Cameroun, Regards: Mauvais citoyen, au feu !
© Quotidien Mutations : Georges Alain Boyomo | 06 Feb 2019 14:08:00 | 3206Depuis la veille de l’élection présidentielle, le débat public est charançonné par une intolérance sans doute inédite au Cameroun. La dernière actualité en rapport avec le
Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) nous conforte davantage dans la thèse selon laquelle la juste mesure est désormais la chose la moins partagée dans l’espace public.
Il faut choisir son camp, un point, un trait. Tel semble être le mot d’ordre qui transparaît des échanges sur les plateaux de radios et télévisions de la place et sur les réseaux sociaux.
Condamnez uniquement les bavures des forces de l’ordre au cours des « marches blanches » à Douala, vous êtes du bon côté de l’Histoire.
Condamnez également le saccage de certaines ambassades du Cameroun en Europe par la Brigade anti-sardinards (Bas), mollement sinon botté en touche par certains objecteurs de conscience, et vous êtes à côté de la plaque !
Dénoncez les interdictions quasi-systématiques des manifestations et réunions publiques de l’opposition, porteuses de surchauffe sociale, vous faites la courte échelle à Kamto.
Dénoncez la dérive ethno-tribale portée par des individus aisément identifiables sur les réseaux sociaux, vous voulez exclure ou maintenir un groupe au pouvoir.
Remettez en cause le verdict du Conseil constitutionnel à l’issue de la présidentielle 2018, vous vous verrez tresser des couronnes dignes de célèbres rois. Dites que cette élection est derrière nous et qu’il est temps de passer à autre chose, mauvais citoyen, au feu ! La sentence tombe tel un couperet.
Ce manichéisme triomphant nous rappelle cette saillie de George W. Bush au lendemain des attentats terroristes du 11 septembre 2001, au plus fort de sa croisade contre l’Irak, alors accusée d’abriter des armes de destruction massive. « Soit vous êtes avec nous, soit vous êtes contre nous », avait déclaré l’ancien président américain.
Aujourd’hui, certains esprits retors tendent à scinder le Cameroun entre l’axe du Bien et l’axe du Mal. Ces ultras oublient ou s’abstiennent de poser les vrais diagnostics et d’envisager les actions et les solutions qui en découlent.
Une constante qui pourrait aider à la réflexion stratégique. Dans leur grande majorité (cela ne procède pas d’un sondage, mais d’une observation empirique), les Camerounais aspirent à un mieux-être et souhaitent que leur pays change, en bien. Un air de « dégagisme » flotte dans l’air. En chœur, le peuple semble même s’approprier cette assertion : « sortons les sortants ».
Les « aspirants » doivent être portés par le souffle de cette majorité silencieuse qui appelle au changement, en privilégiant la modalité pacifique et démocratique. Ils doivent donc s’appliquer à rassembler, à fédérer, du moins à travailler patiemment pour incarner le consensus national. « Le septennat qui vient de commencer devrait être
décisif pour notre pays. Il pourrait même être l’un des moments les plus importants de notre histoire depuis notre indépendance ». Le message subliminal qu’on peut déceler de ce propos du chef de l’Etat à l’entame de son message du nouvel an 2019 à la nation résonne, toutes proportions gardées, comme celui contenu dans la fable « Le laboureur et ses enfants ». Les « prétendants» doivent s’en saisir et se garder de vendre l’héritage de paix et d’unité nationale qu’ont laissé les père-fondateurs du Cameroun. Il s’agit plutôt de le renforcer pour en faire un « fonds de commerce » politique.
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi
LE DéBAT
- Afrique -Débat: Pourquoi la crise anglophone persiste au Cameroun?
- Divorces dans la diaspora camerounaise en Europe : explications ?
- Quand est-ce les Camerounais prendront enfin leurs responsabilités pour la gestion de leur équipe?
- Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
- Canada - Cameroun, Liberté de manifestation partisane au Cameroun : Encore une incurie liberticide de Biya Paul ?
POINT DU DROIT
- La problématique du changement de nom en droit comparé
- Les étapes et les frais de procédure du morcellement d'un terrain au Cameroun
- L'obtention d'un titre foncier au Cameroun à l'issue d'une vente de terrain
- Le jugement supplétif de rectification d'acte de naissance au Cameroun
- La procédure d'achat d'un terrain titré dans la ville de Yaoundé
partenaire
Vidéo de la semaine
Nadine de Liège: Retour triomphal à Lille Août 2026
Flore de Lille prépare son 06 Novembre 2026 à Sarcelles près de Paris
TEETY TEZANO à STRASBOURG Juillet 2026
AZIZ MOUNDE: HOMMAGE A ALAIN LE MIGNON
GASTON KELMAN décrypte NDAP BIKOKOO à Paris
Vidéo
Jeunesse engagée : retour sur la finale du Challenge PDF à Bruxelles
WILFRIED EKANGA À BRUXELLES : Il explique les objectifs du PDF, du MRC et les défis à venir
Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires
Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise
Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur
il y a une semaine
Monde Entier - Extrême droite : le tsunami qui change l'Europe
Cameroun - Qui est vraiment Junior Biya ?
Cameroun - TCS vidé : complicité interne présumée dans un casse spectaculaire
Cameroun - Décès de Dorothée Temou Eboa à Dakar : le drame
Cameroun - OMP : « Une loi pour l'opposition, une pour le RDPC ? »
il y a un mois
Cameroun - Effoudou : « La DGRE est venue me tuer en France »
Cameroun - Faux capitaine arrêté à Maroua : le butin militaire
Cameroun - Conflit Baboke-Ngoh Ngoh : la guerre cachée d'Etoudi
Cameroun - DGRE : Sani Mouhamadou aurait-il menti sur ses diplômes ?
Cameroun - Thomas Nkono : « Vive les Lionnes ! » après l'exploit
il y a un an