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Chantal Biya et Ferdinand Ngoh Ngoh sous pression au Cameroun : enjeux du pouvoir et critiques :: CAMEROON

Depuis l’annonce présidentielle du 31 décembre 2025 d’un remaniement ministériel imminent, l’arène politique camerounaise est plus que jamais agitée, suscitant des débats intenses sur l’exercice du pouvoir et les responsabilités des figures influentes du régime en place. Le Cameroun, dirigé par Paul Biya depuis plus de quarante ans, voit désormais ses institutions et ses pratiques politiques scrutées à la loupe à un moment crucial de sa trajectoire politique récente. La perspective d’un nouveau gouvernement intervient dans un contexte où des observateurs pointent la force symbolique de personnalités proches du chef de l’État, notamment Chantal Biya et Ferdinand Ngoh Ngoh, protagonistes d’une évolution que certains qualifient déjà de rupture avec les usages historiques du pouvoir camerounais. 

Traditionnellement, Paul Biya n’a jamais communiqué publiquement sur un remaniement ministériel de façon anticipée, ce qui alimente aujourd’hui des interprétations diverses sur les enjeux réels derrière cette annonce. À Yaoundé, plusieurs analystes soulignent que la réalité du pouvoir ne se limite plus à la figure du président lui-même, mais s’étend à son entourage politique immédiat. Dans ce cadre, Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la présidence, est décrit par certains comme un acteur central dont l’influence s’étend bien au-delà de ses fonctions officielles. La délégation permanente de signature accordée à Ngoh Ngoh dans les années passées, un décret pourtant jamais totalement publié, était déjà considérée comme un signe de la confiance particulière qu’accorde Paul Biya à ce fidèle collaborateur et, dans certains cercles, comme un moyen d’assurer la continuité du pouvoir au sein du cercle rapproché de la première famille.

Dans cette dynamique politique où les critiques se multiplient, une partie de l’opinion publique accuse Chantal Biya d’être également une figure influente derrière les décisions politiques, participant, selon ces voix critiques, à configurer des orientations stratégiques qui devraient relever des institutions démocratiques. Si ces accusations sont contestées par des sources officielles, elles reflètent une inquiétude croissante parmi des citoyens camerounais qui estiment que le pouvoir s’éloigne des pratiques institutionnelles classiques et s’apparente davantage à un contrôle étroit par un petit cercle d’alliés. 

L’annonce du remaniement ministériel et la manière dont celle-ci est interprétée sur le plan politique démontrent à quel point le climat camerounais est sensible à toute perception d’ingérence ou de concentration du pouvoir. Dans un pays où des protestations ont déjà éclaté après la réélection de Paul Biya à un long huitième mandat, et où des voix s’élèvent contre ce qu’elles considèrent comme une transition politique subie plutôt que choisie, les discussions sur les rôles respectifs de Chantal Biya et de Ferdinand Ngoh Ngoh ne sont pas seulement des spéculations anodines, mais des éléments d’un débat plus large sur l’avenir institutionnel et démocratique du Cameroun. 

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