Cameroun - Yaoundé : un militaire et un ex-policier dans un gang armé
© Camer.be : Toto Jacques | 07 Jul 2026 16:59:54 | 2134Quatre individus d'une dangerosité avérée un militaire en activité, un ancien policier révoqué et deux civils ont été présentés à la presse ce 7 juillet 2026 à Yaoundé pour des faits de vol aggravé en coaction et de détention illégale d'armes à feu. Une opération conjointe du Groupement spécial des opérations (GSO) et de la Division régionale de la police judiciaire du Centre a permis de démanteler ce réseau criminel qui alliait compétences tactiques et complicités civiles.
Ce 7 juillet 2026, sur l'esplanade de la Division régionale de la police judiciaire du Centre à Yaoundé, les professionnels des médias ont découvert des visages qu'ils n'auraient jamais imaginé croiser dans le viseur de la justice.
Quatre hommes. Des visages ordinaires. Des profils extraordinaires.
Un militaire en activité. Un ancien policier révoqué. Deux civils. Quatre hommes qui, ensemble, formaient un gang d'un genre nouveau une association de compétences tactiques et de complicités qui permettait de contourner la vigilance des patrouilles régulières pour commettre des vols à main armée dans la cité capitale.
Des armes de guerre saisies. Des méthodes violentes. Un mode opératoire rodé.
Mais derrière ces visages, une question plus large se pose : comment des hommes chargés de protéger la population ont-ils pu devenir les acteurs de l'insécurité qu'ils étaient censés combattre ?
Une présentation officielle qui en dit long
Ce mardi 7 juillet 2026, l'esplanade de la Division régionale de la police judiciaire du Centre (DRPJ-C) à Yaoundé a servi de cadre à une présentation officielle peu ordinaire. Quatre individus, dont la dangerosité a été qualifiée d'« avérée » par les autorités, ont été exhibés devant la presse.
Le groupe, démantelé par une opération conjointe du Groupement spécial des opérations (GSO) et de la DRPJ-C, se distingue par sa composition hybride et l'implication de professionnels des forces de sécurité :
- Un militaire en activité un soldat de l'armée régulière, censé protéger la nation, qui a choisi de terroriser ses propres concitoyens.
- Un ancien policier révoqué un agent de la force publique qui, après avoir été exclu de l'institution, a mis son expérience au service du crime.
- Deux civils des complices qui apportaient leur connaissance du terrain et leurs réseaux.
Cette association de compétences tactiques et de complicités civiles permettait au gang de planifier et d'exécuter des opérations d'envergure en contournant la vigilance des patrouilles régulières. Un mode opératoire qui rendait ce réseau particulièrement dangereux.
Les charges : des faits graves
Les charges qui pèsent sur ces quatre suspects sont lourdes :
- Vol aggravé commis en coaction des vols à main armée perpétrés en groupe, avec une violence qui laisse présager des méthodes intimidantes.
- Détention d'armes la possession illégale d'armes, probablement destinées à leurs forfaits.
- Port illégal d'armes à feu le transport et l'utilisation d'armes sans autorisation, un délit aggravé par la nature des armes saisies.
L'arsenal saisi : des armes de guerre
Le matériel et l'arsenal militaire utilisés lors de leurs forfaits ont été saisis et présentés comme pièces à conviction. Ces armes, qui leur servaient à intimider et à dépouiller leurs victimes, témoignent de la dangerosité du groupe.
La présence d'armes de guerre dans ce dossier n'est pas anodine. Elle indique que le gang ne se contentait pas de vols ordinaires il était équipé pour faire face à toute opposition, y compris aux forces de l'ordre.
Une opération d'envergure
Le démantèlement de cette cellule criminelle est le fruit d'une synergie d'action et d'un partage de renseignements précis.
L'opération a été menée conjointement par :
- Le Groupement spécial des opérations (GSO) une unité d'élite de la police camerounaise, formée pour les interventions les plus délicates.
- Les enquêteurs de la Division régionale de la police judiciaire du Centre (DRPJ-C) des professionnels du renseignement criminel.
Cette collaboration a permis de localiser, d'encercler et de neutraliser les suspects avant qu'ils ne commettent un nouveau forfait.
Une tournure judiciaire stricte
La suite de la procédure va désormais prendre une tournure judiciaire stricte. En raison de la présence d'un soldat de l'armée régulière parmi les présumés malfrats et de l'utilisation d'armes de guerre, le dossier quitte la compétence des tribunaux civils.
Les quatre prévenus seront traduits dans les prochaines heures devant le Commissaire du gouvernement près le tribunal militaire de Yaoundé, où ils répondront de leurs actes conformément aux lois régissant la justice militaire.
Un signal fort contre l'insécurité
Cette opération intervient dans un contexte où l'insécurité à Yaoundé et dans les grandes villes camerounaises est une préoccupation majeure des populations. La présence d'un militaire en activité et d'un ancien policier au sein d'un gang armé est particulièrement préoccupante, car elle révèle une porosité entre les forces de sécurité et le crime organisé.
Le démantèlement de ce réseau est un signal fort adressé à ceux qui, au sein même des institutions, seraient tentés de trahir leur serment pour servir des intérêts criminels.
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