Niger - Spectacle : « Flânerie d’un enfant noir » sur les planches de Niamey
© Camer.be : Par Alain Ndanga, à Paris | 16 Jun 2026 08:38:41 | 3060Placée sous le haut patronage du président de la République du Niger, le général d’armée Abdourahamane Tiani, la pièce Flânerie d’un enfant noir, écrite par Farmo Moumouni, a été présentée le 29 mai dernier à Niamey dans une double esthétique de mise en scène portée par deux figures majeures du théâtre africain.
Niamey. Capitale du Niger. Ville désertique d’Afrique. Ça chauffe ! Il est environ 21 heures, le 29 mai dernier. Le thermomètre frôle encore les 40 degrés Celsius. Le Centre culturel nigérien Moustapha Alhassane (CCN-MA) de Niamey a show. Venus nombreux, amateurs de théâtre, artistes, étudiants et intellectuels prennent place pour assister à la représentation de Flânerie d’un enfant noir, l’un des rendez-vous culturels les plus attendus de l’année au Niger.
L’événement bénéficie du haut patronage du président de la République, Abdourahamane Tiani, ainsi que du parrainage conjoint du ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, Sidi Mohamed Almahmoud, et du ministre de la Refondation et de la Promotion des Valeurs sociales, Ali Ben Salah Hamouda. Une marque d’intérêt institutionnel qui témoigne de l’importance accordée à la création artistique dans le processus de réflexion sur l’avenir du pays.
Sur scène, l’acteur, poète et slameur Jhonel livre une performance magistrale dans ce monologue signé Farmo Moumouni. La mise en scène est assurée par deux références du théâtre africain : le Centrafricain Vincent Mambachaka, conseiller Afrique du Théâtre de la Ville de Paris, et le Nigérien Amadou Édouard Lompo, vice-président de l’Association nationale des poètes et écrivains nigériens.
L’univers sonore et visuel du spectacle est enrichi par les percussions de Barry Boubacar, les interventions vocales de Binta Torodo ainsi que la création lumière et sonore de Dicko Moussa. Ensemble, ils donnent corps à une œuvre dense, immersive et profondément engagée.
Durant près d’une heure, Jhonel entraîne le public dans une traversée de l’histoire des peuples noirs. À travers une parole forte et habitée, il revisite les blessures de l’esclavage arabo-musulman, de la traite transatlantique, de la colonisation, mais aussi les espoirs nés des indépendances et les désillusions du néocolonialisme. L’œuvre interroge également les responsabilités contemporaines et les défis de l’émancipation africaine. Pour Farmo Moumouni, Flânerie d’un enfant noir est avant tout « le poing serré du combat, le poing levé vers le ciel de la liberté et de la souveraineté des hommes noirs ». Une profession de foi qui résonne et force l’admiration du public nigérien.
À l’issue de la représentation, Jhonel ne cache pas sa satisfaction. Il salue la qualité du travail accompli avec Vincent Mambachaka et Amadou Édouard Lompo, tout en évoquant l’accueil exceptionnel réservé à la pièce. Dans une salle comble, le public a spontanément offert un long standing ovation aux artistes. « L’émotion était au rendez-vous », confie-t-il.
L’artiste se réjouit également de l’engouement suscité par le spectacle auprès des milieux culturels, universitaires et médiatiques. Nombreux sont ceux qui souhaitent désormais voir la pièce parcourir les huit régions du Niger et être diffusée sur la télévision nationale. Pour lui, le soutien affiché des autorités constitue un signal fort. « Cela a été très bien accueilli dans l’écosystème culturel nigérien. Le chef de l’État s’intéresse à notre travail et à celui des artistes et écrivains qui, à travers leurs créations, contribuent à éveiller les consciences dans la quête de souveraineté si chère à notre pays », souligne-t-il.
Au-delà de la performance artistique, Flânerie d’un enfant noir s’impose ainsi comme une œuvre de mémoire, de résistance et d’affirmation identitaire, portée par la conviction que l’art demeure l’un des leviers les plus puissants de l’éveil des peuples.
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