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CAMEROUN :: Martinez Zogo : le colosse qui a tué pour 50 000 FCFA :: CAMEROON

Adjudant-chef Godje Oumarou Vincent, colosse de près de deux mètres, est accusé d’avoir torturé, violé avec un manche à balai et assassiné le journaliste Martinez Zogo pour une avance dérisoire de 50 000 francs CFA, tandis que les vidéos de son crime étaient sauvegardées sur son compte Cloud personnel.

Il mesurait près de deux mètres. Un mur de muscle et d’indifférence.

Ce soir-là, Martinez Zogo, traqué, épuisé, escalade le portail de la brigade de gendarmerie de Nkol Nkondi. Il hurle : « Ils veulent me tuer, sauvez-moi ! »

Le premier visage qu’il croise dans la pénombre est celui de Godje Oumarou Vincent. Un colosse originaire de Maroua.

Au lieu de le protéger, l’adjudant-chef le saisit par la jambe. Un taser éteint ses cris. Puis vient l’horreur. Une horreur si abyssale que même les autres membres du commando en ont frémi.

Aujourd’hui, Godje Oumarou est derrière les barreaux de la prison centrale de Kondengui. Mais son histoire ne relève pas seulement de la criminalité. Elle interroge la nature humaine elle-même.

Un colosse au service de la cruauté

Godje Oumarou Vincent n’est pas un figurant dans l’affaire Martinez Zogo. Il en est le bourreau principal, l’instrument le plus sadique d’un commando dirigé par le lieutenant-colonel Justin Danwe.

Selon les dépositions des autres accusés recoupées par les enquêteurs , le colosse a joué un rôle central dans trois phases de cette nuit de cauchemar.

1. La traque et le piège

Martinez Zogo, directeur de la chaîne Amplitude FM, avait compris qu’on lui tendait un piège. Il tente de fuir. Il court vers la brigade de gendarmerie de Nkol Nkondi, persuadé d’y trouver refuge.

Il escalade le portail. C’est là que Godje Oumarou, posté en faction, l’attend.

« Il l’a attrapé par la jambe. Zogo criait “au secours”. Alors Godje a sorti son taser. »  
Extrait d’une audition .

Le journaliste s’effondre, électrocuté. Le piège se referme.

2. La torture par la soif et l’humiliation absolue

Ce qui suit dépasse l’entendement. Alors que Martinez Zogo, gravement blessé, supplie qu’on lui donne de l’eau, Godje Oumarou lui impose de force de l’urine chaude à boire.

« Il le forçait à boire son urine. Zogo vomissait. Il continuait. »

Mais l’adjudant-chef ne s’arrête pas là. Selon plusieurs dépositions concordantes, c’est lui qui a poussé la perversion jusqu’à violer le corps de l’animateur avec un manche à balai.

Des actes d’une inhumanité rare, même parmi les criminels les plus endurcis.

3. Les trophées numériques : les vidéos sur le Cloud

Godje Oumarou pensait avoir tout effacé. Il avait « nettoyé » la mémoire de ses téléphones physiques.

Mais les experts en cybercriminalité ont retrouvé l’indicible : les vidéos de la torture de Martinez Zogo étaient sauvegardées sur son compte Cloud (Google Drive) personnel.

Il avait gardé des trophées numériques de sa propre barbarie. Comme un souvenir macabre.

Ces preuves, désormais aux mains de la justice, scellent son sort.

Le prix d’une vie : 50 000 francs CFA

Le cynisme atteint son paroxysme au chapitre financier. Selon les procès-verbaux d’audition, le lieutenant-colonel Danwe avait reçu une avance de 2 millions de francs CFA pour organiser l’assassinat.

À Godje Oumarou, il a remis cinq billets de 10 000 francs CFA. Soit 50 000 francs CFA. Environ 76 euros.

Pour cette somme dérisoire, un homme a torturé, violé et tué. Puis il a conservé les vidéos sur son nuage numérique.

Profil d’un homme sans empathie

Originaire de Maroua, dans l’Extrême-Nord, Godje Oumarou Vincent était adjudant-chef de gendarmerie. Il avait prêté serment de protéger les populations.

Ses collègues décrivent un « colosse au cœur de glace », « incapable de la moindre émotion ». Lors de ses auditions, il n’aurait manifesté aucun remords, aucune hésitation.

« Il racontait les faits comme on décrit une course d’entraînement. » Source proche de l’enquête.

Où en est la justice ?

Godje Oumarou Vincent est incarcéré à la prison centrale de Kondengui, en attente de son procès. Il est poursuivi pour :

- Assassinat
- Actes de torture
- Viol avec objet
- Non-assistance à personne en danger
- Destruction de preuves (tentative)

La réclusion criminelle à perpétuité est la peine encourue.

Le procès, qui a débuté en 2025, se poursuit. La découverte des vidéos sur son Cloud a relancé les débats, et la partie civile demande que ces preuves soient diffusées (hors caméra) pour établir la vérité.

Une affaire qui dépasse un homme

L’assassinat de Martinez Zogo n’est pas seulement l’œuvre d’un commando. C’est un symptôme : celui d’une violence d’État, d’une impunité systémique, d’une banalisation de l’horreur.

Godje Oumarou est un maillon. Mais derrière lui, il y a des donneurs d’ordres, des financeurs, des protecteurs. L’enquête se poursuit pour remonter jusqu’aux commanditaires présumés.

Martinez Zogo enquêtait sur des affaires sensibles. Il est mort parce qu’il savait. Ses bourreaux ont cru que la violence effacerait la vérité.

Elle ne fait que commencer à éclater.

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