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CAMEROUN :: Les coffres de l'État sont vides pour le peuple, jamais pour le pouvoir :: CAMEROON

Les enseignants camerounais attendent leurs arriérés de salaire depuis des années. Les routes annoncées en grande pompe restent inachevées. Dans les hôpitaux publics, les patients achètent leurs propres gants chirurgicaux. La réponse officielle est invariable : les coffres de l'État sont vides.

Pourtant, dès qu'un décret présidentiel nomme de nouveaux responsables, les fonds apparaissent. Véhicules officiels flambant neufs, primes, avantages divers. Pas d'attente. Pas de justification publique. L'argent existe et circule vite.

Ce n'est pas un dysfonctionnement ponctuel. C'est un système de priorités budgétaires structuré autour du maintien du réseau politique au détriment des services publics fondamentaux.

Un État à deux vitesses

Au Cameroun, le budget de l'État ne se lit pas dans les lois de finances. Il se lit dans les arbitrages réels. D'un côté, les enseignants mobilisent, font grève, obtiennent des promesses. De l'autre, des fonctionnaires fraîchement nommés perçoivent des avantages que la majorité des Camerounais n'atteindront jamais.

Les arriérés de salaires des enseignants constituent l'un des contentieux sociaux les plus anciens et les mieux documentés du pays. Ils coexistent, sans contradiction apparente pour les autorités, avec des dépenses de standing libérées sans délai.

Ce contraste n'est pas accidentel. Il reflète une logique de gouvernance dans laquelle la fidélité politique est financée en priorité, avant la santé, l'éducation ou l'infrastructure.

Comment fonctionne le mécanisme

Le processus est rodé. Un décret signé par Paul Biya déclenche une chaîne administrative rapide et discrète. Les crédits sont mobilisés, les attributions effectuées. Aucun débat public. Aucun délai.

Pour les projets d'infrastructure, le schéma inverse s'applique. Les annonces sont spectaculaires. Les panneaux sont posés. Le chantier démarre, parfois. Puis s'arrête. Le manque de fonds est invoqué. Les tronçons inachevés restent des dangers permanents pour les usagers.

Cette asymétrie dans la gestion des fonds publics constitue ce que les économistes du développement nomment une capture de l'État : les ressources communes sont détournées au profit d'une minorité qui contrôle les mécanismes de décision.

Ce que ça coûte réellement

À court terme, les conséquences sont mesurables : dégradation des infrastructures scolaires et sanitaires, démobilisation des fonctionnaires non payés, recours croissant aux financements familiaux pour des dépenses qui devraient être couvertes par l'État.

À long terme, le coût est politique et social. Une population qui finance l'État par ses impôts, supporte la hausse des prix, et constate que les fonds publics servent d'abord les gouvernants, finit par intégrer une conviction dangereuse : elle ne compte pas.

Cette crise de confiance institutionnelle est documentée dans plusieurs pays africains ayant connu des ruptures politiques majeures. Le Cameroun n'est pas immunisé.

L'habitude, dernier rempart du statu quo

Le mécanisme le plus puissant qui protège ce système n'est pas la répression. C'est la normalisation. On s'habitue à voir des projets abandonnés. On s'habitue à l'impunité budgétaire. On finit par croire que c'est ainsi que fonctionnent les États africains.

Cette résignation est elle-même un produit politique. Elle est entretenue par l'absence de transparence budgétaire, la faiblesse des contre-pouvoirs et la marginalisation des voix critiques.

La vraie question n'est pas de savoir si les coffres de l'État camerounais sont vides. La question est de savoir pour qui ils le sont et jusqu'à quand les Camerounais accepteront d'en être exclus.

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