Statue de Paul Biya : 70 millions FCFA pour une rénovation qui scandalise le Cameroun :: CAMEROON
© Camer.be : La rédaction | 01 Apr 2026 13:28:39 | 38170 millions pour repeindre une statue
Soixante-dix millions de FCFA. C'est la somme allouée par le ministère de l'Habitat et du Développement Urbain pour rénover la statue présidentielle de Sangmélima. Dans un pays où la dette publique s'alourdit et les infrastructures se dégradent, cette dépense a déclenché une vague de contestation immédiate.
Ce que le budget révèle officiellement
L'allocation de 70 millions de FCFA pour la réfection de la statue de Paul Biya à Sangmélima émane du ministère dirigé par Célestine Ketcha Courtès. Le montant est destiné, selon les informations disponibles, à des travaux de remise en état d'un monument présidentiel dans la ville natale du chef de l'État.
Cette dépense s'inscrit dans le budget ordinaire du ministère de l'Habitat et du Développement Urbain. Elle n'a fait l'objet d'aucune communication officielle proactive. C'est sa révélation publique qui a déclenché la polémique.
Les voix critiques viennent à la fois de figures de l'opposition et de militants de la société civile. Leur argument est convergent : dans le contexte actuel, cette dépense illustre une hiérarchie des priorités inversée.
Les raisons d'une indignation structurelle
La controverse sur la rénovation de la statue de Sangmélima n'est pas un incident isolé. Elle s'inscrit dans une séquence de tensions récurrentes entre les dépenses symboliques de l'État camerounais et les besoins non couverts des populations.
Le Cameroun fait face à une pression fiscale croissante, à un endettement public en progression et à des déficits documentés dans les secteurs de la santé, de l'éducation et des infrastructures routières. C'est dans ce contexte que les 70 millions alloués à une statue prennent une dimension politique qui dépasse la simple ligne budgétaire.
La gouvernance des dépenses publiques au Cameroun est au cœur du débat. Les critiques ne contestent pas uniquement ce montant. Ils contestent le signal qu'il envoie : l'État priorise le symbole sur le service.
La politique derrière la dépense
Ce type de dépense répond à une logique politique précise. La statue de Paul Biya à Sangmélima sa ville d'origine relève d'un investissement dans ce que les politologues appellent le capital symbolique territorial. Entretenir ce monument, c'est entretenir une présence visible du pouvoir dans un bassin électoral historiquement acquis.
Ce mécanisme n'est pas propre au Cameroun. Dans de nombreux régimes à gouvernance centralisée, les dépenses monumentales servent à matérialiser l'autorité de l'État dans l'espace public. Le problème surgit lorsque ces dépenses coexistent avec des déficits flagrants dans les services de base.
L'opposition qualifie cette décision d'emblématique d'un système politique davantage concentré sur les symboles que sur les résultats. C'est une lecture que les défenseurs de la dépense n'ont, pour l'heure, pas publiquement contredite.
Ce que cette polémique produit concrètement
La controverse renforce la pression sur le ministère de l'Habitat pour une justification publique de l'allocation. Elle alimente également le débat sur la transparence budgétaire, un sujet sensible à l'approche de toute échéance électorale.
Les organisations de la société civile disposent désormais d'un argument factuel supplémentaire dans leur plaidoyer pour une réforme de la gestion des finances publiques au Cameroun. Les 70 millions de la statue de Sangmélima rejoignent un répertoire d'exemples que ces acteurs mobilisent régulièrement dans leurs rapports et leurs interpellations.
La répétition de ce type de dépense érode la confiance des citoyens envers les institutions. Quand l'État choisit de rénover un monument au lieu de rénover une route ou d'équiper un dispensaire, la légitimité de sa gestion est questionnée durablement. Ce n'est pas une perception. C'est un calcul politique que les populations font avec une précision croissante.
Le vrai coût d'une statue repeinte
Soixante-dix millions de FCFA pour une statue. Le débat que cette dépense a ouvert vaut bien davantage que son montant. Il pose frontalement la question de ce que l'État camerounais choisit de rendre visible et de ce qu'il choisit de laisser dans l'ombre.
La rénovation de la statue de Paul Biya sera terminée. Les routes dégradées, les hôpitaux sous-équipés et les écoles sans matériel pédagogique, eux, attendront. Jusqu'à quand les citoyens accepteront-ils que le symbole prime sur le service ?
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