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CAMEROUN :: MRC vs FDC : Simh accuse Atangana de détournement de 1,25 million en 2013 :: CAMEROON

C'est l'équation qu'Emmanuel Simh, vice-président du MRC, pose publiquement. Face aux déclarations de Denis Émilien Atangana qui affirmait avoir décliné une proposition de 100 millions FCFA de Maurice Kamto pour une investiture présidentielle , Simh sort une contre-accusation précise, datée, et documentée dans ses grandes lignes.

Ce que Simh affirme : les faits de 2013

En 2013, Denis Émilien Atangana conduisait une liste du MRC lors des élections municipales à Monatélé. Selon Emmanuel Simh, le parti avait intégralement financé les cautions des 25 candidats de la circonscription, pour un montant total de 1 250 000 francs CFA. La consigne était claire : ces sommes devaient être reversées dans les caisses du parti après le scrutin.

Au moment où le trésorier du MRC, Alain Fogue, se présente au Trésor Public pour récupérer les fonds, les cautions ont déjà été retirées. Par Atangana. Interpellé, ce dernier aurait justifié le prélèvement par la création d'une exploitation avicole. Son propre père se serait ensuite rendu au siège du MRC pour demander la clémence du président du parti.

L'affaire ne s'arrête pas là. Simh affirme qu'Atangana aurait ensuite présenté cet épisode comme une incarcération, se posant en victime auprès de l'opinion publique. Une version que le vice-président du MRC conteste formellement.

Le tribunal de Mfou, une rencontre fortuite, et un milliard demandé

Le deuxième volet du témoignage de Simh concerne la période pré-électorale de 2025. Croisant par hasard Denis Émilien Atangana au tribunal de Mfou, il dit avoir appris de sa bouche les détails d'une rencontre organisée chez le chef Biloa Effa, conseiller spécial de Kamto.

Lors de cette réunion, Atangana aurait exigé un milliard de francs CFA pour faire porter la candidature présidentielle de Kamto par son parti, le FDC. Il aurait précisé qu'il était prêt à accepter la moitié soit 500 millions et aurait sollicité Simh pour convaincre Kamto d'accepter cette somme.

Simh affirme n'avoir jamais transmis ce message. Il connaît, dit-il, les principes du président du MRC. Sa réponse à Atangana, qu'il qualifie ouvertement de « marchand d'investiture », aurait été la suivante : en refusant, il perdait une occasion de rentrer dans l'histoire, compte tenu des chances réelles de Kamto de remporter le scrutin.

Deux récits irréconciliables, une seule ligne de fracture

Ce que Simh oppose à la version d'Atangana est structurellement différent. Atangana affirmait publiquement avoir refusé 100 millions proposés par Kamto présentant ce refus comme une preuve de sa rigueur. Simh retourne l'argument : ce n'est pas Kamto qui proposait, c'est Atangana qui exigeait. Et pas 100 millions, mais un milliard, ramené à 500 millions en position de négociation.

L'écart entre les deux versions n'est pas cosmétique. Il inverse entièrement les rôles : demandeur contre offreur, victime contre prestataire, intégrité affichée contre monnayage assumé. Le détournement de cautions électorales allégué vient renforcer ce portrait en ajoutant une couche historique : si les faits de 2013 sont exacts, Atangana aurait une trajectoire de comportements contraires à l'éthique partisane.

Ce que cette séquence change dans le débat politique camerounais

À court terme, la déclaration de Simh complique sérieusement la posture d'Atangana. Jusqu'ici, le président du FDC occupait une position offensive : il avait parlé le premier, imposé ses chiffres, et contraint le MRC à se défendre. L'entrée en scène de Simh, avec un témoignage de première main et une date précise : le tribunal de Mfou modifie l'équilibre narratif.

Cette guerre de déclarations illustre une réalité structurelle de l'opposition camerounaise : l'absence de mécanismes institutionnels pour réguler les alliances, les investitures et les transactions financières entre partis. Tant que ces négociations se tiennent dans des salons privés, sans traçabilité ni arbitrage indépendant, elles produiront ce type de contentieux dont le seul arbitre est, in fine, l'opinion publique.

L'affaire Kamto-FDC ne porte pas que sur des chiffres qui divergent. Elle révèle l'absence de règles communes dans un espace politique où la parole d'un homme vaut exactement autant que la parole d'un autre ni plus, ni moins.

La forêt de Simh et la question sans réponse

En conclusion de son texte, Emmanuel Simh annonce qu'il retourne dans sa forêt où il n'a pas de réseau. La formule est pittoresque. Elle dit aussi quelque chose d'important : ce témoin-là n'est pas venu chercher la lumière. Il est venu corriger un récit qu'il estimait faux.

Reste la question centrale, que ni lui ni le MRC ni Atangana ne peuvent trancher seuls : dans cette affaire, qui peut prouver quoi et devant qui ?

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