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CAMEROUN :: Mamadou Mota : « Biya a peur du MRC, voilà pourquoi il reporte les élections » :: CAMEROON

Lors d'une conférence de presse ce jeudi à Yaoundé, le vice-président du MRC, Mamadou Mota, a accusé le régime de Paul Biya de reporter les élections législatives et municipales par crainte de la force électorale de son parti, tout en réaffirmant la détermination du MRC à participer à toutes les échéances électorales.

Il est 10 heures, ce jeudi 25 juin 2026, au siège du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) à Odza, dans la banlieue de Yaoundé.

Mamadou Mota, vice-président du parti, prend la parole. Il ne lit pas de discours. Il assène des vérités.

Devant une salle comble de journalistes et de militants, il lance une accusation qui va faire trembler les couloirs du pouvoir : Paul Biya reporte les élections parce qu'il a peur du MRC .

« Le parti au pouvoir est en panne d'idées, de bilan et de souffle », assène-t-il .

Mais ce n'est pas tout. Mamadou Mota ne se contente pas d'accuser. Il défie. Il provoque. Il appelle le RDPC à accepter une compétition « conforme aux principes démocratiques ».

La bataille des urnes est déclarée. Et elle s'annonce explosive.

Un réquisitoire contre le régime

Le numéro deux du MRC a dénoncé ce qu'il appelle la « vieille méthode de la diversion » du pouvoir. Selon lui, le régime de Yaoundé tente de vendre aux Camerounais un « scénario de politique-fiction » pour masquer ses propres faiblesses.

« Quand on est incapable de masquer ses propres faillites, on invente une entreprise chez le voisin. C'est la triste réalité malheureusement » .

La cible principale du vice-président du MRC : les allégations du RDPC selon lesquelles la convention extraordinaire du MRC tenue en décembre 2025 serait illégale et Maurice Kamto un « président illégitime ». « À ces professionnels du mensonge, nous sommes venus, aujourd'hui, opposer une arme redoutable, une arme qui les terrifie, la vérité des faits », a-t-il martelé.

Le MRC « n'a aucun problème avec ses textes »

Face aux contestations internes et aux attaques du pouvoir, Mamadou Mota a tenu à rassurer : le MRC « n'a aucun problème avec ses textes ». Il a rappelé que, conformément aux statuts du parti, le MRC participera à toutes les échéances électorales, y compris les législatives et municipales.

« Aucune loi n'interdit à un parti en procès avec un ex-militant de prendre part aux élections ».

Le vice-président du MRC a également démontré, selon lui, « une discipline d'horloger » dans le fonctionnement du parti. Chaque texte, chaque amendement et chaque vote ont été « scrupuleusement déposés dans les règles de l'art auprès des autorités administratives ».

Le poids électoral du MRC : la victoire d'Issa Tchiroma

L'argument le plus percutant de Mamadou Mota repose sur un fait électoral récent. Selon lui, les militants du MRC ont joué un rôle déterminant dans la victoire d'Issa Tchiroma lors de la dernière élection présidentielle.

Cette performance démontrerait « une force électorale que le régime redoute ». C'est cette crainte qui expliquerait, d'après lui, les reports successifs du scrutin législatif et municipal.

Le défi lancé au RDPC

Mamadou Mota ne s'est pas arrêté là. Il a directement interpellé le parti au pouvoir :

« S'ils sont si forts, s'ils sont si sûrs de leur popularité, qu'ils cessent d'interdire nos réunions. Qu'ils nous affrontent à la régulière, sans triche, sans fraudes et sans béquilles administratives et policières ».

Un appel répété, alors que le MRC dénonce régulièrement les restrictions imposées à ses activités.

Le retour de Maurice Kamto : une source de tensions internes

Le contexte de cette déclaration est marqué par les remous internes au MRC. Le retour de Maurice Kamto à la tête du parti, en décembre 2025, a suscité des tensions.

Certains membres estiment que la réinstallation de Maurice Kamto à la présidence du MRC, après son bref passage au MANIDEM, constitue une violation des textes internes. Le départ temporaire de Kamto pour ce parti visait à contourner les obstacles administratifs du régime Biya afin de pouvoir se présenter à la dernière élection présidentielle.

Une convention extraordinaire tenue en ligne le 21 décembre 2025 a pourtant sanctionné sa réélection. La direction du parti affirme que des amendements ont été apportés aux statuts pour inscrire cette élection dans un cadre légal.

Mais la polémique persiste. Thierry Okala Ebode, cofondateur du MRC, conteste ce retour. Il s'interroge sur la conformité du mode d'élection, entaché pour lui « de graves irrégularités et incohérences ».

Le revers devant le Conseil constitutionnel

Dans ce contexte de tension, le MRC a essuyé un revers judiciaire. Le 17 juin 2026, le Conseil constitutionnel a déclaré irrecevable la requête du MRC contre la prorogation du mandat des conseillers municipaux.

Le parti de Maurice Kamto contestait le décret présidentiel n°2026/166 du 4 mai 2026, qui proroge jusqu'au 28 février 2027 le mandat des conseillers municipaux élus en février 2020. Maurice Kamto dénonçait un « piétinement de la loi » et une « confiscation des élus locaux ».

Le Conseil constitutionnel s'est déclaré incompétent pour se prononcer sur la constitutionnalité du décret et a estimé que le MRC n'avait pas qualité pour saisir la haute juridiction.

Une décision qui, selon le MRC, « entérine la prorogation du mandat des élus locaux et le report des élections municipales en 2027 ».

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