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CAMEROUN :: Assassinat Martinez Zogo : la défense d'Eko Eko détruit l'accusation de crime d'État :: CAMEROON

L’audience des 9 et 10 mars 2026 a fait basculer le procès de l’assassinat du journaliste Martinez Zogo. Devant le Tribunal Militaire de Yaoundé, la défense de Léopold Maxime Eko Eko, ancien patron de la DGRE, a méthodiquement déconstruit le récit d’une opération d’État. Elle dénonce une "cellule occulte" agissant en dehors de toute chaîne de commandement.

Les faits et les acteurs du drame

Le 22 janvier 2023, Martinez Zogo, journaliste d’investigation, était enlevé, torturé et tué. Son corps fut retrouvé à Ngolbassé. L’enquête a rapidement mené à des cadres de la Direction générale de la recherche extérieure (DGRE), les services de renseignement camerounais. Léopold Maxime Eko Eko, alors directeur, a été incarcéré et jugé pour complicité d’assassinat. Le procès, suivi par l'opinion nationale et internationale, examine les responsabilités de dix-sept prévenus.

La fin du mythe du crime d'État

Les audiences de mars ont été marquées par les dépositions de trois hauts responsables de la DGRE, témoins numéros 25, 26 et 27. La commandante du Groupement de recherche opérationnelle, le directeur de la Recherche et le chef du Centre de situation ont tous confirmé que l’assassinat a été "orchestré par une cellule occulte agissant hors de toute chaîne de commandement régulière". Le collectif d’avocats d’Eko Eko affirme que ces déclarations "brisent le narratif de départ" qui avait désigné leur client comme le "coupable idéal".

Pour la défense, l’argument d’un crime d’État est désormais un "mythe". Les avocats soulignent que les mêmes témoins ont démenti la thèse du mobile avancé par l’accusation : de présumées insultes de Martinez Zogo contre l’ancien directeur de la DGRE. Cette absence de motif direct avait déjà été constatée lors du transport judiciaire à la radio Amplitude FM, où travaillait la victime.

Des alliances contre-nature et des liens imaginaires

Un autre pilier de l’accusation s’effondre avec le rejet formel d’une "parenté imaginaire". L’accusé Jean-Pierre Amougou Belinga, puissant homme d’affaires, avait allégué des liens familiaux entre Eko Eko et un autre prévenu, Martin Stéphane Savom. La défense oppose un "démenti formel" : il n’existe "aucune relation familiale, ni professionnelle et encore moins amicale" entre les deux hommes. Une simple rencontre publique à Bibey, dont Savom était maire, n’a jamais donné lieu à des relations personnalisées.

Les avocats dénoncent également une "coalition d'intérêts contre-nature" entre des parties aux intérêts initialement opposés. L'objectif commun de cette alliance serait de "fabriquer et de désigner un coupable idéal" en la personne de l'ex-patron des renseignements. Cette stratégie viserait à protéger les véritables commanditaires de l'assassinat.

La défense clandestine et l'effacement des preuves

Les expertises téléphoniques versées au dossier révèlent un autre mécanisme clé. Elles prouvent que les exécutants recevaient l'ordre exprès d'effacer les traces des transactions pour échapper au contrôle de la direction. Les dépositions confirment que le Lieutenant-Colonel Justin Danwe a donné ces mêmes ordres à des acteurs extérieurs à la DGRE, notamment au Lieutenant-Colonel Dina Bell et au Sous-Lieutenant Ngambi.

L'audience a par ailleurs confirmé les relations de proximité et d'échange de services entre Justin Danwe et Jean-Pierre Amougou Belinga, ainsi qu'entre Danwe et Martin Stéphane Savom. Ces fréquentations, déjà établies par les expertises, renforcent la thèse d'une entreprise criminelle privée.

Des pressions et des tentatives de déstabilisation

La défense révèle que les conseils, la famille et les proches de Léopold Maxime Eko Eko "continuent de faire l'objet d'une persécution et de pressions de toutes natures". Ces actions viseraient à tempérer sa quête de vérité. Plus inquiétant encore, des individus impliqués dans le dossier lui auraient proposé le financement d'aménagements de sa cellule, de ses honoraires d'avocats et de ses activités commerciales.

L'équipe juridique met en garde contre l'introduction soudaine de nouvelles pièces de procédure non authentifiées, potentiellement "manipulées par des outils technologiques". Cette manœuvre, initiée par la DGRE, viserait à discréditer des témoins clés et à ouvrir une nouvelle procédure pour atteinte à la sûreté de l'État.

Quelle vérité pour le Cameroun ?

Alors que le procès entre dans sa phase décisive, la question centrale demeure : qui contrôle réellement les appareils de sécurité camerounais, et jusqu'où ira la quête de justice pour Martinez Zogo ?

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