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Cameroun - Mama Comfort : son corps s'évapore à la morgue de Mount Mary

La famille de Mama Comfort se présente à la morgue de l’hôpital Mount Mary à Buea pour récupérer le corps de la défunte. Celui-ci a disparu. La police enquête. Récit. 

Comment le corps d’une mère de famille a-t-il pu disparaître de la morgue d’un hôpital de Buea, plongeant ses proches dans un cauchemar à quelques jours de son inhumation ?

La famille de Mama Comfort s’est présentée à la morgue de l’hôpital Mount Mary de Buea, vendredi, pour récupérer le corps de leur mère en vue de ses funérailles à Weh, dans le département de Menchum. Mais le corps n’était plus là. Un autre cadavre leur a été proposé, qu’ils ont refusé d’identifier comme le leur. L’avocat de la famille a dénoncé une situation de « confusion totale » sur Dash Radio Buea.

Ce drame intime, survenu à quelques jours de l’inhumation, soulève des questions glaçantes sur le fonctionnement des morgues au Cameroun. Comment une dépouille peut-elle s’évaporer ? Que cache ce nouveau scandale dans un hôpital de la région du Sud-Ouest, déjà marquée par des années de crise ?

Vendredi, le jour où tout bascule

L’enterrement devait avoir lieu ce week-end à Weh. La famille de Mama Comfort avait tout préparé : le cercueil, les fleurs, les chants, la nourriture pour les invités. Il ne restait plus qu’une formalité, la plus douloureuse : aller chercher le corps à la morgue de l’hôpital Mount Mary de Buea.

Mais vendredi, quand les proches se sont présentés, le corps de la défunte avait disparu. « La famille est arrivée pour la levée du corps, mais on leur a dit qu’il était introuvable », a confié leur avocat à Dash Radio Buea.

L’incompréhension a vite laissé place à l’horreur. Pour tenter de calmer la situation, le personnel de la morgue a présenté un autre corps à la famille. Un corps qu’ils ont immédiatement refusé. « Ce n’est pas notre mère », ont-ils répété, en larmes. 

Le corps de Mama Comfort : une disparition qui interroge

Cette affaire, aussi troublante qu’exceptionnelle, rappelle d’autres cas similaires au Cameroun. En janvier 2025, le corps de Ngono Ayina Honorine avait disparu de la morgue de l’hôpital central de Yaoundé, plongeant sa famille dans un cauchemar juridique et émotionnel. Plus récemment, en février 2026, l’affaire du corps disparu à l’hôpital central de Yaoundé a défrayé la chronique, la famille contestant la thèse de la confusion.

La disparition de Mama Comfort à Buea s’inscrit dans une série de dysfonctionnements qui touchent les morgues camerounaises. En octobre 2016, la morgue de l’hôpital régional de Buea avait déjà connu un problème de réfrigération, forçant les familles à récupérer d’urgence les corps de leurs proches. En avril 2025, à la morgue Prestige de Babadjou, une famille avait découvert que certaines parties du corps de leur défunt manquaient.

Ces incidents répétés interrogent sur la gestion des dépouilles dans les établissements de santé du pays.

L’enquête de la police de Buea

Face à l’émoi de la famille et à la gravité des faits, la police du premier district de Buea a ouvert une enquête. Les agents se sont rendus sur place et ont déjà entendu le gardien de la morgue. Selon des sources proches du dossier, il est le premier suspect dans cette affaire, même si aucune hypothèse n’est écartée à ce stade.

La direction de l’hôpital Mount Mary a tenté de gérer la crise en réunissant la famille. À l’issue de cette rencontre, un délai d’une semaine a été accordé aux équipes de l’hôpital pour localiser le corps de Mama Comfort. Les discussions ont également porté sur les frais déjà engagés par la famille pour les funérailles, une question sensible alors que l’inhumation est désormais compromise.

Mais pour la famille, ce délai est une épreuve supplémentaire. « Chaque jour qui passe est un jour de plus sans pouvoir enterrer notre mère dignement », a confié un proche, sous couvert d’anonymat.

Les zones d’ombre persistent

Plusieurs questions restent sans réponse. Comment le corps de Mama Comfort a-t-il pu quitter la morgue sans autorisation ? Y a-t-il eu une erreur d’identification ? Un corps a-t-il été remis à une autre famille par erreur, comme cela s’est produit à Yaoundé avec la famille de Ngono Ayina ? Le corps a-t-il été déplacé, voire volé ?

L’avocat de la famille a souligné que l’incident a provoqué « une confusion totale » au sein de l’hôpital. Il a également indiqué que la famille envisageait des poursuites judiciaires si le corps n’était pas retrouvé dans les délais impartis.

Un problème systémique ?

Ce drame local révèle un malaise plus profond. Les morgues camerounaises souffrent souvent d’un manque de moyens, de personnel qualifié et de procédures claires. En avril 2025, on dénombrait 63 corps abandonnés à la morgue de l’hôpital central de Yaoundé, certains depuis 2021. En janvier 2025, le corps d’Honorine Ngono Ayina, veuve Eyebe, a mystérieusement disparu alors qu’on s’apprêtait à faire la mise en bière.

Ces chiffres et ces affaires témoignent d’une gestion qui laisse souvent les familles dans le désarroi. Pour Mama Comfort et sa famille, l’attente est un supplice. La police de Buea promet de faire toute la lumière sur cette affaire, mais le temps presse. Le corps de la défunte doit être retrouvé pour que la famille puisse enfin faire son deuil.

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#Cameroun #Buea #MountMary #CorpsDisparu #Justice

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