Vice-président au Cameroun : Simh dénonce une succession illégitime qui choque l'opinion :: CAMEROON
© Camer.be : Paul Moutila | 10 Apr 2026 16:31:46 | 1833Une réforme adoptée sans les Camerounais, selon l'opposition
Le 4 avril 2026, le Parlement camerounais réuni en congrès a voté une révision constitutionnelle majeure. Elle crée un poste de Vice-président de la République. Ce futur titulaire deviendra successeur constitutionnel du chef de l'État en cas de vacance du pouvoir. L'opposition parle de coup d'État institutionnel.
Ce que la réforme change concrètement
La révision constitutionnelle adoptée par les députés et sénateurs camerounais modifie l'ordre successoral au sommet de l'État. Jusqu'ici, la vacance du pouvoir était gérée par le président du Sénat. Désormais, un Vice-président de la République nommé par le chef de l'État assure cette succession. Ce Vice-président peut donc exercer la présidence pour la durée du mandat restant, sans avoir été élu par le peuple. Le texte a été largement voté par les parlementaires du RDPC, parti au pouvoir depuis 1985.
Le MRC, principale formation d'opposition dirigée par Maurice Kamto, a immédiatement qualifié la manœuvre de coup d'État constitutionnel. Une pétition a été lancée pour permettre aux Camerounais de s'exprimer sur la réforme.
Pourquoi l'opposition conteste la légitimité du processus
Me Emmanuel Simh, juriste et cadre du MRC, cible deux problèmes distincts. Le premier est procédural : une réforme de cette nature aurait dû, selon lui, passer par voie référendaire. Le second est démocratique : nommer un successeur potentiel à la présidence sans élection contredit le principe de souveraineté populaire.
Sa position est tranchée. Il déclare que les Camerounais ne comprennent pas qu'un président puisse désigner son remplaçant, lequel pourrait gouverner sans jamais avoir été élu. Il ajoute que seuls les cadres du RDPC défendent publiquement cette réforme, et qu'eux-mêmes n'y croient probablement pas.
Le débat sur la légitimité du Vice-président nommé cristallise ainsi une fracture politique profonde entre majorité parlementaire et opposition structurée.
Comment fonctionne le verrouillage constitutionnel
La révision constitutionnelle au Cameroun suit une procédure précise. Elle peut être adoptée par le Parlement réuni en congrès à la majorité des trois cinquièmes des membres, sans recours au référendum. C'est la voie choisie le 4 avril. Cette procédure est légale. Elle est aussi, selon les critiques, politiquement opaque.
Le référendum constitutionnel se définit comme la consultation directe du peuple sur une modification des règles fondamentales de l'État. En l'écartant, le gouvernement camerounais a légalement évité tout test populaire sur une réforme qui touche directement à la transmission du pouvoir suprême. Me Simh souligne que c'était pourtant le seul moyen de vérifier si les Camerounais approuvaient réellement le texte.
La pétition lancée par le MRC vise précisément à combler ce déficit de consultation citoyenne. Son impact réel dépendra de sa portée et de la réponse des institutions.
Une succession sous tension dans un Cameroun vieillissant au sommet
À court terme, dans les six à douze prochains mois, la désignation effective d'un Vice-président de la République au Cameroun sera scrutée comme un signal politique majeur. Le profil du futur titulaire révélera les intentions du président Paul Biya, en exercice depuis 1982, sur la question de sa succession.
À moyen terme, sur trois à cinq ans, cette réforme redessine le paysage politique camerounais. Elle crée un mécanisme de transmission du pouvoir qui contourne l'élection directe pour la succession en cours de mandat. Si ce Vice-président venait à exercer la présidence, sa légitimité démocratique serait immédiatement contestée par une partie significative de la population et de la communauté internationale. Le risque d'une crise institutionnelle post-Biya augmente mécaniquement si la réforme n'est pas accompagnée d'un consensus politique plus large.
Le peuple camerounais sera-t-il consulté un jour ?
La question posée par Me Simh dépasse le débat juridique. Elle touche à la confiance des citoyens dans leurs institutions. Une constitution modifiée sans référendum peut être légale. Elle n'est pas nécessairement légitime aux yeux de ceux qu'elle gouverne. La pétition du MRC trouvera-t-elle un écho suffisant pour forcer un débat public réel ? Ou la réforme s'installera-t-elle dans les faits, sans que les Camerounais aient jamais eu leur mot à dire ?
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
#cameroun #constitutionCameroun #MRC #vicepresident #politiquecamerounLire aussi
:: Gouvernance : le Cameroun à la croisée des chemins
:: L’ancien camarade de Jean Mbouendé qui l’accompagnait souvent au comité directeur à Kumba, Ngounou
:: Créer une Chambre de Métiers comme levier de transition vers une économie formelle
:: Origine du terrorisme pré-indépendance en pays Bamiléké
:: Affaire Joyce Nawal: Éclairage technique sur l'horodatage des vidéosurveillances
LE DéBAT
Afrique -Débat: Pourquoi la crise anglophone persiste au Cameroun? :: AFRICA
AFRIQUE :: Divorces dans la diaspora camerounaise en Europe : explications ? :: AFRICA
AFRIQUE :: Quand est-ce les Camerounais prendront enfin leurs responsabilités pour la gestion de leur équipe? :: AFRICA
Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ? :: AFRICA
Canada - Cameroun, Liberté de manifestation partisane au Cameroun : Encore une incurie liberticide de Biya Paul ?
POINT DU DROIT
CAMEROUN :: La problématique du changement de nom en droit comparé :: CAMEROON
Les étapes et les frais de procédure du morcellement d'un terrain au Cameroun :: CAMEROON
L'obtention d'un titre foncier au Cameroun à l'issue d'une vente de terrain :: CAMEROON
Le jugement supplétif de rectification d'acte de naissance au Cameroun :: CAMEROON
CAMEROUN :: La procédure d'achat d'un terrain titré dans la ville de Yaoundé :: CAMEROON
partenaire
Vidéo de la semaine
HERVE MATHOUX SON REGARD SUR LE FOOT AFRICAIN SES 10 DERNIRERE ANNEES
Dr Christian TCHAM entretien après la conférence de presse à Paris
Dr Christian Tcham à propos de Mesitraining
MBOU MBOU EMILE ancien Lion Indomptable...l'entretien avec Sopieprod
Christophe TAPA DE LA CCFNA dévoile les contours d'un événement fédérateur
Vidéo
Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires
Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise
Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur
Valsero rend hommage à Anicet Ekanè et analyse le peuple camerounais à Bruxelles
Marianne Ekanè interpelle Nathalie Yamb
il y a une semaine
SÉNÉGAL :: Diomaye Faye limoge Sonko et dissout son gouvernement :: SENEGAL
CAMEROUN :: Douala : un féticheur surpris en pleine incantation dans une maison neuve à Yassa :: CAMEROON
SÉNÉGAL :: Sonko et Diomaye : quand le pouvoir brise les alliances qui ont fait rêver l'Afrique :: SENEGAL
CAMEROUN :: Cabral Libii cite MANG en justice pour 1 milliard FCFA et faux electoral :: CAMEROON
CAMEROUN :: Port de Douala : -11% d'escales, Kribi +19% . La crise qui menace 350 milliards FCFA :: CAMEROON
il y a un mois
Gabon : résiliation du contrat avec Intershipping Services pour reprise du pavillon national
Revalorisation du SMIG au Cameroun : l’annonce qui relance le débat sur le pouvoir d’achat :: CAMEROON
ÉTATS-UNIS :: Portrait: Quand survivre devient une mission : la voix d’Annick Fotsi :: UNITED STATES
CAMEROUN :: John Ngu Foncha : pourquoi l’affirmation d’une vice-présidence sans élection est une contre-vérité :: CAMEROON
CAMEROUN :: Issa Tchiroma admet la paupérisation des fonctionnaires et les appelle à refuser la corruption :: CAMEROON
il y a un an