Actualités

Allo Docteur Diaspora économie françaiscamer françafrique Géopolitique insolite LE SAVIEZ-VOUS Panafricanisme Politique Sérail

Culture

Art cinéma livre musique

Expression libre

débat droit point de vue

Cameroun - Vin clandestin : la gendarmerie démantèle une usine à Bahouoc

La Gendarmerie nationale a démantelé une installation de production de vin clandestin à Bahouoc, dans le département du Ndé. Les autorités alertent sur les risques sanitaires.

La Gendarmerie nationale a démantelé une installation de production de vin clandestin à Bahouoc, dans le département du Ndé, région de l'Ouest. L'opération, baptisée « Colégion », a été menée dans ce groupement de villages situé à une dizaine de kilomètres de Bangangté.

L'activité a soulevé de « sérieuses inquiétudes » quant au respect de la réglementation et aux risques pour la santé publique, selon les autorités. Un an après les drames de Nkongsamba et Bangangté, la région de l'Ouest reste une plaque tournante du trafic d'alcool frelaté.

Bahouoc, paisible en apparence. En apparence seulement.

Ce que l'on sait de l'opération

L'information a été confirmée par les autorités. La Gendarmerie nationale a démantelé une installation de production de vin clandestin à Bahouoc, dans le département du Ndé, région de l'Ouest.

L'opération a été baptisée « Colégion ». Ce nom fait référence au commandant de légion de gendarmerie (Colégion), l'échelon de commandement qui a coordonné l'intervention.

Les autorités affirment que cette activité clandestine a soulevé « de sérieuses inquiétudes quant au respect de la réglementation et aux risques potentiels pour la santé publique ».

Nous n'avons pas pu obtenir de détails sur la quantité de produits saisis, le nombre de personnes interpellées ou l'identité des propriétaires du site. Aucun communiqué officiel détaillé n'a été publié à l'heure où nous écrivons ces lignes. Nous avons tenté de joindre la Légion de gendarmerie de l'Ouest. Sans succès pour l'instant.

Bahouoc : un village au cœur du Ndé

Bahouoc (ou Bawock) est un groupement de villages du département du Ndé, dans la région de l'Ouest. Il se situe en pays Bamiléké, à environ sept kilomètres du centre urbain de Bangangté, chef-lieu du département.

Le village compte six quartiers et près de 3 500 habitants. Il est dirigé par une chefferie traditionnelle. L'économie locale repose sur l'agriculture : manioc, banane plantain, piment, tomate, arachide.

Le département du Ndé est l'un des plus densément peuplés de la région de l'Ouest. Il compte plus de 300 000 habitants. Bangangté, sa capitale, est un carrefour commercial important.

C'est dans ce tissu rural et commerçant que le trafic d'alcool frelaté prospère. Bahouoc n'est pas un cas isolé.

Une région sous pression

L'Ouest est une zone rouge pour l'alcool frelaté. En juillet 2026, les douaniers camerounais ont démantelé deux unités clandestines de fabrication de vin et de whisky à Bandjoun, dans le département voisin du Koung-Khi.

Les bouteilles vides étaient ramassées dans les poubelles et les décharges publiques, lavées sommairement, puis remplies d'alcool, de colorants et d'arômes. Une fabrication artisanale dans une « insalubrité totale », selon les douanes.

En août 2026, une nouvelle opération de contrôle aux frontières a permis la saisie de 121 cartons d'alcool de contrebande.

En 2023, à Bangangté même, les autorités avaient détruit un stock de vin frelaté évalué à plus de 1,5 million de FCFA.

Bahouoc s'ajoute à cette liste. La question n'est plus de savoir si le trafic existe. Elle est de savoir comment l'arrêter.

Les risques sanitaires : ce que disent les analyses

Le vin frelaté n'est pas un simple problème de fraude fiscale. C'est un problème de santé publique.

Le Centre Pasteur du Cameroun a analysé plus de 100 échantillons de boissons commercialisées à Yaoundé. Résultat : 32,5 % dépassent le seuil de sécurité européen pour le méthanol (50 mg/L). Et 13,5 % affichent un degré d'alcool réel différent de celui indiqué sur l'étiquette.

Le méthanol, rappelle le Centre Pasteur, « présent accidentellement lors de la fermentation ou ajouté volontairement pour modifier le degré d'alcool, est dangereux : à forte dose, il peut entraîner la cécité, des lésions cérébrales ou la mort ».

Les symptômes d'une intoxication au méthanol sont d'abord discrets : maux de tête, vertiges, nausées. Puis viennent les troubles visuels, les convulsions, le coma. Un verre peut suffire. La dose létale est estimée entre 30 et 240 millilitres, selon les individus.

En 2016, au moins vingt-et-une personnes sont mortes dans l'Est du Cameroun après avoir consommé de l'alcool artisanal frelaté connu sous le nom d'« Odontol ».

Les alcools de fabrication clandestine contiennent parfois du méthanol ou d'autres substances toxiques utilisées pour accélérer la fermentation ou masquer le goût. Les conséquences peuvent être irréversibles.

Pourquoi le trafic persiste

Le vin frelaté est un business rentable. Les ingrédients coûtent presque rien : de l'eau, du sucre, des colorants, des arômes. Les bouteilles sont récupérées gratuitement dans les poubelles. La main-d'œuvre est informelle.

Le produit fini est vendu à des prix imbattables. Un sachet de whisky coûte environ 100 FCFA. Une bouteille de vin frelaté se négocie à quelques centaines de francs. Pour les ménages à faible revenu, c'est la seule option accessible.

« C'est un produit qu'on achète parce qu'il coûte moins cher. S'il disparaît, il faut aussi proposer autre chose pour remplacer, moins cher aussi », explique un consommateur de Douala, interrogé par nos confrères.

Derrière les sachets et les bouteilles, il y a aussi des vendeurs, des détaillants, des familles qui vivent de ce commerce. L'interdiction les priverait d'un revenu.

C'est tout le paradoxe de la lutte contre l'alcool frelaté : interdire le produit sans proposer d'alternative, c'est condamner une partie de la population à choisir entre la santé et la survie.

L'ultimatum du gouvernement

Face à la persistance du phénomène, le gouvernement a durci le ton. En juillet 2026, lors d'une descente dans une unité clandestine de production à Douala, Fuh Calistus Gentry, ministre intérimaire des Mines, de l'Industrie et du Développement technologique, a fixé un ultimatum.

Les fabricants illégaux ont jusqu'au 18 décembre 2026 pour se conformer aux exigences réglementaires ou mettre fin à leurs activités. Passé ce délai, les sanctions seront sans appel : fermeture définitive de toute structure non conforme.

Cet ultimatum vise particulièrement le « whisky en sachet », un produit interdit depuis 2014 mais toujours présent sur les marchés. Le ministre a annoncé la « fin définitive de la tolérance ».

Reste à voir si l'ultimatum sera appliqué. L'interdiction de 2014 n'a pas mis fin au commerce. Les opérations de la gendarmerie et des douanes se succèdent, mais le trafic persiste.

Ce qui reste à faire

Le démantèlement de Bahouoc est une victoire. Une victoire locale, dans une guerre qui se joue à l'échelle nationale.

Les autorités sanitaires le répètent : sans contrôle de qualité, sans traçabilité, sans alternative économique pour les producteurs et les consommateurs, le trafic trouvera toujours de nouveaux terrains.

Le Centre Pasteur recommande une surveillance systématique du méthanol dans les boissons alcoolisées. Une mesure coûteuse, mais nécessaire.

Le gouvernement a promis des sanctions. La gendarmerie a promis des opérations. Les douanes ont promis des contrôles.

Bahouoc est un rappel : la lutte ne fait que commencer.


Qu'est-ce que l'opération Colégion ?
« Colégion » est l'abréviation de « commandant de légion de gendarmerie ». L'opération Colégion désigne une intervention coordonnée par la Légion de gendarmerie de l'Ouest. Elle a permis le démantèlement d'une installation de production de vin clandestin à Bahouoc.

Où se trouve Bahouoc ?
Bahouoc (ou Bawock) est un groupement de villages situé dans le département du Ndé, région de l'Ouest du Cameroun. Il se trouve à environ sept kilomètres de Bangangté, en pays Bamiléké.

Quels sont les risques du vin frelaté pour la santé ?
Le vin frelaté peut contenir du méthanol, une substance toxique qui peut provoquer la cécité, des lésions cérébrales ou la mort. D'autres substances toxiques peuvent causer des intoxications alimentaires, des troubles digestifs sévères, des atteintes hépatiques et rénales.

Pourquoi le trafic d'alcool frelaté persiste-t-il au Cameroun ?
Le trafic persiste pour plusieurs raisons : les ingrédients coûtent très peu cher, les bouteilles sont récupérées gratuitement, la demande est forte en raison des prix bas, et l'activité fait vivre des vendeurs et des détaillants. L'interdiction sans alternative économique pousse le trafic à se maintenir.

Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp 

#VinClandestin #Bahouoc #Gendarmerie #Cameroun #SantéPublique
data-article="auto">

partenaire

Vidéo de la semaine

Nadine de Liège: Retour triomphal à Lille Août 2026

Flore de Lille prépare son 06 Novembre 2026 à Sarcelles près de Paris

TEETY TEZANO à STRASBOURG Juillet 2026

AZIZ MOUNDE: HOMMAGE A ALAIN LE MIGNON

GASTON KELMAN décrypte NDAP BIKOKOO à Paris

Vidéo

Jeunesse engagée : retour sur la finale du Challenge PDF à Bruxelles

WILFRIED EKANGA À BRUXELLES : Il explique les objectifs du PDF, du MRC et les défis à venir

Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires

Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise

Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur

il y a une semaine

il y a un mois

il y a un an