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Cameroun - Angouing salue « la grandeur » de la démission Kamto

Le magistrat Michel Ange Angouing salue la démission de Maurice Kamto du MRC, un « acte démocratique » qui doit apaiser le jeu politique camerounais.

Trois jours après la démission surprise de Maurice Kamto de la présidence du MRC, un haut magistrat camerounais y voit non pas un effacement, mais un geste fondateur pour la démocratie.

Le 8 septembre 2026, Maurice Kamto a quitté la tête du MRC. Le lendemain, à Yaoundé, un magistrat hors hiérarchie a pris la plume non pour commenter une crise, mais pour saluer un acte.

Dans une tribune signée le 9 septembre, Michel Ange Angouing, conseiller technique au ministère de la Justice et ancien ministre, affirme que ce départ « mérite bien de retenir l'attention des acteurs politiques ». Une lecture à contre-courant du récit dominant, qui présentait la démission comme un coup de tonnerre et une crise pour l'opposition. Et si le vrai sujet n'était pas la chute d'un homme, mais un test pour toute une classe politique ?

Opinion

Démission de Maurice Kamto : « un acte d'une très grande portée démocratique », selon le magistrat Michel Ange Angouing

Contexte : une double démission qui a surpris le pays

Le 8 septembre 2026, Maurice Kamto a adressé une lettre au Directoire national du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), annonçant sa démission de la présidence du parti « avec effet immédiat ». Quelques minutes plus tard, son premier vice-président, Mamadou Mota, a fait de même, dénonçant de son côté « l'acharnement et l'oppression » qu'exercerait le régime à son endroit.

Ce double départ intervient après des semaines de tensions avec le ministère de l'Administration territoriale (MINAT), qui refusait de reconnaître la légitimité de la convention du 21 décembre 2025 celle qui avait reconduit Maurice Kamto à la présidence du parti avec 95,44 % des suffrages. Une non-reconnaissance qui menaçait d'exclure le principal parti d'opposition des élections municipales et législatives de 2027.

Le Directoire du MRC a pris acte de ces deux démissions dans un communiqué signé par Roger Justin Noah. Tiriane Balbine Nadège Noah, deuxième vice-présidente, assure désormais l'intérim. Une convention nationale extraordinaire est déjà convoquée pour le 10 octobre 2026 à Yaoundé un délai resserré qui interroge sur la préparation réelle de cette transition.

(Pour aller plus loin sur le contexte politique : [lien interne vers l'article "Kamto démissionne, Biya s'accroche" hekok.org/camer.be] et [lien interne vers "MRC : la convention du 21 décembre 2025 contestée" camer.be].)

La tribune : un geste lu comme un modèle démocratique

C'est dans ce climat de crise que Michel Ange Angouing publie sa tribune, datée du 9 septembre à Yaoundé. Sa position magistrat hors hiérarchie, conseiller technique au ministère de la Justice, ancien ministre donne un relief particulier à son propos : celui d'une voix proche de l'appareil d'État qui choisit de saluer, plutôt que de commenter froidement, le retrait de deux figures de l'opposition.

L'auteur écrit vouloir « saluer ici la grandeur et l'humilité de ces hauts responsables politiques qui ont décidé même momentanément dans l'intérêt supérieur du parti, de redevenir des militants de base ». Une formule qui tranche avec les lectures qui présentent la démission comme un simple recul sous la pression administrative.

Pour Michel Ange Angouing, la politique « est un jeu » soumis à des règles et à un temps que les acteurs doivent respecter. Il y voit un principe simple : quand les objectifs d'intérêt général sont « oubliés pour satisfaire nos ego ou nos ambitions personnelles », la rupture s'installe entre le leader et sa base. C'est cette rupture, selon lui, que le geste de Kamto et de Mota viendrait précisément éviter.

Un plaidoyer pour un jeu politique « plus fluide, plus apaisé »

La tribune va plus loin qu'un simple hommage. Elle formule un espoir explicite : que la décision de Maurice Kamto dont l'auteur reconnaît qu'elle « pourrait être interprétée par certains comme un effacement » contribue à « rendre le jeu politique plus fluide, plus apaisé et plus vrai ». Elle appelle aussi les institutions chargées du processus électoral à gagner en sérénité et en crédibilité.

Michel Ange Angouing élargit son propos à l'histoire politique récente du pays. Il rappelle que le président Paul Biya, en ouvrant le Cameroun au multipartisme, a permis l'émergence des grandes figures de l'opposition qui structurent aujourd'hui le débat démocratique. Une lecture qui replace la démission de Kamto dans une continuité plutôt que dans une rupture.

Sa conclusion revêt une tonalité presque solennelle : « Du sommet à la base, chaque citoyen, chaque militant n'a qu'une seule voix dans le secret de l'isoloir. » Le texte s'achève sur un appel explicite à la paix sociale « Les Camerounais ont tous besoin de vivre en paix » et une « union de prières pour la santé et pour la paix ».

Ce que cette tribune révèle et ce qu'elle ne dit pas

Cette analyse reste, par construction, une opinion et non une enquête. Elle ne revient pas sur les motifs précis évoqués par Mamadou Mota, qui parle lui d'« acharnement » du régime une divergence de lecture notable entre les deux démissionnaires du même jour. Elle ne détaille pas non plus les modalités de la convention du 10 octobre, ni les scénarios de succession à la tête du MRC.

Ce que la tribune donne, en revanche, c'est un indicateur : la manière dont une partie de l'appareil d'État via la voix d'un ancien ministre toujours en fonction technique choisit de qualifier publiquement un événement politique majeur. Une lecture qui mérite d'être mise en regard des autres réactions, dans les prochains jours, au sein même du MRC.


FAQ

Pourquoi Maurice Kamto a-t-il démissionné du MRC ?
Dans sa lettre du 8 septembre 2026, il évoque « l'intérêt supérieur » du parti, de ses militants et du « Peuple du Changement ». Le contexte est marqué par un bras de fer avec le MINAT, qui contestait la légitimité de sa reconduction en décembre 2025.

Qui dirige le MRC après le départ de Kamto ?
Tiriane Balbine Nadège Noah, deuxième vice-présidente, assure l'intérim en attendant la convention extraordinaire prévue le 10 octobre 2026 à Yaoundé.

Que dit la tribune de Michel Ange Angouing ?
Elle qualifie la démission de Kamto d'« acte d'une très grande portée démocratique » et appelle à un jeu politique plus apaisé.

Mamadou Mota a-t-il démissionné pour les mêmes raisons que Kamto ?
Non explicitement : il évoque de son côté « l'acharnement et l'oppression » du régime, une formulation plus directement conflictuelle que celle de Kamto.

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