Cameroun - 21 novembre 2016- 21 novembre 2025: Il y a 9 ans, la coffin revolution à Bamenda
© Camer.be : Hugues Seumo | 21 Nov 2025 21:10:55 | 2727Il y a neuf ans, avant que la guerre n’éclate dans les régions du NOSO, Mancho Bibixy Tse a participé à l’organisation de la coffin revolution, à Bamenda, chef lieu de la région du Nord-ouest, pour dénoncer les discriminations contre les anglophones au Cameroun. Arrêté quelques semaines plus tard, il croupit depuis lors dans la prison de Kondengui.
Ce 21 novembre 2016, les rues de Bamenda connaissent une agitation peu commune. Depuis un mois et demi, des associations d’enseignants, d’avocats et d’étudiants réunies au sein du Cameroon Anglophone Civil Society Consortium (CACSC) ont lancé une grève pour dénoncer la « francophonisation » des systèmes juridiques et éducatifs.
Ce 21 novembre, un homme se tient debout dans un cercueil blanc posé sur le toit d’une voiture à l’arrêt et harangue la foule de curieux : « Nous sommes déjà morts entre les mains de la tyrannie. Il n’y a plus de raison d’avoir peur. Même de la mort. »
Mancho entre dans l’imaginaire collectif comme le sans-peur, rayonnant de vie, qui appelle les vivants pourtant morts à se réveiller. Il est l’un des leaders de la coffin revolution (Le nom provient d'un acte de protestation de l'activiste Mancho Bibixy, qui a tenu un cercueil ouvert à un rond-point pour dénoncer la marginalisation de sa communauté anglophone.).Ce mouvement qui dénonce les discriminations dont sont victimes les anglophones et se donne pour objectif de changer l’ordre institutionnel.
Le 19 janvier 2017, Mancho Bibixy est arrêté sans mandat. Des soldats armés entrent de force dans la maison d’un de ses amis où il est hébergé, lui mettent une cagoule et l’emmènent dans un véhicule sans lui laisser le temps de mettre ses chaussures ou de prendre ses papiers d’identité.
Fin mai 2018, après plus d’un an de procès et de nombreux ajournements d’audiences, le tribunal militaire de Yaoundé condamne Mancho Bibixy à 15 ans de prison pour « actes de terrorisme, sécession, propagation de fausses informations, révolution, insurrection, mépris des organismes publics et des fonctionnaires et hostilité contre la patrie ».
Cinq autres anglophones, jugés en même temps, ont été condamnés à de peines allant de dix à quinze ans de prison ferme. Un accusé a été acquitté pour « faits non établis ». Les six condamnés devront, en outre, payer solidairement une amende de 268 millions de francs CFA (près de 398 000 euros) à l’Etat et à la partie civile, auxquels s’ajoutent 31,7 millions (47 000 euros) de frais de procédure.
Le 15 août 2019, le groupe de travail sur la détention arbitraire des Nations unies, adopte un avis concernant Mancho Bibixy (Avis n°46/2019). Sa conclusion : « la privation de liberté de Mancho Bibixy est arbitraire ». Il a été arrêté sans mandat ni information sur les motifs de son arrestation. Il a été jugé devant un tribunal militaire qui ne relève pas du pouvoir judiciaire indépendant alors que le droit international interdit de telles pratiques concernant les civils. Il a été condamné sur la base d’accusations vagues et trop larges.
Le mécanisme des Nations unies appelle les autorités camerounaises à « libérer immédiatement Mancho Bibixy ». En vain. Il reste incarcéré à la prison centrale de Kondengui
Dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, les combats sont devenus quasi quotidiens entre les forces de sécurité camerounaises et des hommes armés se réclamant de « forces de restauration » d’un Etat anglophone qui avait brièvement vu le jour entre les deux guerres mondiales, sous mandat britannique.
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
#Criseanglophone #CameroonAnglophoneCivilSocietyConsortium #lacoffinrevolution #Bamenda #ManchoBibixy #ArrestationsarbitrairesLire aussi
- Des Russes se mobilisent pour sauver un étudiant camerounais
- Falaise de Dschang : deux corps ligotés retrouvés
- Cambriolage chez Luc Messi Atangana : non, il n'a pas été agressé
- Meridian Scatter Whale : cap sur l'excellence et les gains.
- ICT University ouvre un nouveau chapitre de partenariat avec l'enseignement supérieur au Cameroun
LE DéBAT
- Afrique -Débat: Pourquoi la crise anglophone persiste au Cameroun?
- Divorces dans la diaspora camerounaise en Europe : explications ?
- Quand est-ce les Camerounais prendront enfin leurs responsabilités pour la gestion de leur équipe?
- Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
- Canada - Cameroun, Liberté de manifestation partisane au Cameroun : Encore une incurie liberticide de Biya Paul ?
POINT DU DROIT
- La problématique du changement de nom en droit comparé
- Les étapes et les frais de procédure du morcellement d'un terrain au Cameroun
- L'obtention d'un titre foncier au Cameroun à l'issue d'une vente de terrain
- Le jugement supplétif de rectification d'acte de naissance au Cameroun
- La procédure d'achat d'un terrain titré dans la ville de Yaoundé
partenaire
Vidéo de la semaine
Flore de Lille prépare son 06 Novembre 2026 à Sarcelles près de Paris
TEETY TEZANO à STRASBOURG Juillet 2026
AZIZ MOUNDE: HOMMAGE A ALAIN LE MIGNON
GASTON KELMAN décrypte NDAP BIKOKOO à Paris
HERVE MATHOUX SON REGARD SUR LE FOOT AFRICAIN SES 10 DERNIRERE ANNEES
Vidéo
Jeunesse engagée : retour sur la finale du Challenge PDF à Bruxelles
WILFRIED EKANGA À BRUXELLES : Il explique les objectifs du PDF, du MRC et les défis à venir
Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires
Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise
Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur
il y a une semaine
France - PARIS CROISIÈRE – ACTE II : LA SEINE A VÉCU L'UNE DES PLUS BELLES NUITS DE LA CULTURE CAMEROUNAISE
Cameroun - Effoudou : « Ngoh Ngoh est l'auteur de l'assassinat »
Cameroun - 50 jours d'absence : Paul Biya est-il toujours au travail ?
Cameroun - Un pasteur voit en Cabral Libii le successeur de Paul Biya
Qui a volé les 44 tonnes d'or du Cameroun ?
il y a un mois
Cameroun - 44 tonnes d'or volatilisées : Nintcheu accuse les « hautes sphères »
Afrique - Burkina, Mali, Niger : la CPI craint un affaiblissement de la justice
15 tonnes d'or volatilisées : le scandale qui ébranle le Cameroun
Cameroun - Le ministre de la défense engage le BIR dans la sécurité et la protection des intérêts stratégiques
Or du Cameroun : la mafia est à la douane, pas à la mine
il y a un an