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FRANCE :: LA COUPE D’AFRIQUE DES NATIONS, DERNIER REMPART D’UNE MONARCHIE SOUS TENSION FACE À UN PEUPLE EXSANG

LA COUPE D’AFRIQUE DES NATIONS, DERNIER REMPART D’UNE MONARCHIE SOUS TENSION FACE À UN PEUPLE EXSANGUE

Le silence qui émane du palais est aujourd’hui assourdissant. Plus de trois mois après le séisme dévastateur d’Al Haouz, survenu en septembre 2023 à proximité de Marrakech, suivi d’intempéries meurtrières et de risques d’inondations persistants, le peuple marocain attend toujours une réponse à la hauteur de ses souffrances. Les populations sinistrées, à qui une aide rapide avait été promise, n’ont, jusqu’à ce jour, pratiquement rien reçu. Des milliers de familles vivent encore sous des tentes de fortune, exposées au froid, aux pluies et à l’insécurité sanitaire, alors même que l’hiver s’installe.

Dans le dénuement d’hôpitaux publics délabrés, des tragédies humaines se nouent chaque jour, faute de soins élémentaires. L’absence de parole royale forte, de visite symbolique prolongée sur les lieux du drame et de condoléances officielles à la hauteur des pertes humaines cristallise un divorce profond entre la dynastie alaouite et une population dont la résilience, longtemps célébrée, arrive à son point de rupture.

Pourtant, le Maroc n’a pas manqué de ressources. À la suite du séisme de septembre 2023, près de 3 milliards de dollars ont été collectés à travers le monde pour venir en aide aux sinistrés. Or, jusqu’à aujourd’hui, ces populations n’ont jamais vu la couleur de ces fonds. De plus en plus de voix dénoncent une orientation opaque de ces sommes, largement redirigées vers des projets de prestige, au premier rang desquels figure l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN).

Pendant que le quotidien s’assombrit pour les classes populaires, les ressources de l’État sont massivement mobilisées pour un projet unique : la CAN. Pour beaucoup de Marocains, cet événement n’est plus une fierté nationale, mais un « opium du peuple », une vaste mise en scène destinée à détourner l’attention des urgences sociales et à anesthésier les consciences. Derrière l’éclat des stades rénovés et des campagnes de communication, se dessine une manœuvre politique plus profonde : celle de préparer et de légitimer la succession d’un souverain affaibli par la maladie, au profit du prince héritier Moulay Hassan, dont l’omniprésence protocolaire et médiatique ne cesse de s’intensifier.

La compétition apparaît ainsi comme l’ultime bouclier symbolique de la monarchie, un baromètre de la pression sociale. Un sentiment domine : une défaite sportive pourrait devenir le déclencheur d’une colère longtemps contenue, révélant une défiance massive envers un système accusé de privilégier son image internationale au détriment des besoins vitaux de ses citoyens.

Ce paradoxe s’exprime avec une acuité particulière à l’approche du match face au Cameroun. Des appels à la « fraternité africaine » émanent de certains supporters marocains, allant jusqu’à supplier leurs adversaires de « laisser passer » l’équipe nationale. Ces appels se heurtent frontalement à la mémoire collective du continent. De nombreux Africains rappellent les violences, les humiliations et les discriminations systémiques subies par les migrants subsahariens au Maroc.
« Vous invoquez la fraternité sur le terrain, mais vous nous liquidez dans vos rues », résume avec amertume un internaute camerounais, écho d’un ressentiment largement partagé.

Plus grave encore, alors que des rumeurs persistantes évoquent la volonté de garantir coûte que coûte une victoire marocaine — y compris par des tentatives de corruption ou de pressions sur les instances sportives — la réponse camerounaise est sans ambiguïté. Si certains redoutent des arrangements en coulisses, la position du peuple et des joueurs camerounais est claire : sur le terrain, seule la vérité du jeu primera.

Car le Cameroun aussi joue gros. Le pays traverse une crise politique et sociale profonde, aggravée par une élection présidentielle largement contestée, perçue par une partie de la population comme confisquée par le système du RDPC. Dans un contexte de précarité croissante, de chômage massif et de frustrations accumulées, le football demeure l’un des derniers espaces capables de fédérer la nation camerounaise. Pour beaucoup de Camerounais, remporter ce match n’est pas seulement un enjeu sportif : c’est une question de dignité et de survie symbolique.

Ainsi, le match Maroc–Cameroun dépasse largement le cadre du sport. Il devient le miroir brutal des contradictions de deux systèmes politiques, et plus particulièrement d’un régime marocain qui aspire à s’imposer comme leader africain tout en niant, dans les faits, les principes de solidarité qu’il proclame. La monarchie marocaine joue une part de son avenir sur une pelouse.

Mais hors des stades, la véritable finale se prépare déjà : celle d’un peuple face à son pouvoir. Une confrontation où l’enjeu n’est ni une coupe ni un trophée, mais la dignité, la justice et la vérité. Car, en dernier ressort, c’est sur le terrain — et dans la rue — que la vérité du jeu finira par triompher des artifices politiques.

 

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