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CAMEROUN :: Investiture Kamto-FDC : la guerre des versions éclate après une présidentielle sans lui :: CAMEROON

Il n'était même pas sur le bulletin de vote. Et pourtant, Maurice Kamto occupe encore le centre du débat politique camerounais, plusieurs semaines après la présidentielle du 12 octobre 2025. Au cœur de la polémique : une négociation d'investiture présidentielle qui aurait eu lieu dans un salon privé, entre le leader du MRC et Denis Émilien Atangana, président du FDC le Front Démocratique du Cameroun. Une rencontre dont les deux camps livrent des versions radicalement opposées.

Ce qui s'est passé selon qui parle

La déclaration d'Atangana est directe, presque provocatrice dans sa franchise. Il affirme que Kamto l'a personnellement sollicité; leur dernière rencontre remontait aux législatives et municipales de septembre 2013 pour obtenir l'investiture de son parti en vue du scrutin d'octobre. Atangana dit avoir d'abord demandé un milliard, puis 500 millions, pour « tester la détermination » du candidat. Kamto aurait alors proposé 100 millions, arguant que sa levée de fonds n'avait pas atteint les 6 milliards espérés. En contrepartie, les deux formations auraient envisagé de coaliser leurs listes pour les élections municipales et législatives à venir.

Le MRC renverse ce récit point par point. Dans un communiqué officiel signé par Roger Justin Noah, secrétaire général adjoint, le parti soutient qu'Atangana est celui qui a sollicité une audience via Biloa Effa, conseiller spécial de Kamto en proposant d'emblée d'« offrir » l'investiture FDC. Kamto, « qui connaît le personnage », aurait accepté par seul égard pour son conseiller. C'est lors de cette rencontre qu'Atangana aurait réclamé 500 millions, présentés comme destinés à ses propres échéances électorales. La réponse de Kamto aurait été catégorique : aucune négociation financière liée à une investiture ne sera jamais envisagée.

Une querelle de plus, mais pas anodine

Replacée dans son contexte, cette controverse dépasse le simple règlement de comptes entre ego politiques. Kamto n'a pas participé à la présidentielle du 12 octobre 2025 : sa candidature, déposée sous l'étiquette du Manidem après sa démission du MRC, a été rejetée par Elecam fin juillet, puis définitivement invalidée par le Conseil constitutionnel le 5 août pour cause de « pluralité d'investiture ». Le scrutin s'est tenu sans lui, et Paul Biya a été mal réélu avec officiellement 53,66 % des suffrages pour un huitième mandat consécutif.

Ce contexte d'exclusion rend l'affaire Atangana d'autant plus sensible. Si les faits relatés par le président du FDC sont exacts, ils suggèrent que Kamto a tenté de multiplier les investitures de substitution pour contourner les obstacles du code électoral une stratégie de survie politique compréhensible, mais vulnérable à l'instrumentalisation. Si c'est le récit du MRC qui est exact, alors Atangana a exploité l'urgence d'un adversaire affaibli pour monnayer une caution symbolique.

Dans les deux cas, la mécanique est identique : un parti sans poids électoral réel, un candidat en quête de légitimité formelle, et une transaction financière au carrefour des deux.

Le système à nu

Atangana lui-même le théorise sans détour : « aucun parti ayant des élus, au regard des charges et des sacrifices consentis, ne peut investir un candidat non militant gratuitement ». La phrase sonne comme une règle non écrite du jeu politique camerounais enfin énoncée à voix haute.

Le code électoral camerounais impose en effet que tout candidat à la présidentielle soit investi par un parti disposant d'au moins un élu local ou national. Le MRC, ayant boycotté les législatives et municipales de 2020, se retrouvait structurellement exclu du scrutin. D'où la démission de Kamto, son adhésion au Manidem, et les tentatives parallèles d'alliance avec d'autres partis. Kamto avait lui-même accusé le régime d'avoir « fabriqué un nouveau président du Manidem » pour créer artificiellement une pluralité d'investitures et bloquer sa candidature.

Dans ce contexte de manœuvres croisées, l'affaire FDC illustre les marges de négociation ou d'exploitation que crée un système électoral à géométrie variable.

Ce que cette polémique change et ce qu'elle révèle

La rhétorique de Kamto repose depuis des années sur la rupture avec les pratiques du régime en place. Une affaire de monnayage d'investiture même non prouvée, même démentie entame cette image dans l'électorat le plus exigeant sur le plan éthique. Le doute, une fois semé, résiste souvent aux démentis les mieux articulés.

Kamto a annoncé la clôture de sa levée de fonds et précisé que des dispositions sont en cours pour rembourser les contributions reçues un signal de repli organisé, pas de dissolution. Le MRC se repositionne pour les prochaines échéances. Mais sans élus, sans candidat officiel à la présidentielle, et désormais avec cette controverse publique, le parti doit reconstruire à la fois sa légitimité institutionnelle et sa crédibilité morale.

Quant au FDC, l'exposition d'Atangana est double : il s'est positionné en acteur lucide du marché des investitures, ce qui lui vaut à la fois une certaine visibilité et une réputation de faiseur d'affaires plutôt que de faiseur de roi.

La fracture qui demeure

L'opposition camerounaise est sorti de ce scrutin plus forte qu'elle ne l'était. Paul Biya, 93 ans, a été réélu par le concours de la cours constitutionnelle avec 53,66 % des voix, et son principal challenger, Issa Tchiroma Bakary , le vrai vainqueur , conteste des résultats qu'il qualifie de mascarade. Dans ce paysage, la guerre Atangana-Kamto ressemble à ce qu'elle est peut-être : deux acteurs qui se disputent l'histoire d'une défaite collective.

La vraie question n'est pas de savoir qui a téléphoné en premier. C'est de savoir si l'opposition camerounaise est capable, avant 2032, de construire autre chose que des coalitions de circonstance négociées dans des salons privés.

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