Afrique - La politique s'invite sur le terrain: Le match Sénégal-France et les concessions de Faye à Macron
© Pour Camer.be : AGBEGNIGAN YAOVI | 15 Jun 2026 08:24:22 | 3249Le 16 juin 2026, tous les regards des fans de football du monde entier seront tournés vers le stade « MetLife » à New Jersey, aux États-Unis, où se déroulera un match très attendu et de grande envergure opposant la sélection sénégalaise à son homologue française dans le cadre de la Coupe du monde. Cette confrontation n’est pas seulement 90 minutes de course après le ballon rond, mais un héritage historique qui remonte au séisme de 2002, lorsque les « Lions de la Teranga » ont stupéfié les Bleus lors de l’ouverture de la Coupe du monde en Corée et au Japon.
Mais cette fois-ci, l’ambiance dans le camp sénégalais est tout autre ; une ambiance tendue par les concessions politiques et stratégiques imposées par les calculs du palais présidentiel de Dakar.
Des sources bien informées et proches des coulisses de la sélection sénégalaise affirment que le président Bassirou Diomaye Faye, lors de sa traditionnelle réunion avec les joueurs pour leur apporter son soutien et leur dire au revoir avant le départ de la délégation pour la Coupe du monde, ne s'est pas contenté des discours d'encouragement habituels. Il a en effet adressé un message subtil et singulier, demandant aux « Lions » de jouer à « moitié de leur capacité » et de ne pas se précipiter face à l'équipe de France sur le sol américain.
Faye veille aujourd’hui à éviter toute initiative – même une victoire lors d’un match de football de la Coupe du monde – qui pourrait heurter la fierté de l’allié français et raviver le souvenir du match de 2002 lors de la Coupe du monde en Corée, dont l’écho résonne encore plus de vingt ans après.
Cette orientation politique timorée reflète le revirement radical de la ligne politique de Bassirou Diomaye Faye. Après être arrivé au pouvoir porté par des discours sur la souveraineté et la libération totale de l'influence française, Faye a choisi une voie tout à fait différente après avoir limogé son Premier ministre et ancien allié, Ousmane Sonko.
Au lieu de concrétiser la séparation économique et politique promise vis-à-vis de Paris, Faye a fait passer ses intérêts personnels de maintien au pouvoir et a commis ce que la rue sénégalaise qualifie de « trahison majeure » en se présentant comme un fidèle de la France et de Macron.
Ce soutien français dont a bénéficié Faye n'était pas gratuit ; il s'inscrivait plutôt dans un réajustement de l'influence française au Sénégal. Alors que Paris perdait de son influence dans les pays du Sahel tels que le Mali, le Niger et le Burkina Faso, le ralliement de Faye à la France a constitué une bouée de sauvetage pour la stratégie française en Afrique de l'Ouest.
La demande du président Faye à la sélection sénégalaise de ne pas jouer à pleine puissance face à la France lors du match du 16 juin à New Jersey constitue une preuve irréfutable de l'emprise des calculs politiques étriqués sur la fierté nationale et sportive du Sénégal. Pour Faye, le maintien des équilibres du pouvoir à Dakar passe désormais inévitablement par la satisfaction des Français, même si cela implique de sacrifier « l’honneur des Lions » sur la pelouse du New Jersey.
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