CAMEROUN :: 26 appels effacés entre Amougou Belinga et le chef des opérations DGRE :: CAMEROON
© Camer.be : Paul Moutila | 03 Jun 2026 13:21:18 | 1095Le 2 juin 2026, l'audience du procès Zogo a mis à nu une réalité glaçante : seuls 18% du téléphone d'Amougou Belinga ont été analysés, 26 appels effacés avec le chef des opérations de la DGRE restent à reconstituer, et la vidéo du journaliste agonisant a été projetée pour la deuxième fois.
Dix-huit pour cent.
C'est la fraction du téléphone d'Amougou Belinga que la science a réussi à lire jusqu'ici. Et certains voulaient y voir une innocence. Une absolution numérique. Un brevet de non-culpabilité signé par les algorithmes.
L'expert a répondu d'une phrase. Nette. Définitive.
Ce n'était pas une conclusion. C'était un début.
Et dans la salle du Tribunal militaire de Yaoundé, ce 2 juin 2026, personne n'avait oublié pourquoi ils étaient là. La vidéo de Martinez Zogo agonisant a été projetée une deuxième fois. L'horreur, elle, ne s'efface pas.
PROCÈS ZOGO : LE TÉLÉPHONE D'AMOUGOU BELINGA AU CŒUR D'UNE BATAILLE JUDICIAIRE DÉCISIVE
Dans le procès lié à l'enlèvement, la torture et l'assassinat du journaliste Martinez Zogo en janvier 2023, une nouvelle audience a cristallisé toutes les tensions autour d'un objet devenu central : le téléphone portable de Jean-Pierre Amougou Belinga, puissant homme d'affaires et magnat des médias camerounais.
La question qui a tout changé
L'avocate de la partie civile, Maître Félicité Esther Zeifman, a choisi l'attaque frontale. Alors que depuis plusieurs heures, des voix s'élevaient hors de la salle d'audience pour affirmer que les conclusions techniques écartaient toute responsabilité directe du milliardaire, elle a interpellé l'expert commis par le tribunal avec une précision chirurgicale.
Sa question était simple, presque déstabilisante : en évoquant les 18% des données téléphoniques exploitées, l'expert avait-il qualifié Jean-Pierre Amougou Belinga de coupable ou d'innocent ?
L'objectif était transparent : désamorcer une interprétation populaire persistante, alimentée par le camp de la défense, qui tentait de transformer une barrière technique en un acquittement de fait.
La réponse de l'expert : un séisme discret
La réplique de l'expert forensique a été immédiate et mesurée. Rappelant son rôle strictement technique et non judiciaire, il a remis les choses en perspective : les 18% analysés ne représentent qu'une fraction des données disponibles à ce stade de l'enquête. Cette portion ne reflète en rien la totalité des comportements ou des échanges de l'accusé. D'autres téléphones, d'autres espaces numériques restent hors de portée de ses conclusions actuelles.
En d'autres termes : la science n'a fait qu'effleurer la surface. Ce qu'elle a trouvé ne disculpe personne. Ce qu'elle n'a pas encore lu pourrait tout changer.
26 appels effacés : l'indice le plus lourd du dossier
C'est précisément autour de ces espaces non explorés que la pression judiciaire s'est intensifiée. Les avocats Maîtres Kenmoe et Ashu ont formellement réclamé au tribunal une expertise supplémentaire, destinée à sonder les données supprimées du téléphone d'Amougou Belinga.
L'enjeu est colossal. Les relevés officiels font état de 26 appels amp-audios passés entre l'homme d'affaires et le lieutenant-colonel Justin Danwé chef des opérations de la DGRE, lui aussi sur le banc des accusés sur une période de dix jours, entre le 18 et le 28 janvier 2023.
Cette chronologie est troublante. Elle coïncide précisément avec la disparition de Martinez Zogo et la découverte de son corps mutilé. Ces 26 appels, effacés des deux côtés, constituent aujourd'hui l'indice matériel le plus lourd liant le donneur d'ordre présumé au bras présumé de l'opération.
La technologie forensique moderne dispose d'outils capables de faire réapparaître ce que l'on croyait définitivement perdu. La défense le sait. Et c'est précisément ce qui fragilise sa position.
La vidéo, encore
Dans une salle déjà chargée de tensions techniques et juridiques, la réalité des faits s'est imposée une nouvelle fois dans toute sa brutalité. Pour la deuxième fois dans ce procès, la vidéo montrant Martinez Zogo agonisant a été projetée devant l'assistance.
Les images insoutenables ont rappelé à tous avocats, magistrats, accusés, public que derrière les relevés téléphoniques, les pourcentages de données et les batailles d'experts, il y a un homme. Un journaliste. Une vie brisée dans des conditions d'une violence inouïe.
Les enjeux dépassent les simples questions numériques. Ils touchent à la dignité humaine et à la liberté de la presse en Afrique.
Le procès se poursuit
L'audience du 2 juin 2026 laisse le dossier dans un état de suspension tendue. La contre-expertise demandée, si elle est accordée, pourrait ouvrir une nouvelle phase décisive. La défense tente de contenir la brèche. L'accusation pousse. Et les 82% restants du téléphone d'Amougou Belinga attendent, quelque part dans les serveurs de la justice, d'être lus.
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
#ZogoJustice #MartinezZogo #Cameroun #ProcèsZogo #AmougouBelinga #LibertéDeLaPresseLire aussi
:: 26 appels effacés entre Amougou Belinga et le chef des opérations DGRE
:: Ils menaçaient Yaoundé sur TikTok. La gendarmerie les a retrouvés.
:: 35 millions pour tuer un journaliste : le tribunal révèle tout
:: Pro Meet Up 2026 vient accélérer l’émergence et l’intégration économiques de Afrique Centrale
:: Crânes humains à Tsinga : l’horreur dans l’église
LE DéBAT
Afrique -Débat: Pourquoi la crise anglophone persiste au Cameroun? :: AFRICA
AFRIQUE :: Divorces dans la diaspora camerounaise en Europe : explications ? :: AFRICA
AFRIQUE :: Quand est-ce les Camerounais prendront enfin leurs responsabilités pour la gestion de leur équipe? :: AFRICA
Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ? :: AFRICA
Canada - Cameroun, Liberté de manifestation partisane au Cameroun : Encore une incurie liberticide de Biya Paul ?
POINT DU DROIT
CAMEROUN :: La problématique du changement de nom en droit comparé :: CAMEROON
Les étapes et les frais de procédure du morcellement d'un terrain au Cameroun :: CAMEROON
L'obtention d'un titre foncier au Cameroun à l'issue d'une vente de terrain :: CAMEROON
Le jugement supplétif de rectification d'acte de naissance au Cameroun :: CAMEROON
CAMEROUN :: La procédure d'achat d'un terrain titré dans la ville de Yaoundé :: CAMEROON
partenaire
Vidéo de la semaine
HERVE MATHOUX SON REGARD SUR LE FOOT AFRICAIN SES 10 DERNIRERE ANNEES
Dr Christian TCHAM entretien après la conférence de presse à Paris
Dr Christian Tcham à propos de Mesitraining
MBOU MBOU EMILE ancien Lion Indomptable...l'entretien avec Sopieprod
Christophe TAPA DE LA CCFNA dévoile les contours d'un événement fédérateur
Vidéo
Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires
Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise
Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur
Valsero rend hommage à Anicet Ekanè et analyse le peuple camerounais à Bruxelles
Marianne Ekanè interpelle Nathalie Yamb
il y a une semaine
FRANCE :: Jopwou Cédric : La Fête de l’Unité nationale du Cameroun était belle à Nantes
ÉTATS-UNIS :: Raúl Castro visé : répétition du scénario Venezuela ? :: UNITED STATES
CAMEROUN :: Elle offre son portable, l’hôpital veut du cash : elle meurt :: CAMEROON
CAMEROUN :: Taxe téléphone : le régulateur gèle la coupure :: CAMEROON
CAMEROUN :: Dakolé Daissala : un patrimoine immobilier révélé 4 ans après sa mort :: CAMEROON
il y a un mois
il y a un an