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CAMEROUN :: Dakolé Daissala : un patrimoine immobilier révélé 4 ans après sa mort :: CAMEROON

Quatre ans après le décès de l’ancien ministre et sénateur Dakolé Daissala, un notaire révèle dans un podcast détenir 17 titres fonciers appartenant au défunt et exige 5 millions FCFA pour les restituer à sa famille. Une affaire qui interroge le secret professionnel, la légalité des frais de conservation et l’éthique notariale au Cameroun.

Le 9 août 2022, le Cameroun perdait une figure politique historique : Dakolé Daissala, ancien ministre des Postes et Télécommunications, des Transports, et sénateur. On pleurait l’homme, son franc-parler, son ancrage dans l’Extrême-Nord. La famille a fait son deuil. L’héritage a semblé réglé.

Sauf que non.

Un notaire, Me Michel Kamthe, a surgi quatre ans plus tard. Pas par une lettre officielle. Pas par une convocation. Par un podcast. Il y annonce, au micro, qu’il détient « pas moins de 17 titres fonciers » au nom de Dakolé Daissala. Des documents administratifs de haute valeur, conservés secrètement pendant des décennies.

Et il pose une condition pour les restituer : un chèque de 5 000 000 FCFA.

La famille découvre une fortune insoupçonnée mais aussi un chantage posthume. Les questions fusent : pourquoi avoir attendu quatre ans ? Les frais de conservation sont-ils légaux ? Et que dit la déontologie des notaires ?

Bienvenue dans le feuilleton juridico-financier qui secoue le Cameroun.

L’affaire a éclaté non pas dans une salle d’audience, mais sur les ondes numériques. Dans un podcast récemment diffusé, Me Michel Kamthe, notaire de profession, a levé un coin du voile sur ce qui pourrait être l’une des successions les plus controversées de ces dernières années.

La révélation fracassante

« J’ai en ma possession 17 titres fonciers enregistrés au nom de Dakolé Daissala », a déclaré le notaire. Ces documents, acquis selon toute vraisemblance entre les années 1990 et 2000, représentent un patrimoine immobilier significatif. Pendant des décennies, ils ont sommeillé dans les coffres de l’étude notariale, à l’abri des regards y compris ceux de la famille du défunt.

Dakolé Daissala, décédé à Yaoundé à 79 ans, était une personnalité politique de premier plan. Fondateur du Mouvement pour la Défense de la République (MDR), il avait occupé des postes ministériels stratégiques sous le régime de Paul Biya. Homme de réseaux et de terrain, il laisse derrière lui une empreinte politique forte, mais aussi, semble-t-il, un patrimoine foncier que ses proches ignoraient totalement.

La condition qui fait polémique

Me Kamthe ne s’est pas contenté de révéler l’existence des titres. Il a annoncé son intention de se rendre prochainement auprès de la famille du défunt pour les restituer. Mais cette restitution a un prix : 5 000 000 FCFA (environ 7 600 euros).

Le notaire invoque des « frais de conservation » pour avoir gardé ces documents à l’abri pendant des dizaines d’années. Il refuse catégoriquement de céder les titres fonciers à la succession tant que cette somme n’est pas intégralement réglée par les ayants droit.

Trois questions brûlantes

L’affaire soulève au moins trois interrogations majeures, qui agitent déjà les spécialistes du droit et l’opinion publique.

1. Le secret professionnel face au droit des héritiers  
Le notaire est tenu au secret de son vivant. C’est une obligation déontologique fondamentale. Mais le décès du client lève normalement cette obligation à l’égard des héritiers légitimes. Pourquoi Me Kamthe a-t-il attendu quatre ans après la mort de Dakolé Daissala pour révéler l’existence de ces 17 titres ? Pourquoi ne pas avoir contacté la famille plus tôt ? Le silence prolongé interroge.

2. La légalité des frais de conservation  
Les émoluments et frais de garde des notaires sont strictement encadrés par des tarifs réglementés par l’État. Un montant forfaitaire de 5 millions FCFA, exigé comme condition sine qua non de restitution, s’apparente-t-il à des honoraires légitimes ou à une forme de rétention abusive de documents administratifs ? La question est au cœur du débat.

3. L’impact sur la succession  
L’apparition soudaine de 17 titres fonciers réévalue totalement la masse successorale de l’ancien ministre. Pour la famille, c’est à la fois une surprise et une source d’indignation : on ne découvre pas impunément un trésor caché assorti d’une rançon.

La position de la famille et des instances professionnelles

Contactés par voie de presse, les héritiers de Dakolé Daissala n’ont pas encore réagi officiellement. Mais selon des sources proches, le sentiment est à la colère. « On nous fait du chantage après quatre ans de silence », confie un proche sous couvert d’anonymat.

La Chambre nationale des notaires du Cameroun n’a pas non plus communiqué officiellement. Une saisine est probable. Les règles déontologiques interdisent en principe toute rétention de documents appartenant à une succession, sauf à justifier de frais réels et proportionnés.

Que va-t-il se passer ?

Me Kamthe a promis un déplacement imminent auprès de la famille. Ce face-à-face s’annonce explosif. Soit les héritiers acceptent de payer pour récupérer les titres et l’affaire pourrait être étouffée dans un accord confidentiel. Soit ils refusent et portent l’affaire devant la justice, voire devant la chambre disciplinaire des notaires.

Dans tous les cas, le notaire s’est exposé. Révéler des documents confidentiels dans un podcast peut être interprété comme une violation du secret professionnel. Exiger 5 millions FCFA peut être qualifié d’abus. Mais il est aussi le seul à pouvoir localiser ces titres fonciers une position de force incontestable.

L’ombre de Dakolé Daissala plane sur ce feuilleton posthume. Lui qui n’avait sa langue dans sa poche aurait sans doute eu un avis bien trempé sur la manière dont on traite son héritage.

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#DakoléDaissala #Cameroun #Succession #Notaire

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