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CAMEROUN :: L’inéluctable et terrible Conseil supérieur de la magistrature :: CAMEROON

Entre peur, espoir, désespoir, humiliation, déception et vengeance, WHY ?

Quand une société bascule, à tort ou à raison, explicitement ou implicitement, objectivement ou subjectivement dans des incertitudes chroniques pour tous les rapports humains, la consécration, la préservation, la protection et la certification des droits et des libertés, deviennent une urgence absolue. Dans ce contexte, la quête de justice, le besoin d’affirmation et de réaffirmation de la vérité, mettent celles et ceux chargés des médiations institutionnelles ainsi que des arbitrages par la prononciation des rigueurs de la loi depuis les pupitres des tribunaux ou les cabinets feutrés propres à leurs expertises, dans la dure réalité de représenter la lumière ou l’obscurité. Ce sont les magistrats. Et de qui ou de quoi tiennent-ils leur posture de circonstance, sinon de la cloche du conseil supérieur de la magistrature, sous l’autorité du chef de l’Etat ? 

Je le disais avec beaucoup de peine, à une jeune veuve venue solliciter mon écoute et mon intervention. La pauvre dame répétait sans s’arrêter, comme un appareil de musique en complète dérive : « ce monsieur m’a tué, il a tout gâté dans ma vie, il a tué mon mari une deuxième foi, j’ai vu le diable sur terre dans ce magistrat ». Changement de décor, et cette fois, un jeune homme, plein de vie et d’optimisme, un vrai patriote : « Mais pourquoi attendre si longtemps ? Grand, trouvez-moi n’importe quoi et je vais faire pour gagner ma vie. Depuis que je suis sorti de l’ENAM, je tourne en rond avec mes camarades. On a trop attendu, c’est méchant de nous faire ça. Continuons, et maintenant, c’est un vrai professionnel de terrain, un magistrat en poste : Monsieur Shanda, vous qui avez toujours une réponse à tout. Que dites-vous de notre situation ? Voici cinq ans que je poirote au même poste, le grade n’a pas bougé, et bientôt ce sera la retraite. C’est comment avec tes amis d’en haut. Nous servons même encore à quoi, si notre carrière doit être ainsi. Et on nous insulte ?

Nous y sommes, et chacun peut comprendre, appréhender, mesurer la patience et l’impatience, les récriminations et les humeurs, les émotions aussi. Entre ceux qui estiment que la justice n’existe plus à cause des magistrats, et des magistrats eux-mêmes qui tantôt attendent d’exercer enfin, ou d’être promus, il y a des raisons nourries de se focaliser sur une échéance, un événement, qui devient sans doute pour certains, une fin en soi. Et pourtant, le corps de la magistrature est tout comme les autres, avec ses imperfections, ses gens biens, ses professionnels, ses cancres et ses brebis galeuses. La pire des choses serait de vouloir crucifier tout un corps, de la jeter en pâture, d’oublier qu’ils agissent et interagissent dans une société avec ses couleurs, ses avatars, ses insuffisances, ses doutes aussi. Certes, j’ai vu des avocats sortir d’une audience et décider de ne plus remettre les pieds au palais de justice. J’ai vu des juges revenir sur la même affaire plusieurs fois, fermer et rouvrir un dossier, terminer et relancer la même affaire. Nos prisons sont remplies de citoyennes et de citoyens qui vous étalent mille arguments et preuves de leurs innocences. Il y a des délibérés qui choquent, qui font vomir et détester pas seulement les magistrats mais son pays avec.  Les cas sont légion, et on parle des cabinets des juges devenus des comptoirs marchands, sans même évoquer les cas des titres fonciers, annulés brutalement par un juge. Le train de vie de certains aussi, ostentatoire, et leurs investissements.

Arrêtons là le massacre et prenons les choses de manière plus responsables et plus humaine.  Il n’y a pas que les magistrats dans la société, et il n’y a pas que chez eux que se nouent les drames qui nous impactent. Nous sommes globalement dans une situation où personne ne serait franchement autorisée, fondée ou assez propre et intègre pour brûler vif les magistrats et le système judiciaire. La tolérance et le patriotisme supposent aussi que l’on sache porter tous nos problèmes, et aborder les solutions de façon globale, parce que le mal est global. L’éventuelle tenue du conseil de la magistrature fera certainement des heureux, ne serait-ce que nos jeunes qui attendent depuis pour être consacrés et intégrés. Il ne manquera pas des malheureux non plus, ces autres magistrats qui se savent fichés par la chancellerie et cochés en rouge pour toutes sortes de travers, de plaintes, de signalements. Mais rassurez-vous, il existe des magistrats brillants, honnêtes, compétents, loyaux, serviables et intègres. A ceux-là les fleurs et les applaudissements, car personne ne s’enfuira du Cameroun parce que ceux-là auraient ruiné ses investissements, à l’instar de certaines grosses décisions impactant, discutables, déplorables et honteuses. Quant aux instincts de vengeance et de règlements des comptes, j’en appelle à la sérénité, au calme et à la responsabilité. Aux avocats, c’est un métier et un choix de vie. Ils doivent apprendre à gérer et vivre dans cette atmosphère, à comprendre que c’est tout un système et que des défaillances voire des imperfections sont possibles. La bonne intelligence demeure la clé, Et pour les justiciables, la justice c’est la justice et le Cameroun c’est le Cameroun, notre pays. IL vient toujours un jour, un temps, où des surprises renversent les tables et présentent le bonheur. 

La peur, l’espoir ou le désespoir, résident plus dans les déformations de notre contexte avec ses tares et ses incompréhensions. La magistrature et les magistrats, n’en sont qu’un maillon. Le conseil supérieur de la magistrature ne va pas refaire le monde, ni changer la couleur du soleil et de la nuit. Cessez de vous agiter et calmez-vous./.

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