Shanda Tonme défend la mémoire de Maître Faustine Fotso
© Camer.be : La rédaction | 09 févr. 2026 10:12:45 | 3034A la suite du décès survenu le 6 février dernier de l'avocate aux barreaux du Cameroun et de Partis, Me Faustine VILLANNEAU CHEBOU KAMDEM, plusieurs réactions ont apparu sur les réseaux sociaux avec pour dénominateur commun, les critiques envers cette dernière.
Shanda Tonme, par ailleurs Médiateur Universel, Président de la Commission indépendante contre la corruption et la discrimination (COMICODI)et Président du Mouvement Populaire pour le Dialogue et la Réconciliation (MPDR), rappelle que "le règne des commérages, des intrigues, des inquisitions et des diffamations qui sévissent dans une sorte d’impunité total" doivent cesser. Il invite les uns et les autres à "respecter la mémoir des morts"
L'intégralité de son texte en dessous.
Ces lâches qui n’ont aucun respect pour la mémoire des morts. Quand les réseaux sociaux deviennent un lieu de salissures infectes
EN DEFENSE DE LA MEMOIRE D’UNE BRAVE, AFFECTUESE, TRES BRILLANTE ET EXCEPTIONNELLE COMPATRIOTE. MAITRE FAUSTINE FOTSO FOR EVER
Les sociétés en perdition ont ceci de commun, le règne des commérages, des intrigues, des inquisitions et des diffamations qui sévissent dans une sorte d’impunité totale. Et quand bien même, quelques sanctions arrivent, elles sont tellement insuffisantes, légères et tardives, que des voyous et des salauds adeptes des trésors des poubelles, persistent dans le sale boulot et continuent de perturber la tranquillité de gens intelligents, d’honnêtes chefs de famille, des professionnels sans histoires et des naïfs apeurés. En sommes-nous éloignés ?
Je commence par m’incliner devant la mémoire d’une grande dame, une femme entre les femmes et une mère en tous points précieuse. Je m’en voudrais lourdement si je n’évoquais pas la juriste, la praticienne passionnée qui récitait ses procédures à chaque rencontre et enseignait le droit debout partout où elle avait la plus petite écoute. Une vraie bavarde, mais alors, une bavarde utile, entière et rompue dans l’art de la communication de proximité. Il suffisait qu’elle vous découvre distrait pendant son sermon, et elle vous bougeait, vous tenant à l’occasion par la main, vous obligeant à la fixer dans les yeux.
Dire qu’à cet âge, où la maturité du juriste commence seulement à s’exprimer et à s’étaler devant les prétoires, elle constituait déjà une terreur pour les magistrats c’est peu dire, mais c’est dire la vérité. Elle les suivait même après les audiences, jusque dans leur cabinet, pour réitérer des éléments de sa plaidoirie.
Elle, c’était Maître FAUSTINE FOTSO. Qu’on l’aime ou pas, elle s’imposait, elle captivait, elle en faisait voir de toutes les couleurs, pas pour ses tenues choisies, pas seulement pour ses lunettes qu’elle savait varier, mais mieux pour son esprit, son immense culture, son attachement à la chose publique et au destin de la nation. Politique avant l’heure, elle était. Juriste de vocation, si. Personnalité publique multidimensionnelle, oui.
Elle, elle s’en est allée, des suites d’un de ces accidents, qui enlèvent à la cité, à la communauté, au pays, à la famille, au monde et à la vie tout court, un genre de trésor insoupçonné mais amplement partagé et vénéré.
Ce vendredi 5 janvier 2026, lorsque l’information commence à circuler dès midi, la consternation est totale, le souffle de nombre de compatriotes, amis, connaissances et membres du barreau, entre dans une transe indescriptible. Maître FAUSTINE FOTSO est bien morte et nous ne la reverrons plus qu’en souvenirs, mille souvenirs, des remords, des pensées, des regrets, des cris étouffés.
Maintenant, voyons, le temps de tels morts, est aussi et forcement le temps du recul, d’une certaine convivialité et d’une piété absolue. D’où vient-il que le sang n’a même pas séché sur ses entrailles blessés et charcutées, que des hiboux prennent d’assaut les réseaux sociaux pour souiller sa mémoire, pour s’attaquer à sa vie, pour humilier et travestir son genre humain ?
Nous sommes tous certes faillibles, et nous avons tous une histoire, mais de grâce, quel que soit le degré de pourriture de votre éducation et quels que soient vos rancœurs et désir de vengeance, je vous invite à respecter la mémoire de cette grande dame, cette sœur d’exception, ce mort et ce juriste de talent.
La mort est un destin commun, et savoir assumer le temps du deuil et le respecter pour tranquillité de la mémoire de ceux qui s’avancent, devrait être la culture la plus partagée. ADIEU FAUSTINE. Tu laisses derrière, des relations solides et sûres./.
Yaoundé, le 08 février 2026
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