Lampadaires à 1 million FCFA : le contrat opaque qui éclaire les dérives des marchés publics
© Camer.be : Toto Jacques | 02 févr. 2026 11:29:43 | 4233Un document présidentiel camerounais daté de janvier 2026 lève le voile sur une commande publique d'une opacité troublante. Il accorde, par procédure de gré à gré, un marché de 21,4 milliards FCFA à l'entreprise Sunna Design pour installer 21 500 lampadaires solaires. Ce simple projet d'éclairage public expose avec une clarté crue les dérives de gouvernance qui minent la gestion des deniers publics.
Une arithmétique vertigineuse et des comparaisons accablantes
Le coût unitaire calculé avoisine le million de francs CFA par lampadaire. Ce chiffre devient un scandale financier lorsqu'on le compare à des projets similaires. En 2021, la même entreprise a réalisé une opération quasi identique au Togo pour un coût unitaire de 524 000 FCFA, incluant la maintenance. Le prix au Cameroun est donc près de 90% plus élevé pour un équipement comparable. Cette disparité financière criante, sur des fonds publics, exige une justification transparente qui fait défaut.
La quadrature du cercle procédural
Le marché a été notifié directement par le Secrétariat Général de la Présidence, sur sollicitation de la ministre Ketcha Courtès, court-circuitant les mécanismes ministériels habituels. Le recours au gré à gré, normalement une exception pour l'urgence ou l'unicité technique, semble être devenu une règle pour des projets majeurs. Cette centralisation du pouvoir financier au sommet de l'État évite la mise en concurrence, prive l'État d'éventuelles économies et nourrit le soupçon systémique de favoritisme. La mention "Phase 1" laisse présager d'autres engagements colossaux via cette même voie détournée.
Le coût de l'opacité
Au-delà des chiffes, ce contrat symbolise un modèle économique à bout de souffle. Il décourage les entreprises locales compétitives, prive les caisses de l'État de ressources cruciales et sape la confiance des citoyens-contribuables. Lorsque la procédure supplante le résultat et que l'opacité remplace la reddition des comptes, le développement national lui-même s'éclipse. Jusqu'à quand les citoyens accepteront-ils de payer le prix fort pour des projets qui restent dans l'ombre ?
Lire aussi
Franck Biya reçoit un prince : le signal qui inquiète le camp Chantal Biya
Franck Biya reçoit Albert II à dîner, Paul Biya absent
Biya : la sinistrose d’un pays sans capitaine
Bastos : les restaurants où se décide le Cameroun
Oswald Baboke : le réseau qui protège le favori de Biya
Remaniement au Cameroun : la bombe Effoudou sur Ngoh Ngoh
Biya convoque Beti Assomo : l’affaire Zogo rattrape le Mindef
Procès Zogo : les rapports qui accusent Ngoh Ngoh
Conseil constitutionnel : Nama Remy, l'homme qui succède à Atangana
Mvondo Ayolo dément : « On ne cache pas la mort d'un chef d'État »
Canal de vie
POINT DU DROIT
partenaire
évènement
vidéo de la semaine
vidéo camer
il y a une semaine
Mfoula, l'ex-garde de Ngoh Ngoh, arrêté à Cotonou
« Un seul coup de poing, je te mets KO » : la vidéo qui enflamme Douala
Ebolowa : Samuel, 8 ans, retrouvé mort dans la rivière Lo'o
Tiriane Noah : « Le Cameroun est un volcan en éruption »
Colonel Ayissi Nanga Parfait: « Martin Savom a tenté de me faire assassiner»
il y a un mois
il y a un an