Cameroun - Enquêtes : Des anciens directeurs généraux de la BICEC au TGI de Douala
© LE QUOTIDIEN DE L’ECONOMIE : Sandrine Gaingne | 08 Dec 2016 12:38:03 | 7256Plusieurs restent sceptiques quant aux conclusions de ces auditions des ex-directeurs généraux de la Bicec convoqués au Tribunal de grande instance à Douala.
Il y a quelques jours, des anciens directeurs généraux de la Banque internationale du Cameroun pour l’épargne et le crédit (BICEC) ont été convoqués au tribunal de Grande instance du Wouri à Douala. Des directeurs généraux ayant été à la tête de cette filiale camerounaise du groupe bancaire français BCPE entre 2003 et 2015. C’est la période au cours de laquelle, les cas de détournement ont été enregistrés au sein de cette banque, d’après un rapport de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac) datant de 2016 et cité par l’hebdomadaire Jeune Afrique. Suite à cette convocation, l’on apprend auprès du personnel judiciaire que seul un des responsables a répondu présent à cette convocation.
Pendant ce temps, Innocent Ondoua Nkou, l’ancien directeur général adjoint de la Bicec, auditionné il y a quelques jours, menace. Ce dernier estime que les anciens directeurs généraux de la banque doivent également être mis aux arrêts, et dans le cas contraire, il doit aussi bénéficier de la même liberté que ces anciens dirigeants français. Mais, est-ce qu’il pourra être entendu ? La question mérite d’être posée surtout que la convocation des anciens directeurs généraux de la banque, a été bien accueillie au sein de la communauté camerounaise qui condamne depuis le début de cette affaire, le fait que ces responsables ne soient pas inquiétés.
« J’ai été heureux d’apprendre que ces anciens directeurs généraux ont été convoqués pour répondre de cette affaire. Parce que depuis le début, seuls les Camerounais avaient été inquiétés. Et si aujourd’hui, ils ont été convoqués, ça veut tout simplement dire que la justice camerounaise pense qu’ils ont leur part de responsabilité dans ces détournements. Car, comment comprendre qu’un détournement de 50 milliards se fasse dans une banque sans que les directeurs généraux de la banque ne soient au courant », s’interroge un banquier qui espère que cette convocation permette une fois pour toute de lever le voile sur la part de responsabilité des anciens directeurs généraux français de cette banque dans l’affaire de détournement de la somme de 50 milliards de FCFA.
Cependant, au-delà de ce satisfecit, des interrogations subsistent au sein de l’opinion publique et dans le milieu de la banque quant au dénouement de cette procédure judiciaire. Certaines personnes pensent d’ailleurs que ces convocations ne vont aboutir à rien de concret. « On risque de s’en tenir à une procédure qui condamne les Camerounais, et une condamnation par défaut des Français », craint un avocat.
On attend donc de voir quelle sera l’issue de cette convocation. L’on se souvient que l’affaire a débuté en début d’année avec une enquête ouverte au sein de la banque. Celle-ci avait permis d’identifier un réseau de détournement au sein de l’entreprise avec la complicité des partenaires externes de cette structure.
Des actes qui avaient causé à la BICEC un préjudice financier estimé à plus de 50 milliards de FCFA sur une période de 12 ans. Ce, au moyen de nombreuses surfacturations et des factures fictives, régulièrement payées à des prestataires «via un circuit hors procédure». A la suite de cette découverte, l’ancien directeur général adjoint de la banque avait été arrêté et écroué en prison en compagnie de quelques employés et prestataires extérieurs à la banque. Mais, seuls les Camerounais avaient été jusqu’ici inquiétés.
Avec la convocation des ex-directeurs généraux expatriés de la BICEC, c’est une autre tournure que vient de prendre cette affaire.
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