé au gérant de fermer davantage la porte et d'allumer avant de ressortir une configuration d'isolement perçue comme délibérée.

Surtout, ils ont nié la présence du reptile malgré les cris de plusieurs personnes. Dans un contexte où la croyance au totem animal reste vivace dans certaines communautés camerounaises, nier l'évidence face à témoins constitue un signal d'alarme culturel fort. Le gérant a conduit le couple à la gendarmerie, convaincu d'avoir affaire à une possession de totem.

Le mécanisme judiciaire face à la croyance

À l'unité de gendarmerie de Douala II, l'enquête s'est heurtée à un obstacle juridique fondamental : l'absence de preuve matérielle.

Le serpent avait disparu. Aucun objet rituel n'a été saisi. Les témoignages, bien que concordants sur la présence du reptile, ne permettaient pas d'établir une intention criminelle ni une pratique de sorcellerie au sens du code pénal camerounais.

La possession de totem est une accusation grave au Cameroun. Elle renvoie à des pratiques de magie noire supposées impliquer un animal-esprit sous contrôle humain. Juridiquement, elle reste difficile à prouver et rarement retenue sans éléments tangibles.

Jonas et Marlyse ont été libérés. Mais le gérant leur a signifié une expulsion immédiate des lieux de stockage.

Enjeux immédiats et fractures profondes

À court terme, l'affaire illustre la vulnérabilité des commerçants informels face aux accusations à caractère mystique. Un simple incident peut suffire à détruire une réputation, bloquer une activité, provoquer une garde à vue.

À moyen terme, cette tension révèle un vide institutionnel. Le Cameroun ne dispose pas de cadre légal clair pour traiter les conflits mêlant croyances traditionnelles et droit moderne. Les gendarmes arbitrent au cas par cas, souvent sous pression communautaire.

Sur cinq ans, la montée du commerce informel urbain dans des villes comme Douala intensifie ces frictions. Les entrepôts partagés, les horaires décalés, la promiscuité économique créent des zones de friction où la rumeur peut devenir accusation pénale du jour au lendemain.

Un acquittement qui ne clôt rien

Jonas et Marlyse sont libres. Mais ils ont perdu leur espace de stockage, leur réputation dans le secteur et peut-être des clients. Le serpent, lui, a disparu.

La question reste entière : dans une ville où le marché informel de Douala mêle chaque jour logique économique et imaginaire symbolique, comment le droit peut-il protéger efficacement sans nier les réalités culturelles qui structurent ces communautés ?

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