Louis Paul Motaze : 900 à 15 000 milliards, l’endettement record du Cameroun :: CAMEROON
© Camer.be : Avec Valère Bessala | 25 Mar 2026 14:17:36 | 1308Une dette multipliée par près de dix-sept en dix-neuf ans. C’est le bilan que dresse une analyse critique de la gestion de Louis Paul Motaze, actuel ministre des Finances du Cameroun. Figure controversée de l’appareil d’État, il est également le neveu du président Paul Biya. Sa trajectoire ministérielle, débutée en 2007, coïncide avec une envolée vertigineuse de l’endettement public.
Un parcours ministériel qui traverse les décennies
Louis Paul Motaze occupe des postes stratégiques depuis 2007. Il a été successivement ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (2007-2011), ministre secrétaire général des services du Premier ministre (2011-2015), à nouveau ministre de l’Économie (2015-2019), puis ministre des Finances depuis 2019. À chaque étape, il a supervisé les grands projets d’infrastructure et la politique d’emprunt.
En 2007, date de sa première nomination, la dette du Cameroun s’établissait à 900 milliards de FCFA. Le pays sortait alors de vingt-cinq années d’ajustements structurels imposés par les bailleurs de fonds. L’horizon semblait dégagé. Dix-neuf ans plus tard, cette dette atteint 15 000 milliards de FCFA, selon les données compilées par des observateurs de la gestion publique.
L’illusion de l’émergence face à l’immersion
Le concept d’émergence a structuré le discours officiel camerounais pendant des années. Louis Paul Motaze lui-même affirmait en 2012 qu’en 2020 le pays entrerait dans la deuxième phase du Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (DSCE). Ce cap n’a pas été tenu. En 2026, les infrastructures de base restent défaillantes, avec des pénuries d’eau et d’électricité persistantes.
Le décalage entre les promesses et la réalité nourrit une critique radicale. L’endettement massif n’a pas produit les résultats annoncés. Pire, il contraint le pays à recourir à un quatrième programme d’ajustement avec le Fonds monétaire international (FMI). Ce mécanisme, connu sous le nom de programme FMI, se définit comme un dispositif de prêts conditionnés à des réformes structurelles, souvent synonymes de restrictions budgétaires et de hausses d’impôts.
Un endettement chronique
La mécanique est simple et redoutable. Pour rembourser les dettes antérieures, l’État doit emprunter davantage. Cette spirale de l’endettement trouve ses racines dans une stratégie d’investissement massif dont la rentabilité sociale reste à démontrer. L’exemple est frappant : un kilomètre d’autoroute construit à 9 milliards de FCFA en dix ans interroge sur l’efficience des dépenses.
Les justifications officielles avancent deux causes principales : la guerre contre Boko Haram et la conjoncture internationale défavorable. Pourtant, des comparaisons régionales invalident ce raisonnement. L’Angola a développé une économie prospère malgré les conflits au Cabinda. Le Burkina Faso figure parmi les leaders d’Afrique de l’Ouest en matière de PIB, bien que confronté à une guerre djihadiste. Ces contre-exemples suggèrent que d’autres facteurs, internes et structurels, expliquent la dérive.
Un quatrième programme FMI en préparation
Le Cameroun se prépare à un nouveau programme avec le FMI. Ce programme FMI imposera probablement des mesures de rigueur budgétaire, avec des conséquences directes sur les dépenses sociales et les investissements publics. La marge de manœuvre du gouvernement se réduit, tandis que la pression fiscale pourrait s’accroître pour les ménages et les entreprises.
La trajectoire actuelle soulève une question de soutenabilité. Si la dette continue de croître sans générer de croissance inclusive, le risque de surendettement devient réel. La marge de négociation avec les créanciers se rétrécit. À terme, c’est la souveraineté économique du pays qui est en jeu, avec une dépendance accrue aux institutions financières internationales.
Une dette qui dit quoi de la gouvernance ?
La multiplication par dix-sept de la dette publique en moins de vingt ans interroge moins sur le montant que sur son usage. L’émergence promise s’est muée en « immersion totale », selon la formule employée par les détracteurs du ministre. Le peuple camerounais, qui paie l’addition, est-il en droit de connaître le prix réel de ce modèle de développement ?
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