FRANCE :: Cameroun : la Compagnie fruitière mise en demeure pour manquements graves au Haut-Penja
© Camer.be : Toto Jacques | 20 Dec 2025 02:40:41 | 4707Le géant français de la distribution de fruits se retrouve au cœur d'une tempête judiciaire et éthique sans précédent. Le 9 décembre 2025, quatre organisations non gouvernementales de premier plan, dont ActionAid France et Transparency International, ont officiellement mis en demeure la Compagnie fruitière. Cette procédure vise directement les activités de sa filiale majeure au Cameroun, la société Plantations du Haut-Penja (PHP). Les associations dénoncent un manquement caractérisé au devoir de vigilance, pointant des conditions de travail indignes, des atteintes environnementales sévères et une opacité financière préoccupante dans l'ouest du pays.
La PHP occupe une place prépondérante dans l'économie nationale en tant que premier employeur privé du pays, gérant près de 80 % des exportations de bananes. Cependant, derrière cette réussite commerciale se cache une réalité sociale alarmante documentée par des enquêtes de terrain récentes. Les griefs articulés par les ONG font état de journées de travail pouvant atteindre quinze heures pour des salaires de misère ne dépassant guère les quatre-vingt-dix euros mensuels. Plus grave encore, le mépris des normes de sécurité expose les ouvriers et les populations riveraines de Njombe-Penja à des pesticides toxiques, dont certains sont formellement interdits sur le territoire européen.
L'originalité de cette mise en demeure réside également dans l'intégration du risque de corruption comme violation intrinsèque des droits humains. Le climat d'impunité qui règne localement empêche les victimes de solliciter l'inspection du travail ou les tribunaux, créant un sentiment d'impuissance généralisé au sein des communautés locales. Face à ces accusations, le groupe basé à Marseille invoque le respect des réglementations en vigueur et ses nombreuses certifications internationales. Pourtant, les défenseurs des droits humains soulignent un décalage flagrant entre les plans de vigilance théoriques affichés par la multinationale et la réalité quotidienne vécue par les six mille salariés sur le terrain camerounais.
Cette offensive juridique s'appuie sur la loi de 2017 relative au devoir de vigilance, qui contraint les sociétés mères à prévenir les violations commises par leurs filiales à l'étranger. Les plaignants exigent désormais des mesures concrètes et transparentes, au-delà des simples effets d'annonce et des audits prévisibles. Si les réponses de la direction ne sont pas jugées convaincantes dans les délais impartis, le dossier sera porté devant les tribunaux français. Cette affaire illustre les défis croissants auxquels sont confrontées les multinationales opérant en Afrique, où la responsabilité sociétale des entreprises est désormais scrutée avec une rigueur accrue par la société civile et les instances internationales.
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