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Constitution camerounaise : la réforme sur le vice-président déclarée nulle par Abdouraman Hamadou :: CAMEROON

Une réforme constitutionnelle contestée dès sa promulgation

Une modification de la Constitution camerounaise vient d'être qualifiée de nulle par un acteur politique de premier plan. Le verdict tombe le 19 avril 2026, sur Canal 2. La réforme visée institue un poste de vice-président de la République. Pour Abdouraman Hamadou Babba, président du RDDRC, elle est anticonstitutionnelle un verdict politique qui engage sa formation et interpelle les spécialistes du droit public.

Le 19 avril 2026, Canal 2 devient tribune d'opposition

Invité de l'émission L'Arène sur Canal 2 le 19 avril 2026, Abdouraman Hamadou Babba, président du Rassemblement pour la Démocratie et le Développement de la République du Cameroun (RDDRC), prononce une sentence sans appel : la modification constitutionnelle instituant le vice-président de la République est nulle.

Il ne s'agit pas d'une posture de circonstance. Hamadou Babba s'exprime en chef de parti engagé sur le terrain constitutionnel. Sa critique cible la forme, pas le fond : c'est la procédure d'adoption de cette réforme qu'il qualifie d'anticonstitutionnelle, estimant qu'elle viole les règles que la Constitution camerounaise impose à sa propre révision.

Pourquoi réviser une constitution peut être inconstitutionnel

La notion de révision anticonstitutionnelle peut sembler paradoxale. Elle repose pourtant sur un principe solide en droit constitutionnel comparé : toute constitution définit elle-même les conditions dans lesquelles elle peut être modifiée. Si ces conditions ne sont pas respectées, la révision est nulle peu importe son contenu.

Au Cameroun, la Constitution de 1996 encadre strictement les procédures de modification. Elle impose notamment des majorités qualifiées, des délais, et dans certains cas un passage par le Congrès réunion conjointe de l'Assemblée nationale et du Sénat. Si l'une de ces exigences procédurales a été contournée ou ignorée, la réforme est juridiquement fragile, voire inopposable.

C'est ce vice de forme qu'invoque le président du RDDRC. Sa déclaration sur Canal 2 ouvre un débat constitutionnel que le pouvoir en place ne peut pas simplement ignorer.

Le vice-président : une réforme à haute charge politique

La création d'un poste de vice-président de la République au Cameroun n'est pas une modification anodine. Dans un système présidentiel fortement centralisé, ce poste modifie l'architecture du pouvoir exécutif et soulève une question immédiate : qui sera désigné, et dans quel but ?

Dans le contexte politique camerounais de 2026 marqué par une élection présidentielle d'octobre 2025 dont les résultats sont contestés, par une opposition structurée qui revendique la victoire, et par des tensions institutionnelles croissantes , toute réforme constitutionnelle est lue à travers le prisme de la succession et de la pérennisation du pouvoir.

La réforme devient ainsi un instrument potentiel de verrouillage politique, au moment précis où la pression pour une alternance s'intensifie.

Légalité, légitimité et stabilité institutionnelle

La déclaration d'Hamadou Babba crée un précédent discursif. Elle donne aux acteurs de l'opposition, à la société civile et aux observateurs du droit un argument documenté pour contester l'application de cette réforme. Si des recours sont déposés devant le Conseil constitutionnel camerounais, la question de l'indépendance de cette juridiction sera immédiatement posée.

La légitimité d'un vice-président nommé sur la base d'une réforme contestée serait fragilisée dès l'origine tant sur le plan interne qu'international.

Un pays où la Constitution peut être modifiée en dehors de ses propres règles envoie un signal structurel aux investisseurs, aux partenaires institutionnels et aux citoyens. La stabilité institutionnelle du Cameroun dépend, en partie, de la capacité des acteurs à faire respecter les procédures y compris face au pouvoir.

La Constitution ne peut pas se réformer contre elle-même

Abdouraman Hamadou Babba a posé une question que les spécialistes du droit public camerounais ne peuvent pas esquiver : une constitution qui viole ses propres règles de révision reste-t-elle une loi fondamentale ?

Le Conseil constitutionnel camerounais est théoriquement compétent pour trancher. Mais son indépendance vis-à-vis de l'exécutif est régulièrement mise en doute par les observateurs du droit public africain.

Ce n'est pas seulement la validité d'un poste qui est en jeu. C'est la question de savoir si, au Cameroun, la loi fondamentale protège encore les citoyens ou si elle peut être pliée aux circonstances par ceux qui détiennent provisoirement le pouvoir.

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