Le critique musical Joseph Owona Ntsama donne son opinion sur la question du statut de l’artiste camerounais
© Camer.be : Par Myriam Zouga | 18 Nov 2024 17:38:04 | 19792Le statut légal de l’artiste fait débat… Pour bien comprendre la question il est important de rappeler que la problématique a un background historique dont l’année 1985 fixe le point d’ancrage institutionnel de départ avec son inscription comme l’une des directives fortes prescrites par le Chef de l’Etat dans l’agenda gouvernemental. A la suite de ça, il y aura les états généraux de la culture en 1991 avec toute une Commission chargée de la nourrir davantage avec pour rapporteur l’actuel Ministre des Arts et de la Culture à l’époque directeur de l’Institut de l’Institut de la Jeunesse et des Sports (INJS).
Et cette réflexion stratégique qui montrait déjà tout l’intérêt des pouvoirs publics pour l’avènement d’un cadre normatif en rapport direct avec les activités consubstantiellement liées aux différents corps de métiers artistiques, allait se poursuivre avec des avancées significatives sur le plan de la réflexion pointue, etc. Cela donc jusqu’en 2023 lorsque des représentants des 26 pôles artistiques dont la tutelle est le Ministère des Arts et de la Culture (MINAC), de nombreux artistes de diverses obédiences venus des fois de très loin de la capitale politique où se tenaient aussi tous les travaux, des responsables des organismes officiels de gestion des droits, des responsables syndicaux, des responsables de la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale (CNPS), du Ministère du Travail, de la représentation de l’Union Européenne, des membres du Groupe de Recherche, d’Animation Culturelle et de Critique d’Arts du Spectacle (GRACAS), la diaspora qui intervenait en ligne, des Députés de la Nation et des Sénateurs sensibles à la condition de l’artiste, etc. à des fins très exactement de conception d’une « Avant-Proposition de Loi » portant Statut de l’artiste camerounais. Ce qui est techniquement différent d’un « Projet de Loi » qui lui, et comme tout le monde le sait, est une proposition portée par le responsable en chef d’un département ministériel : ledit texte est directement défendu devant les commissions spécialisées de l’Assemblée Nationale et du Sénat. Ce qui n’est point le cas d’une « Avant-proposition de Loi » qui est un texte remis à qui de droit pour des fins non seulement de plaidoyer mais, aussi, afin qu’il fasse l’objet de discussions pointues au sein de l’hémicycle et qu’il soit en fin de compte adopté suivant les procédures en vigueur dans les chambres hautes et basses : ce qui nous intéresse ici puisque c’est ce dont il est en fait question. Et rien d’autre.
À quoi devrait-on attribuer ces réactions ?
A deux voire trois choses à mon humble avis. La première est une ignorance profonde relativement à comment ça « fonctionne » dans une République : la confusion entre les deux démarches auxquelles je viens de faire allusion, au demeurant une très malheureuse confusion sémantique que l’on relève quasiment dans toutes les prises de position des personnes qui querellent cette démarche et qui, pour certaines, respectables, se réclament pourtant « d’une posture républicaine et citoyenne » (sic) : comment peut-on être attaqué pour ce que l’on n’a pas fait en l’occurrence « proposer un Projet de Loi » ?? Je vous fais observer qu’aucune des personnes ayant travaillé sur la conception de cette « Avant-Proposition de Loi » n’est membre du gouvernement… La seconde est une mauvaise foi manifeste en ce sens que, malgré les annonces publiques sur l’organisation des différentes réunions qui elles-mêmes étaient toujours publiques avec une information abondamment relayée dans les médias en son temps, d’aucuns ont estimé, pince-sans rire, qu’ils n’étaient au courant de rien et qu’ils auraient dû être saisis par « courrier officiel » ; tandis qu’une autre franche se gaussera du fait que ce travail était de nul effet parce qu’elle n’y avait pas été associé à la conception et à l’évaluation ex ante… Ensuite, une troisième, la plus nocive aussi, porteuse d’un acte surréaliste puisqu’elle a décidé de butte en blanc de modifier un texte qu’elle n’était d’ailleurs pas censée avoir, document pourtant déjà porté à l’Assemblée Nationale et au Sénat…
Et tout ça pour quelle fin à votre avis ?
Il est évident qu’il s’agit de montrer mesquinement que les artistes sont divisés sur ce qui les réunit pourtant de manière minimale : l’établissement d’un texte normatif voté à l’Assemblée Nationale afin d’encadrer l’exercice de leurs professions. Avec les conséquences néfastes que l’on peut aisément imaginer. Aussi simple que ça. Pourtant sans ce texte leur avenir restera toujours incertain et tout le monde le sait en commençant par ces Honorables qui le portent avec sérénité aujourd’hui à l’Assemblée Nationale. Une dernière chose est de rappeler ici que le Cameroun forme désormais des artistes à travers ses Instituts (Foumban, Nkongsamba, Mbalmayo, etc.) et qu’il est crucial que ces jeunes-là, de plus en plus nombreux, se sentent confortés par une telle mesure nécessairement salutaire pour eux.
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi
- Delphine Yoboué : « je fais du théâtre engagé »
- Renato Biunno « Mon histoire d'artiste avec le Cameroun ne fait que commencer »
- Spectacle : « Flânerie d’un enfant noir » sur les planches de Niamey
- Exposition : Les yeux de Paris sous le charme de « Making History »
- Vincent Mambachaka : Le médecin-chef des consultations poétiques en Afrique.
LE DéBAT
- Afrique -Débat: Pourquoi la crise anglophone persiste au Cameroun?
- Divorces dans la diaspora camerounaise en Europe : explications ?
- Quand est-ce les Camerounais prendront enfin leurs responsabilités pour la gestion de leur équipe?
- Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
- Canada - Cameroun, Liberté de manifestation partisane au Cameroun : Encore une incurie liberticide de Biya Paul ?
POINT DU DROIT
- La problématique du changement de nom en droit comparé
- Les étapes et les frais de procédure du morcellement d'un terrain au Cameroun
- L'obtention d'un titre foncier au Cameroun à l'issue d'une vente de terrain
- Le jugement supplétif de rectification d'acte de naissance au Cameroun
- La procédure d'achat d'un terrain titré dans la ville de Yaoundé
partenaire
Vidéo de la semaine
Flore de Lille prépare son 06 Novembre 2026 à Sarcelles près de Paris
TEETY TEZANO à STRASBOURG Juillet 2026
AZIZ MOUNDE: HOMMAGE A ALAIN LE MIGNON
GASTON KELMAN décrypte NDAP BIKOKOO à Paris
HERVE MATHOUX SON REGARD SUR LE FOOT AFRICAIN SES 10 DERNIRERE ANNEES
Vidéo
Jeunesse engagée : retour sur la finale du Challenge PDF à Bruxelles
WILFRIED EKANGA À BRUXELLES : Il explique les objectifs du PDF, du MRC et les défis à venir
Charlotte Dipanda en concert à Bruxelles : une soirée qui restera dans les mémoires
Charlotte Dipanda au Cirque Royal : une première historique pour la musique camerounaise
Assassinat d'Anicet Ekanè : les révélations de sa sœur
il y a une semaine
Russie - Des Russes se mobilisent pour sauver un étudiant camerounais
États-Unis - Pourquoi Trump ne peut pas vaincre l'Iran
Suisse - LE CAPITAINE EFFOUdou KENNETH PREND LE BRASSARD DE LA PAROLE
Venezuela - Nicolas Maduro en prison à New York tend la main au dialogue
Monde Entier - Rockstar Casino avis 2026.
il y a un mois
Cameroun - Bac 2026 bloqué à Dschang : les profs exigent 616 millions
Cameroun - Énergie:le ministre Eloundou Essomba engage l'État à fournir 10 MW à Acero Metal pour 1 200 emplois
Cameroun - Dubaï, jets privés, valises diplomatiques : les coulisses du trafic d'or
Cameroun - Trafic d’or vers Dubaï : L’étau se resserre autour de la famille Baboke
Le Cameroun dans l'impasse
il y a un an