Gaspillage: Bien Commun et Pratiques Institutionelles au Cameroun
© Correspondance : Olivier J. Tchouaffe, PhD, Porte-parole Du CL2P | 01 Mar 2018 17:11:24 | 8472A propos des milliards de Fcfa dilapidés par le dictateur Paul Biya dans d'interminables séjours en Suisse
Le Cameroun est certainement un des rares pays au monde où les plus graves anomalies finissent par revêtir un sceau de normalité, au point d'installer le doute dans les têtes de celles et ceux encore dotés d'un minimum de raison.
J'essaye en effet de comprendre comment des personnes normalement constituées en arrivent - comme les dignitaires du régime de Yaoundé - à justifier les séjours prolongés en Suisse d'un président qu'ils prétendent avoir été élu sans discontinuer pendant 35 années par un peuple, qui est ainsi privé de plus de 90 milliards de FCFA alloués à ses frais d'hôtel à Genève, ses locations d'avions, et autres dépenses somptuaires...
Je veux bien ne pas critiquer pour critiquer, mais où est passé le sens de l'État chez ces commis d'administration? Comment peuvent-ils justifier un comportement qui sort de l'ordinaire républicain, au point de nous remplir littéralement de honte, car inconcevable pour n'importe quel chef de l'État, y compris des monarchies du Golfe?
Qu'avons-nous fait à M. Biya pour mériter ça?
En effet, cet état de choses ne peut s'expliquer que dans un pays où le bien commun a été privatisé et où le chef de l’État se considère au-dessus des lois. Au début de ses 35 ans de règne présidentiel, M. Paul Biya s'est présenté au Camerounais ordinaire comme l'homme de la Rigueur et de la moralisation comme axe du New Deal du « libéralisme communautaire», avec une vision de la société dominée par la rigueur dans la gestion des propriétés publiques et la moralisation de la société, mettant l'éthique du travail, la règle de loi, la liberté, les droits de l'Homme et les réformes économiques au centre de son projet politique. Pris ensemble, les valeurs qu'on nous a dit qu'il a appris et pratiqué en tant qu'ancien séminariste.
Ce genre de gaspillage trahit l'idéologie professée par le président. De plus, il trahit surtout tous les Camerounais ordinaires qui sont en prison au nom de la prévarication supposée des caisses de l'Etat.
En outre, ces déchets produits par le président Biya vont au-delà des utilisations matérielles. Il montre un régime dont les propres idéaux de « libéralisme communautaire » ont perdu leur sens et leurs valeurs. De plus, ce gaspillage repose sur l'idée qu'une grande partie de la population camerounaise serait effectivement constituée de citoyens de seconde zone, avec une capacité et un apport limités dans la production du droit et du pouvoir au Cameroun. Ainsi, il s'agit de la continuation de l'économie de plantation biopolitique coloniale, où le maître d'esclave obtient l'unique privilège et la jouissance exclusive du travail, puis de la création de richesses produites sur le dos des esclaves. Cela montre la nécessité de repenser les hiérarchies sociales contemporaines au Cameroun, à l'intérieur de la généalogie de cet État colonial qui se fait désormais passer pour un État moderne.
Dans ce contexte, M. Joseph Le directeur adjoint du cabinet civil à la Présidence pense rendre un service aux Camerounais en défendant le président. Mais en réalité ce qu'il est en train de faire réellement, comme vient de le souligner Joël Didier Engo, président du CL2P, c’est de justifier un régime d'exception. Tout ce qu'il fait en effet, c'est justifier la continuation de pratiques institutionnelles dérivées de la puissance coloniale et, dans le même temps, naturaliser les privilèges spéciaux du chef de l’État au détriment des Camerounais ordinaires.
Après 35 ans de cette gabegie, Ça suffit!
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi
LE DéBAT
- Afrique -Débat: Pourquoi la crise anglophone persiste au Cameroun?
- Divorces dans la diaspora camerounaise en Europe : explications ?
- Quand est-ce les Camerounais prendront enfin leurs responsabilités pour la gestion de leur équipe?
- Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
- Canada - Cameroun, Liberté de manifestation partisane au Cameroun : Encore une incurie liberticide de Biya Paul ?
POINT DU DROIT
- La problématique du changement de nom en droit comparé
- Les étapes et les frais de procédure du morcellement d'un terrain au Cameroun
- L'obtention d'un titre foncier au Cameroun à l'issue d'une vente de terrain
- Le jugement supplétif de rectification d'acte de naissance au Cameroun
- La procédure d'achat d'un terrain titré dans la ville de Yaoundé
partenaire
Vidéo de la semaine
Flore de Lille prépare son 06 Novembre 2026 à Sarcelles près de Paris
TEETY TEZANO à STRASBOURG Juillet 2026
AZIZ MOUNDE: HOMMAGE A ALAIN LE MIGNON
GASTON KELMAN décrypte NDAP BIKOKOO à Paris
HERVE MATHOUX SON REGARD SUR LE FOOT AFRICAIN SES 10 DERNIRERE ANNEES
Vidéo
Jeunesse engagée : retour sur la finale du Challenge PDF à Bruxelles
WILFRIED EKANGA À BRUXELLES : Il explique les objectifs du PDF, du MRC et les défis à venir
Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires
Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise
Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur
il y a une semaine
Monde Entier - David Lemos : « Le Mondial 2026 est le plus mercantile »
Espagne-Argentine : Ferran Torres offre la 2e étoile à la Roja
Monde Entier - Coupe du monde 2026:Kylian Mbappé termine meilleur buteur du tournoi avec 10 buts
France - Angers célèbre la solidarité : Tina Still réussit le pari d'un gala historique
Cameroun - Paul Biya : pourquoi les États-Unis et la France divergent
il y a un an