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Remaniement au Cameroun : l'offre de Paul Biya rejetée par le « président élu » Issa Tchiroma :: CAMEROON

Le climat politique camerounais entre dans une phase de turbulence inédite après les révélations sur les coulisses du futur exécutif. Suite à son message à la Nation, Paul Biya s'attelle à la formation d'un nouveau gouvernement dans un contexte marqué par la contestation des derniers scrutins. Si les consultations semblent terminées, elles révèlent une fracture profonde entre le Palais de l'Unité et une partie de la classe politique qui revendique la souveraineté des urnes.

Selon des sources proches de la présidence, trois figures de proue de l'opposition politique camerounaise auraient accepté d'intégrer l'exécutif. Cabral Libii, Serge Espoir Matomba et Joshua Osih seraient favorables à une collaboration avec le pouvoir central. La surprise réside dans le positionnement de Cabral Libii, pour qui un poste stratégique de ministre délégué auprès de la Jeunesse serait à l'étude. Cette stratégie d'ouverture vise à neutraliser la contestation en intégrant des visages médiatiques au sein du futur appareil gouvernemental.

À l'opposé de cette dynamique de ralliement, la figure d'Issa Tchiroma Bakary cristallise la résistance. Celui qui n'est plus ministre depuis  juin 2025 se présente désormais comme le président élu, s'appuyant sur les résultats compilés par son camp lors du dernier scrutin. Malgré une offre généreuse comprenant des portefeuilles ministériels pour le FSNC, l'ancien allié a opposé une fin de recevoir catégorique. En affirmant ne pas vouloir gouverner avec ceux qu'il accuse d'avoir usurpé sa victoire, il marque une rupture historique avec le système en place.

Cette confrontation directe entre le pouvoir de Yaoundé et le camp Tchiroma fragilise l'annonce du prochain décret présidentiel au Cameroun. Le refus d'une figure aussi emblématique complique la quête de légitimité du régime. En coulisses, l'inquiétude est palpable : le remaniement ministériel à Yaoundé ne semble plus suffire à apaiser les tensions post-électorales nées de la présidentielle de 2025.

Pendant que les négociations se poursuivent, l'administration tourne au ralenti. De nombreux ministres sortants, craignant d'être sacrifiés sur l'autel de cette ouverture contestée, ont déjà entamé la libération de leurs résidences de fonction. L'issue de cette crise dépendra de la capacité du pouvoir à imposer son nouveau gouvernement camerounais face à une opposition qui, pour la première fois, se sent portée par une légitimité populaire issue des urnes.

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