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CAMEROUN :: André Blaise Essama incarcéré sans chef d’accusation depuis novembre 2025 :: CAMEROON

L’activiste camerounais de renom, André Blaise Essama, croupit derrière les barreaux dans des conditions qui défient l’État de droit. Arrêté le 7 novembre 2025 et écroué à la prison de New-Bell à Douala, il est toujours détenu ce 8 janvier 2026, sans qu’aucun titre de détention formel ne justifie son incarcération auprès de la justice.

Son avocate, Laure Noutchang, révèle une situation juridique alarmante. Essama a d’abord été placé en garde à vue administrative pour quinze jours sur ordre du gouverneur de la région du Littoral. À l’expiration de ce délai, aucune prorogation légale n’a été notifiée, et aucun mandat de dépôt n’est venu régulariser sa situation devant un juge. Pourtant, la loi camerounaise est claire : en pareil cas, le juge a l’obligation de libérer immédiatement le détenu. Son dossier a été renvoyé au 14 janvier 2026 pour de nouvelles réquisitions du ministère public.

Cette détention arbitraire intervient dans un contexte politique tendu, quelques mois après l’élection présidentielle contestée d’octobre 2025. Selon un premier rapport, Essama a été arrêté après avoir diffusé une vidéo dénonçant les violences meurtrières contre des manifestants pacifiques par des forces loyalistes. Pour ses proches, cette incarcération s’inscrit dans un schéma de persécution vieux de plus de deux décennies, visant à étouffer toute critique du gouvernement.

Figure incontournable du militantisme, Essama est surtout connu pour son combat radical contre les symboles coloniaux. Surnommé « le combattant », il a décapité à sept reprises la statue du général français Philippe Leclerc à Douala, un acte qu’il revendique comme un devoir de décolonisation de l'espace public. Son objectif est de remplacer ces monuments par des hommages aux héros nationaux et panafricains. Ce combat lui a valu plus de 80 arrestations, des séjours en prison et de lourdes amendes au cours des vingt dernières années.

Le sort d’André Blaise Essama pose une question fondamentale qui dépasse son cas individuel : dans un État de droit, jusqu’où le pouvoir exécutif peut-il s’affranchir de la procédure judiciaire pour réduire au silence les voix dissidentes ?

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