Cameroun - PRESIDENTIELLE 2025 L’UPC EN PLEINE TOURMENTE DEVANT LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL
© AFRIKSURSEINE : Ecrivain, Romancier Calvin DJOUARI | 05 Aug 2025 15:38:29 | 4011Ce mardi 5 août, le Palais des Congrès de Yaoundé a été le théâtre d’un épisode politique inédit, marquant un nouveau tournant dans la course à la présidentielle de 2025. Au centre des débats : l’Union des Populations du Cameroun (UPC), secouée par une crise d’investitures multiples, se retrouve divisée sur la scène juridique et politique. Trois candidats issus du même parti, le Pr. Jean Bahebeck, Abdouraman Hamadou Baba et Dominique Yamb Timba, ont chacun déposé une requête auprès du Conseil constitutionnel, contestant l’invalidation de leur candidature par le Conseil électoral. En toile de fond, une lutte d’influence autour de la légitimité des organes du parti. Lors de l’audience publique, le président du Conseil constitutionnel, Clément Atangana, a ordonné la jonction des trois recours en un seul dossier.
Fait notable, Robert Bapooh Lipot et Pierre Baleguel Nkot, deux figures majeures de l’UPC absentes au moment du dépôt des candidatures, sont intervenus volontairement pour soutenir la décision de rejet prononcée par le Conseil électoral. L’avocat d’Elecam, Me Joseph Atangana, a appuyé cette position en déclarant que le Conseil constitutionnel devait refuser les trois candidatures en question, au nom du respect de la légitimité des structures du parti. « Si ce problème n’est pas réglé aujourd’hui, nous risquons d’entrer dans les futures élections avec cinq présidents, cinq bureaux, chacun investissant ses listes dans les mêmes circonscriptions.
Ce serait la mort programmée de l’UPC », a alerté le Pr. Bahebeck, dans une intervention poignante. L’audience s’est achevée sur un climat tendu, marqué d’histoire et de mémoire politique. Certains commentateurs n’ont pas hésité à faire un parallèle avec les épisodes troubles des années 1992, évoquant trahisons et manipulations internes. Pour d’autres, l’UPC, fidèle à sa tradition combative, démontre une fois de plus sa force de résistance et sa centralité historique dans le paysage politique camerounais. Le Conseil constitutionnel a mis l’affaire en délibéré pour 15h30 ce même jour. Le sort du professeur Maurice Kamto qui s’était aventuré dans ce parti est plus que jamais scellé. l’homme politique a joué à un mauvais coup franc indirect qui est devenu direct cette fois-ci. Nous sommes dans l’irréalité la plus totale.
Au-delà des querelles internes, cette situation met en lumière le rôle controversé du ministère de l’Administration territoriale, accusé par certains de perturber le fonctionnement des partis politiques en modifiant leurs organes à sa guise. Un débat récurrent dans le paysage politique camerounais, où la légitimité institutionnelle des partis se confronte souvent à des ingérences administratives. Si certains s’interrogent sur la stratégie de candidats qui plaident pour le rejet de leur propre candidature, cela révèle surtout l’ampleur des divisions internes à l’UPC. À quelques mois de l’élection présidentielle, cette affaire pose une fois de plus la question du respect des règles démocratiques et de la cohérence des partis dans un contexte électoral décisif pour l’avenir du pays.
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