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CAMEROUN :: Coupures à Douala : 80 % des zones impactées ont retrouvé le courant :: CAMEROON

Ce lundi 29 juin 2026, la Société Camerounaise d’Électricité annonce que plus de 96 % de Douala est réalimenté après les incidents techniques du week-end, mais des perturbations persistent dans quatre secteurs clés de la métropole.

Le noir recule, mais il n’a pas encore totalement disparu.

Depuis ce dimanche 28 juin 2026, des milliers de Doualais vivent au rythme des coupures d’électricité. Des usines à l’arrêt. Des commerces dans le noir. Des familles sans courant.

Ce lundi 29 juin, la SOCADEL a rompu le silence. Le constat est encourageant : 96 % de la ville est désormais réalimentée. Mais la bataille n’est pas terminée.

À Douala Ouest, la CIAC, MTN Pont du Moungo et Cimencam attendent encore le courant. À Douala Nord, Carrefour Tondè, Mangoula et Bonepoupa sont toujours dans le noir. À Douala Sud, le secteur de MTN Flash résiste. À Douala Est, la station-service Sopropec et ses environs restent privés d’énergie.

La SOCADEL a engagé une course contre la montre. Ses équipes sont mobilisées sur le terrain. Mais le réseau est fragile. Et le nœud de transport de Bekoko, saturé, freine la relance totale.

Plongée dans les coulisses d’une opération de rétablissement d’urgence.

Un week-end de tensions électriques

Le dimanche 28 juin 2026, Douala a été secouée par des interruptions de service massives. Des zones entières de la capitale économique ont été plongées dans le noir, paralysant l’activité industrielle et commerciale.

Face à cette crise, la SOCADEL, la nouvelle Société Camerounaise d’Électricité, créée en mai 2026 pour succéder à Eneo a dû réagir en urgence. Ses équipes techniques sont intervenues sur plusieurs installations lourdes de production et d’interconnexion.

Le bilan : 96 % de Douala réalimenté

Ce lundi 29 juin 2026, la SOCADEL a publié un communiqué officiel. Le constat est globalement positif :

- 96 % de la ville est désormais alimentée en électricité.
- 80 % des zones impactées ce dimanche ont été réalimentées.
- Les grandes lignes ont été remises en service après la correction de plusieurs défauts.

Les zones PK11 à PK30 et environs ont ainsi retrouvé le courant. De même, les secteurs de Souza, Dibombari, Bonjo, Bepele, Ndobo (Douala Ouest), Nkolbong (Douala Nord), Petite métisse Bonapriso (Douala Sud), et Yassa, CIMC, Japoma (Douala Est) ont été réalimentés.

Les points de résistance : quatre zones encore perturbées

Malgré ces avancées, des perturbations persistent. La SOCADEL a identifié quatre secteurs où les coupures résiduelles se concentrent :

Secteur  Zones concernées
Douala Ouest CIAC, MTN Pont du Moungo, Cimencam et environs
Douala Nord Carrefour Tondè, Mangoula, Bonepoupa et environs
Douala Sud MTN Flash et environs
Douala Est Station-service Sopropec et environs

Ces zones restent privées d’électricité en raison de défauts techniques résiduels sur certaines portions spécifiques des lignes de distribution secondaire, empêchant l’acheminement final du courant vers les transformateurs de quartier.

Le point névralgique : la saturation du nœud de Bekoko

Au-delà des défauts locaux, la SOCADEL pointe un problème structurel majeur : la congestion critique du nœud de transport de Bekoko.

Ce point névralgique, qui centralise et redistribue une part importante de l’énergie de la région du Littoral, souffre actuellement d’une saturation qui limite les capacités de transit et retarde la relance totale du système.

Cette saturation occasionne des rationnements dans les secteurs concernés. Elle révèle les fragilités d’un réseau de transport arrivé à ses limites.

Les lignes fragiles : un régime d’urgence déclaré

La SOCADEL a identifié plusieurs grandes lignes particulièrement vulnérables :

- La ligne D117 Massoumbou : remise en service mais fragile, elle fait l’objet d’une veille continue et de travaux de réhabilitation lancés en urgence.
- Les lignes D123 Malangue (Logbessou, Logpom) et D16 Malangue (Ndogbong conquête, Malangue, Beedi, PK10) : placées sous le même régime d’urgence de réhabilitation.

Ces lignes, essentielles à l’alimentation de vastes zones de Douala, nécessitent des investissements et des travaux de modernisation pour garantir leur fiabilité à long terme.

L’engagement de la SOCADEL : une mobilisation totale

Face à ces défis, la SOCADEL maintient une forte mobilisation de ses équipes. Les brigades d’intervention technique restent déployées sur le terrain pour :

- Mener les réparations nécessaires.
- Contourner les surcharges de réseau.
- Rétablir l’électricité dans les poches de résistance.

L’entreprise a lancé en urgence les travaux de réhabilitation des lignes fragiles. Elle poursuit également les opérations de recherche de défauts afin de rétablir le service dans les meilleurs délais.

Une transition sous tension

Cette crise intervient dans un contexte particulier. La SOCADEL, entreprise publique créée en mai 2026, a hérité d’un réseau vieillissant et d’un déficit financier mensuel estimé à 13 milliards de FCFA.

La transition d’Eneo vers la SOCADEL est un défi colossal. Comme le souligne un expert, « la SOCADEL deviendra comme le Port Autonome de Douala, la CNPS » une institution publique forte, mais qui doit surmonter des décennies de sous-investissement.

Par ailleurs, la mairie de Douala, sous la pression des coupures, a engagé le dialogue avec la SOCADEL. Le maire Roger Mbassa Ndine a reçu le nouveau Comité de direction de l’entreprise le 26 juin 2026, soulignant la nécessité d’« une gouvernance efficace, orientée vers les résultats ».

Perspective : vers une stabilisation durable ?

La SOCADEL promet de poursuivre ses efforts. Mais la question reste entière : les mesures d’urgence permettront-elles de stabiliser durablement le réseau ?

Les quatre zones encore touchées devraient être réalimentées dans les heures qui viennent, si les équipes techniques parviennent à résoudre les défauts résiduels. Mais la fragilité des grandes lignes et la saturation du nœud de Bekoko rappellent que le système électrique camerounais a besoin d’investissements massifs et d’une modernisation en profondeur.

En attendant, les Doualais retiennent leur souffle. Et la SOCADEL court contre la montre.

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