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Vice-président au Cameroun : la guerre des clans pour une succession de gré à gré :: CAMEROON

Une Constitution modifiée, une succession programmée

Le 1er avril 2026, le Bureau de l'Assemblée nationale convoque le Parlement en Congrès pour le 2 avril. L'ordre du jour tient en cinq mots : modifier certaines dispositions de la Constitution. Derrière ce laconisme juridique se joue un basculement historique : la création d'un poste de vice-président de la République du Cameroun.

Ce qui se passe, officiellement

L'arrêté est signé par Théodore Datouo, au nom du Bureau du Congrès. La séance est fixée à 11 heures au Palais des verres de Yaoundé. Le Parlement réuni en Congrès Assemblée nationale et Sénat fusionnés examinera une révision constitutionnelle initiée par Paul Biya.

Le recours au Congrès parlementaire camerounais n'est pas anodin. Il permet une adoption rapide, loin des procédures d'un référendum populaire. La majorité qualifiée des deux tiers est mathématiquement acquise grâce à la domination du RDPC dans les deux chambres. Le débat public est court-circuité avant même d'avoir commencé.

Pour de nombreux observateurs, cette révision constitutionnelle n'est pas un ajustement technique. C'est le pivot d'une stratégie de succession de gré à gré : désigner un successeur constitutionnel sans passer par le verdict des urnes.

La logique de la monarchie républicaine

Paul Biya gouverne le Cameroun depuis plus de quarante ans. La création d'une vice-présidence au Cameroun transformerait la mécanique de transition du pouvoir de façon irréversible. Actuellement, c'est le Président du Sénat qui assure l'intérim constitutionnel en cas de vacance. Ce dispositif laisse ouverte une fenêtre d'incertitude.

Une vice-présidence ferme cette fenêtre. Elle permet de désigner un successeur doté d'une légitimité exécutive immédiate, installé dans les rouages de l'État avant toute alternance. Certains observateurs qualifient cette transformation de conversion officielle d'une République en monarchie républicaine : une forme de gouvernance où la stabilité est achetée au prix de l'alternance démocratique réelle.

Le régime met le peuple camerounais et la communauté internationale devant le fait accompli. La vitesse d'exécution convocation le 1er avril pour un Congrès le 2 est elle-même un message politique : la délibération n'est pas le sujet.

La guerre des clans au palais d'Étoudi

Dans les couloirs du pouvoir, la question n'est plus de savoir si une vice-présidence sera créée. Elle est de savoir qui en bénéficiera. Plusieurs noms circulent avec insistance dans les cercles proches du sommet de l'État.

Franck Biya, fils du président, bénéficie d'une mobilisation organisée de ses partisans, surnommés les Franckistes, qui cherchent à transformer une filiation biologique en destin politique. Ferdinand Ngoh Ngoh, Secrétaire général de la Présidence, dispose d'une délégation de signature permanente qui lui confère une position d'influence réelle. Louis-Paul Motaze, ministre des Finances, et Samuel Mvondo Ayolo, directeur du Cabinet civil, gardien de l'agenda présidentiel, sont également cités.

Un cinquième nom revient avec une constance croissante : Oswald Baboke, directeur adjoint du Cabinet civil, décrit comme un proche du couple présidentiel. Selon des sources proches des cercles du pouvoir, Baboke n'occulterait plus ses ambitions. Il aurait même évoqué en privé une stratégie associant l'image du footballeur Samuel Eto'o à ses ambitions politiques une porosité entre institutions sportives et calculs de palais qui illustre la nature des jeux d'influence à l'œuvre.

Ce que cette révision engage concrètement

À court terme, si la révision est adoptée lors du Congrès du 2 au 5 avril 2026, la succession présidentielle camerounaise entre dans une nouvelle phase. Le nom du vice-président ne sera pas nécessairement rendu public immédiatement. Mais sa désignation, même différée, déplacera le centre de gravité politique du pays vers ce nouveau poste.

Les chancelleries étrangères, les investisseurs et les bailleurs de fonds observeront de près ce qui s'ensuivra. La légitimité du successeur désigné dépendra autant de son profil que de la manière dont la nomination sera présentée et gérée sur le plan international.

À long terme, cette révision constitutionnelle redessine le paysage politique camerounais pour une génération. Si le dauphin est choisi et installé, les partis d'opposition, les réseaux régionaux et les factions internes au RDPC devront reconfigurer leurs stratégies autour de ce nouvel axe de pouvoir. La transition politique au Cameroun ne sera plus une question ouverte. Elle sera une séquence planifiée, constitutionnalisée et juridiquement blindée.

La République qui se choisit un roi

Le Congrès du 2 avril 2026 n'est pas une procédure parlementaire ordinaire. C'est le moment où quarante ans de règne se projettent dans l'avenir sous forme de texte constitutionnel. La guerre des clans au sommet du pouvoir camerounais pour la vice-présidence révèle que les acteurs eux-mêmes le savent : celui qui obtiendra ce poste obtiendra l'État.

La vraie question que pose cette séquence n'est pas constitutionnelle. Elle est démocratique : un peuple de vingt-huit millions de personnes peut-il être placé devant le fait accompli d'une succession organisée sans son consentement, au nom de la stabilité ?

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